‹ Les deux cochers de Québec [microforme]Chapitre 21 sur 36 · MEL · texte numérisé non relu

MEL

Et nous, pauvres cochers de place, nous.

restons à la porte, pour promener les messagers et mener lcs députés au rond à patiner. | Le pays marche sur des roulettes, et l’on donne congé à tous les électeurs, qui devraient bien le donner aussi à tous les pauvres employés publics, pas assez noinbreux et si fatigués d'ouvrage, ou augmenter, du moins, leurs gages, pour combler tous les

déficits.

Les tories sont si puissants! Ils ont la majorité parlementaire, pourquoi changer de gouvernement et tant ménager l’argent.

Nous n’aurons plus que des pensionnaires de l'Etat. Rien de mieux, vraiment!

Les ministres dansent sur les tapis du parlement, et chantent des chansons pour réveiller les vieux conseillers législatifs. Le peuple, seul, n’a plus droit de rire, ni de pleurer à leurs drames parlementaires.

Pauvre peuple ! on lui fait la chasse-gale-

rie, partout, et on le met dehors, comme.

un survenant !

C’est la vie, toujours charmante, du bon régime tory.

Autrefois, Brodeur, régistrateur, officierrapporteur, et député élu, en même temps, demanda vingt-quatre heures, pour pouvoir décliner son nom devant la Chambre scandalisée. C’est ainsi, que Cartier, son premier aviseur, scût toujonrs se moquer de l'honneur, et de l'indépendance parlementaire. Rien de surprenant, donc, que ses meilleurs éroliers, rient, aujourd’hui des lois, cumulent les situations, se moquent des électeurs, en doublant, triplant leurs salaires, leurs mandats, et en accrochant, de plus, des pensions viagères ou des bonus, en passant, et de petits contrats.

C’est là, l'édification la plus sublime du gouvernement responsable. à bon marché et tory, par excellence.

C’est le droit absolu de la majorité parlementaire <t bien stéréotypée.

Le népotisme est de plus reconnu le premier droit des gens, et les cousines et les

Cousin:

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Pour s gevin n° frères, u nous ga « “ancienn de son on de Garne:

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cousins ne sont pas plus oubliés que les.

oncles et les parrains.

Toute la lignée entière d’un ministre, a droit d’hérédité primaire à tous les plats de lentilles, et d’emporter toute la curée,

Cartier, cependant, n’ayant pas eu d’héritiers directs. pensa plus à ses amis, à son parti que les siens, d'aujourd'hui.

Sa politique, moins de famille, fut moins sandaleuse sur ce point, plus patriotique, et sentant moins là marmite du ménage.

Pour sauver le pays, Robitaille et Langevin n’ont pas oublié un seul de leurs frères, un seul de leurs cousins. ‘Caron nous a donné, en héritage, les talents, “anciennes monnaies ” de son parrain, de son oncle, sans s'occuper, des promesses de Garneau.

Cartier eut bien, aussi so7 jeu de cartes “ (double shuffle)” et ses dés pipés, mais, nous avons nos gobelets, notre triple gou-

vernement, sous le même bonnet, sous a même peau de camaléon.

Chapleau, Mousseau, Ross, cette trinité sainte, nous a été donnée comme un mystère de passe-passe incompréhensible, qu'il faut admettre et croire, absolument, puisque c’est Langevin, Sir Hector, qui l’a révélé, d’après le catéchisme tory. L’'immutabilité, l’infaillibilité, est le premier dogme des conservateurs indépendants.

J’y suis, j'y reste, et tout est dit. La majorité parlementaire restera immuable, aussi, tant qu’elle pourra faire payer aux électeurs la même musique,à faux bourdon.

Que pouvons-nous y faire, en attendant!

devant un tel corps exécutant. Il faut bien attendre, patiemment, le jour des électiont générales, pour briser tous les violons, mais, surtout, casser, sans rémission, tout les vils instruments à cordes, qui ne sont pas à l'unisson avec notre diapason naturel et qui ne servent qu’à faire danser Caron,

sur la tombe de ce pauvre Riel.

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poñés de tiennen péchés.

ou les p devienn plus vit commiss mission, taire, sh viseur, € teur, et

Chassons les donc, tambour battant.

| Rester, toujours, au pouvoir, et gouverner malgré tous les électeurs, telle a été l’école,

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nys- D tels sont les écoliers du règne tory.

qu'il * Les plus dévots des juges se mettent en PUS D retraite, à la bonne heure, pour expier les à ré- PAPE | ho $ fautes d’omission ou de commission des 477 leurs, et ne vivent plus que de pensions D EE riagères, de quelques rentes passagères où " de legs nouveaux, donnés par les gouxer- La Snements. Ils obtiennent, ainsi, indulgenable, ce plénière, de partout, et les mieux disaux D posés des partisans prient pour eux, et obrdon.Æ tiennent, ainsi, le-pardon de tous leurs ant? péchés. Aussi, les ministres, les grands bien ou les petits députés, les transfuges, aussi, tions deviennent-ils, par leurs ferventes prières, ons, plus vitement des juges detous les rangs; tous commissaire de police, président de comsont mission, magistrat stipendiaire, protonourelB taire, shérif, codificateur, régistrateur, rearond viseur, collecteur, grand priseur, contrac- :

teur, et cabaleur, en même temps. Rien 4#

credo.

n'est donc:tropsacré,. pour un bon sapeur, Æ 0, : en:Parlement. Les-pluscommodesdes doc: M à teurs, véritables passe-partout, sont choi-

: . . Æ bons so sis, de préférence, pour juger les crimi- sans ja) nels, etouvrir les portesaux pensionnaires lou des pénitenciers.

Aujo Les notaires, instrumentants, commis- pense saires, inspecteurs des hôpitaux, sont nés ent fe ou ressuscités, pour soigner les malades ou prenant compter. les fous. :

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Les sacristains et les bédeaux, de leur jf ot côté, font le catéchisme à leur curé, .et àk

jé teurs et leur évêque, et ne croient plus à leur

Le pre nommé politique pas, ne ] Jours, en pour tou

Tout le monde: veut être chevalier, officier, et coœtera; mais pensionnaire de l'Etat.

Personne ne veut rester simple soldat ou cocher indépendant, ne chargeant que le tarif. Autrefois, chacun aimait son état sa profession, restait à sa place, à sol métier, ou au parlement, avec dénouement

Il ne 6 Dieu qu’i temps, de temps er

On était content de travailler pour le bien du plus grand nombre et, comme des bons soldats de garde, défendre son :pays, sans jamais déserter son poste, se : vendre à l'ennemi ou se faire espion.

Aujourd’hui ce n’est plus çà. On ne

pense qu’à sa calote, que l’on tourne souvent à l’envers, ou que l’on remplace, en prenant celle de son voisin.

Le Pays, c’est le parti ; le parti, c’est le chef, et le chef, c’est la Patrie. Les électeurs et l’opinion publique restent là.

Le premier ministre, presque toujours, nommé à vie et quine meurt pas de politique, se rit des électeurs qu’il n’a pas, ne parle pas, écoute et promet tou- Jours, en secouant la tête et ne fait rien pour tout cà.

Il ne désire que rester tranquille, prier Dieu qu’il lui apporte, toujours, du beau temps, de la santé, et des compliments, de temps en temps, pour le rajeunir ‘ou le

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