‹ Les deux citésChapitre 58 sur 92 · VIA · texte numérisé non relu

VIA

tèmcAn phH terrible ni d'acoasateor pins à craindre que cette conscience qui réskie dans tons les ctears (1). > Je ne sais même si, Platon excepté, nul Grec i pénétré plus avant que lui dam la ' ténébreuse nature du péché : < L'homme, le plus intelligent des snimaux, est aussi par quelques endroits le plas insensé : il ne pèche pas moins par inconséquence que par perversité naforelie (2]. s c L'&me a, comnie le corps, ses ulcères incurables, et j 11 se forme fréquemment en elle un fiel corrupteur qui fait qne ' Fbomme dépouille sa nature et se change en une béte féroce (3). > Mais le sens moral faillit chez tout homme d'Etat sous le pc^ det événements, quand la crainte de Dieu ne le fortifie et redresse pas k toute heure. L'idéal déserte un cœur où la Divinité n'est pas toujours présente. Aussi Polybe a-t-il le premier formulé It Ittéorie da succès (4) que Démosthëne avait à l'avance réfutée, avec son admirable éloquence, dans sa Harangue sur la coummie.

Cette théorie pouvait seule justifier la conduite politîqDe de Fc^be. Vivant au seuil d'une ère nouvelle, et sur les confins du inonde grec et du monde latin, il avait eu à résoudre la pluj ififflcile des énig^mes, celle de juger sainement an passé et nn «Tenir contaitres. Achéen de naissance, Romain de coeur, il ami rendu sa position fausse en devenant le commissaire des vainqueurs auprès de ses compatriotes vaincus, et en les disposant! adopter le gouvernement de l'étranger. Il vit même dans ce serrice renda à sa patrie a un des faits les plus glorieux de sa vie (9]. • Hais il se sent mal à l'aise en présence de l'orateur atliéaieD jetant avec mépris le nom de traîtres k tous ceux de ses contemporaiiu qui appelaient k leur aide Philippe de Macédoine contre des cités grecques. Ce nom infamant est le sien si Démosthine a ndson, et cependant i! ne sait trop comment se distinguer de» vrais traîtres, si ce n'est par son patriotisme désintéressé et par leur ambition perverse. Son meilleur moyen de défense, Ces) d'exalter la sagesse et la merveilleuse puissance de Rome, tout en dépeignant avec les couleurs les plus flatteuses le bonheur et li concorde de la Grèce sous le joug de l'étranger (6). Son lirrc K tiaiisforme ainsi en un plaidoyer en faveur de la théorie des &tl) accomplis, que nous verrons repardtrc au temps de la Renaissance, dans les écrits de Machiavel.

Un Thucydide aurait, d'une mam ferme, dépeint l'indicîUe corruption de ses concitoyens. Un Jérémie leur aurait dit : • le

(i)iTin,ia.-«xfn,i«.-(«i.ii. - w itn, (4. ti.- {ii it, (t. - «nifiran,*»"

IDea BonTeraûwiBent juste t mis son épéé aui msins ^ Rome pooTTotro cbfttiinent; repentei-vous et vous hurnlHn; Dieu vous relArcra an temps oonvenable. j> Mais Polybe ne veut pas voir que Ba patrie a péri avec Pbilopœmen, et il est auasi fttible «t ptuTre en traitant de la Grèce qu'il est grand et fort en déoriTant Il puissance cnràssant» de Rome, dent il pressent d^leors la prochaine décadence.

Le trouble qui est au cœur de Polybe, se reproduit dans son Iwgage et dans la composition de son livre. Son style, parfois l^ein de vigueur, est d'ordinaire paie et terne, va^e et abstrait, totmnenlé et prét«ntieux. Polybe, sans être un riiétenr ooDune Thèf^ntpe, s'écoute parler et parle mal. Puis, il ne se ooirtente pts d'intercaler dans son récit de fréquentes réflexions : il descend ai personne sur la scène, se mêle aux acteura et détourne sur lui, me ime na!Te satisbction, l'attention do lecteur. Il se possède » pea qu'il consacre presque xm livre entier il la critiqua de Timée. Aussi, son Hi»tmr« générale n'est-elle point une œuvK (t^rL Elle est bien plutdt le cadre où il foit entrer tout ce quH a d'iriéreasaDt à dire à la postérité.

§ S. ^ Lei philotopha.

Polybe ne perah avoir subi l'inâuence d'aucune des écoles pbi* toaoïdiiquea de aoa temps. Elles étaient toutes en déoadcnoe. La race hellénique ne produisait plus de penseurs originaux. L'écola de Platon, qu'avût renouvelée Axcétilas, était alors représentée fu Caruéade qui fut sa dernière gloire. En réagissant contre le dogmrtJMne exceiûf des stoïciens, elle avait abandonna tonla cntltude; mais elle s'était arrêtée à la vraisembluiceBana tomber dans le pyrrhooinne. — Chez les ntoiciena^ i'auatère et pieux Cléanthe avait eu pour successeur Chrysippe, puissant et redontaUe dialecticien. Du vivant de Polybe, Panetius introduisit à Rome un etoldsme mitigé, et son successeur Poùdcmiiia fut un vrai éclectique. -— Arislote ne comptait plus un seul diaciple de quelqiM renom. — Cependant pullulaient partout les épicuriens, qui ne prenaient d'ailleurs pas la peiné de formuler scientltique* ment leurs opicions. l* philosophie grecque se mourait vers l'èra chrétienne.

A cette époque, la foi au ÏAaa vivant, la ferme espéranoe an l'immortalité et l'attente d'une ère de salut, n'avaient plus d'autre refuge dans le monde hellénique que lea myabbres d'£leuûs, où

c l'on ventit se bire initier des extrémité mêmes de la teire (1). > Nous ne prétendons pas avec Schetling que « l'on y ens^uit en secret ce que le christianisme devait prêcher publiquement, > car ces mystères n'ont pas tardé à devenir le foyer de la plui énei^que résistance à la foi nouvelle. Nous dirions {dutU avec TertuUien que c tout y était pris à la vérité elle-même, c^ tonmé contre la vérité. >

§ 3. — La géographie et thittoire.

Cependant, à l'approche de l'ère chrétienne, sous Angtttte, nous voyons, par la double influence d'Alexandrie et de Roms, fleurir la géographie et se relever les études hittoriquet.

1° Strabon (de — 66 à -|- ^) est le précurseur de Cuvier et de K. Ritter. 11 poursuit les éludes géolo^ques d'Ëratosthène et admet, non-seulement pour de petites tles, mais pour de vastes contrées, des mouvements de soulèvement et d'abaissement (3). Surtout, combinant l'influence des climats avec d'autres caustf physiques et morales, il explique par les formes de la surface le^ restre les mœurs et l'histoire des nations. C'est ainsi qu'en Espagne il oppose la vie guerrière des montagnards aux habitudet païubles des gens de la plaine (3); qu^ donne pluûeurs raîsofli géc^^phiques de la souveraineté de Rome et de l'Italie (4], et qu'il prouve la jHvvidence divine par la disposition des fleorei des Gaules (S).

Strabon avait en outre composé des Mémoira historiqua. 11 y continuait l'ouvrage de Polybe, ainsi que l'avait fait déji on siècle auparavant le philosophe stoïcien Posidonius. Polybe init commencé son récit à la seconde guerre punique, et Denis d'Oslicaniasse se proposa d'écrire l'histoire anténeure de Rome n remontant à sa fondation.

tf Originaire d'Halicamasse comme Hérodote, Denys était vem vivre à Rome après la bataille d'Actium (vers l'an 31), et il y pvblia son livre après vingt-deux ans d'études. A l'exemple de Polybe, il admire et entreprend d'expliquer la puissance extraonbnûre de la ville du Tibre, n veut, lui aussi, réconcilier lesGtMi asservis avec leurs destinées, et il leur prouve que lenrs vub> queurs ont mérité la faveur des dieux par leur piété, leur jostice, leur tempérance, non moins que par leur courage et leur hibiletf

I» Q«4ns, <■ /TM. rfMT., I. - fV D, 1. 1. - (H III, ■, I. - (4) n, M. - 10 IT, t.ll M H.

dus le métier des annes. Gomme Polybe enfin, Q remonte des effets BQX causes, compare les diverses formes des constitutions, jnge les hommes et les événements, donne des règles de politique, iait des digressions. Hais Polybe est un bomme d'Etat, et Denys un rhéteur trop entiché de sou art pour être un grand htstorien. L'histoire devient entre ses mains une philosophie en exemples, et il btigue par ses continuelles leçons. S'il comhat l'ath^sme et la superstition, c'est parce que la religion est trèsutile aux peuples. Il cherche d'ailleurs sans cesse à sauver par une voie détournée l'honneur des Hellènes, en donnant une origine grecque à tout ce que Rome possède de grand et de beau.

3** Des deux Hiitoiret univenelk» qui ont paru pendant le âècle d'Auguste, l'une s'est perdue à quelques fragments près : c'est celle de Nicolas de Damas. C'était une compilation de peu de mérite. Philosophe de l'école d'Aristote, l'auteur était l'ami d'Hérode le Grand, et dans ses récits des événements contemporains, il flattait sans dignité et sans esprit les puissants du siècle,

Diodore a donné k son livre le titre de Bibliothèque historique. D avait passé trente années h en recueillir les matériaux, tant à Rome que dans les trois parties du monde qu'il avait successivement visitées. Son ouvrage, d'après la préface, aurait dû être une histoire philosophique du monde. L'auteur y dit fort hien que, ■ les peuples étant tous parents les uns des autres quoique séparés par les lieux et les temps, le devoir de l'historien est avant tout de les ramener & une unité bien ordonnée en envisageant la terre habitable comme ne formant qu'ime cité, et il doit de plus enchaîner tous les faits dans une seule et même série, puisque la providence divine, qui a distribué à chaque nation sa part, a renfermé les siècles en un certain cycle qui les embrasse tous. L'hifrt(Hre est ainsi comme le ministre de la Providence. Elle est la prêtresse de Li vérité, la métropole de toute la philosophie. Elle exhorte à la justice, accuse tes méchants, loue les bons, enfin assure à ceux qui l'étudient les fruits de l'expérience. » Hais ce ne loot là que des phrases de parade : il n'y a aucune unité dans cette BîAUothique, et Diodore est un matérialiste. Il ne croit pas à l'immortalité de l'Ame (1); avec Evhémère, il ne connaît pas d'autres dieux que les astres et quelques bienEùteurs de l'humamté (S), et les hommes, partout autocbthones, auraient été primitivement de misérables sauvages qiii se mangeuent les uns les

autres, qui ne poussfûent que des sons iiurliculé», «tdootleaMtes féroces aunuent été les précepteur! en leur apprenant ï se por ter secours (1).

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