‹ Les deux cochers de Québec [microforme]Chapitre 27 sur 36 · PR RES US R · texte numérisé non relu

PR RES US R

Quelques fois, aussi, un chantre baryton, un basso-profundo, mais, le plus bas de la bande.

Qu'elle est belle notre musique politique, dans la presse, en temps de paix ou en temps de guerre.

Mathématiciens et maîtres de haut génie-militaire etdignes descendants de Vaubands français, ils font des plans de fortifications, de forteresses ou de nouveaux châteaux anglais ou italiens, (New-castle ou Costello) et deviennent, dans les gazettes, les petits ou les gros “ fortins ” de tous les gouvernements.

Ils “ bombardent,’ du haut de leur meurtrière, tout comme notre grosse tour Martello ” et frappent aussi fort que le Martel” ou le gros marteau, du ministère, dans notre parlement.

Autrefois, les gazettes ne mentaient pas autant, et ne se donnaient pas sur la rue, ni se vendaient sur tous les marchés.

Les abonnés, payant, et craignant plus

la contagion, faisaient faire la diète aux plus malades, et ne conservaient que les bonnes et les plus saines.

Ils renvoyaient les pestiférées, à la quarantaine, et ne les reprenaient, que bien rarement, après guérison.

C’est comme cela que doit, encore, agir l'opinion publique, pour se faire respecter, des vendeurs d’orviétan, et dompter les mauvais gouvernements, qui les font mentir, et tromper les gens. Sachons n’encourager que les bons papiers.

Nul, n’est absolument tenu de se mêler de politique, activement. Que celui, donc, qui ne se sent pas assez fort, ni assez 1ndépendant, pour ne pouvoir, quand il le faut, sacrifier son intérêt personnel à celui du public, qu’il reste à la maison, ou qu’il s’en retourne, vitement, dans la vie privée.

Autrement, ce n’est pas un honnête homme. C’est un faux patriote, c’est un cocher dangereux, c’est un mauvais homme de métier, un charlatan, et, quelquefois, hélas ! un grand chenapan.

Les chevaux, qui ne veulent aller, ni à hue, ni à dia, mais toujours du côté du pi- cotin, il faut s’en débarrasser.

Les journalistes, trop affamés, il leur faut aussi la diète, et les ramener, ainsi, à une meilleure santé. C’est là,pour le peuple, le remède souverain, à leur donner, le vaccin, capable de les guérir de la rage, et d’assécher la bave de tous les mardus, et de détruire aussi le venin de la trahison.

Je suis un vieux pasteur, né le jour de Noël, (vous le savez bien, mes enfants),

mais, (comme je vous le dis très souvent),

‘“ Je ne suis pas, pour çà, un jeune et bel ‘enfant Jésus, ni le docteur si célèbre “ de France’ Je ne suis que le plus vieux cocher de nuit, de Québec, qui n’a plus que: son dernier‘ œil, mais qui voit bien clair, malgré tout. Je vous le répète, encore: Les gazettes ! Les gazettes !! défiez-vous en ; surtout quand elles ne tiennent plus à leurs anciennes et premières promesses, au Bon Messie, à la honne

religi l’hon nom.

mépri bonne ration

On

moins

Héi

| puits

nante, ou des publiq royeur tribuen peuple, électeu C’est gion gé Auss les jour les plus toriés, moquen

religion, à leurs convictions, et surtout à l'honneur, oui, à l'honneur de leur propre nom. Le peuple, en les rer voyant, en les méprisant, et en ne payant que pour les bonnes, pourra rire de toutes leurs conspirations, ou de leurs sales combinaisons.

On était, autrefois, plus prudents, et moins indifférents.

Héias, ce sont aussi trop souvent, des puits de putréfaction, d’une eau sale et'stagnante, et creusés, dans la boue des passions ou des coteries qui empoisonnent l’opinion publique, et dont tous les serviles charroyeurs des gouvernements enivrants, distribuent le poison aux pauvres enfants du peuple, trop confiants, ou aux bonasses électeurs..., et lecteurs.

C’est là, la première source de la contagion générale.

Aussi, la picote, règne, et, il n’y a que les journalistes, déjà bien picotés, les vieux, les plus marqués, les moules à plomb des toriés, qui, sont gais et contents, et se moquent du danger commun.

Les bureaux de santé manquent, et je crains, aussi, une inondation générale, au printemps. |

Les gazettes, donc, je veux dire, les mauvaises gazettes, défiez vous en ; c’est la peste.

Du temps des Bédard, Berthelot, Bourdages, Papineau, Le François, Parent, Duvernay, les journalistes bien patriotes, se faisaient emprisonner, bravement, pour défendre notre parti libéral et notre Pays.

Aujourd'hui, on cherche à vendre les abonnés, et à livrer les électeurs. Les rédacteurs chantent la gloire des pendards ; on a peur !

Aubin, avec son petit “ Fantasque, ”

faisait rire ses lecteurs en faisant rager |

les Tories et se moquait bien de Lord- Durham !‘ Aujourd’hui, les journaux s'offrent et se soumettent à Sir John.

Quel changement !

Défiez vous donc, de nos gazettes, qui sont de tous les gouvernements, présents,

futurs ner des

Un mome qu'en

Hé]:

“ dien, Québ “ quela

Que répondi Jours $ que not beaucot du tout

Je V( même t barque :

Ce: ce avide d nier à g revire, p

futurs, passés et qui se laissent emprisonner dans leurs filets d’or.

Un jour, le patriote Morin, dans un moment de découragement, s’écria, presqu'en pleurant : |

Hélas! “ Ze Canadien, n’a plus de Cana- “ dien, que le nom!” Et Ze Journal de ‘ Québec a besoin de calomnier, toujours, ‘“ quelqu'un, ou quelque chose.”

Que dirait-il donc, aujourd’hui ? Bah !

répondrait, son bon ami, Parent, mais, toujours souriant : C’est un vrai phénomène, que notre perfide enfant! Il narle, déjà; beaucoup trop, l'Anglais, mais pas assez, du tout, pas assez, le bon et le vrai français.

Je vous le dis, à mon tour, et sur le

même ton: Le Canadien du jour : c’est la barque à Caron !

Ce: caboteur, sur le Styx, et toujours avide d’impressions nouvelles, ce nautonier à gages, engagé par Pluton, vire, et revire, puis, traverse, enfin, dans les enfers

et sur l’Achéron, les bonnes âmes de tous

ceux qui peuvent lui payer son obole.

Plutus, le roi de l'argent, lui donne, aussi, Sa rançon, pour peinturer sa gondole, à chaque saison.

Dans l’autre monde, mes enfants, c’est ce que nous apprend la fable, ou la mythologie, mais, en ce monde, ici, nous en ‘voyons la réalité.

Défiez-vous donc, du navigateur enchanteur, et de ses chants, trop mélodieux. Ne voyagez pas, non plus, sur cette terre, avec aucun mauvais cocher, qui fasse fausse route, vous cahote, en tous les sens, pour mieux vous étourdir, au risque de vous renverser, pour gagner son argent.

Mieux vaut encore, voyager, dans la vieille, mais solide calèche ‘québecquoise, plutôt, que dans la frêle barque à Caron, qui, toujours échappe l’eau, quoiqu’elle soit souvent et bien souvent, goudronnée.

Provençai eût eû trop peur, de se noyer.

Rappelez-vous, ce régime tory, et reve-

rangés toire

Vou posa, | celle < le ser plus »

la lb MAIS 1 r108 e1

US

| :nons, encore un peu, à notre second cocher

de l'Angleterre, au Canada.

Demandons-nous, de plus, quelles mesures libérales, ce politiqie si consommé, n’a pas opposées ? Il lui a bien fallu, quelquefois, en accepter. Oui, mais sans sans jamais oublier, de les défigurer complètement.

Les annales parlementaires, sont là, pour le prouver. On aura beau faire, l’histoire impartiale, viendra tout nous rapporter.

Plantons encore quelques jalons, déjà rangés, sur les bords du chemin de l’histoire contemporaine.

Voulant tout concentrer, Cartier, s’opposa, fortement, à l’élection du Sénat, et à celle des conseillers législatifs. Il repoussa le scrutin secret, les lois électorales, les plus modérées, l’indépendance des députés, la liberté et la réciprocité commerciales, mais il céda, volontiers, nos riches pêcherios et paya, jusqu'aux carabines portées

puissante, mais bien mesquine Angleterre.

Il fournit gratuitement nos armes, nos soldats, notre argent et céda nos droits, nos poissons, notre part du lion, pour régler les réclamations des américains, dans l'affaire de l’ Alabama et des Féniens.

Notre chef, si catholique, souriait de satisfaction, à Ottawa, en attendant, son

chef Johny, se targuer officiellement

d’être l’un des plus fidèles dignitaires des orangistes, quelques heures avant, de signer pour nous, le perfide traité de Washington.

Voulant toujours donner, au plus petit nombre de ses amis, le soin de le laïsser gouverner à sa guise, Cartier voulut tou« jours, nous imposer le double mandat parlementaire, le double emploi judiciaire, la double indemnité parlementaire, le cumul de conseiller législatif et sénateur, en même temps. | Il enleva le siège du gouvernement au

par nos volontaires, pour défendre la si

se 181 —

Bas-Canada. Il a obstrué, toujours, notre voie nationale, le chemin de fer du nord, et bien d’autres, en nous livrant aux spéculateurs du Grand-Tronc, dont lui, premier ministre, s'était fait, l’avocat obligé et doublement payé.

Aujourd’hui, on délaisse Québec, et l’on

s’en va tout droit vers les ports des Etats- Unis.

11 © plus toujours ri de la prétendue émigration des nôtres et il ne s’est jamais . occupé sérieusement de l'arrêter ou de la diminuer.

La nécessité absolue de la colonisation immédiate de notre Pays, fût, pour lui, bonne tout au plus, disait-il pour amuser les discoureurs et les amis crédules.

Il me l’a dit à moi, chemin faisant, sur une route de la colonisation, et j'en ferais bien serment. |

Et pourtant, plus de la moitié du chiffre

de notre population est déjà fixée, 1à bas, | ë

- exilée par les trop grands bienfaits de la politique tory qui voudrait, aujourd’hui chasser le reste, hors du pays, tout comme autrefois les malheureux Acadiens et les Métis français.

Nous les embarrassons trop !

Nous sommes un peu trop bénêts !

De plus, Cartier a fini par abandonner l'égalité de la représentation, entre le Haut et le Bas Canada, notre sauvegarde nationale dans la chambre des Communes.

Il laissa, lâchement et trop longtemps, sept de ses collègues ministres, voter librement contre cette trop juste garantie de nos droits politiques et religieux, sacrifiant, à l’avance, l'autonomie du Bas- Canada-français. Il ne voulut pas, de longtemps, accorder aux catholiques du Haut Canada leurs écoles séparées pour plaire aux Tories mais les donna volontiers aux protestants du Bas.

Son règne fut donc pour nous celui de la démolition; et.comme Fa dit alors un

la ui ne:

es

écrivain du “ National ” ‘‘“ il enlève petit ‘ à petit, pierre à pierre, le mur de fon- ‘“ dation de notre constitution, comme 1f ‘ fait enlever, en ce moment, les vieilles ‘ et solides murailles de notre Parlement ‘ pour en faire un marché. Aux loups, il ‘“ ouvre les portes de la Bergerie. ”

Son troupeau trop fidèle le suivit donc, en bêlant un peu, mais l’holocauste était déjà choisie et livrée, librement. Le sacrifice du Bas-Canada était décidé !

Cartier avait su convertir le Parlement en une moutonnerie moins peureuse et plus facile à conduire au bûcher. Sa discipline de berger qui rit et qui vit toujours content et rassuré, devint la doctrine par-

—Jlementaire que nous enseigne son école

tory,.pour mieux attraper et saigner nos

plus tendres brebis, avant de les faire croquer. |

Aujourd'hui, son ami Johny les fait.

égorger plus aisément par Chapleau pour amuser Caron et faire intriguer Langevin.

Page 1