‹ Les deux cochers de Québec [microforme]Chapitre 26 sur 36 · LES GAZETTES · texte numérisé non relu

LES GAZETTES

Je vais, ici, vous dire, encore, une grande, mais, une bien triste vérité.

Les gazettes, défiez-vous en ! Dans notre état politique, le corps le plus malade, le plus corrompu, le plus dégradé, peut-être, c’est bien la presse, en général. Elle porte la contagion, la mort, dans ses flancs.

Le journalisme, n’est plus une haute

profession, c’est, plutôt, le plus bas des métiers.

Le journalier-rédacteur, porte sa planche sous le bras, pour allumer son feu, qui doit faire bouillir sa marmite, et c'est tout ce qu'il veut. NUE à

Les lecteurs, n’en ont que la fumée, qui

leur fait pleurer les yeux, ou les fait tous-

ser, en les asphyxiant, le plus souvent.

Le journal, n’est plus le pain, la vie, des bons enfants de la Patrie, qui croient éncore à la probité et à l'honneur des plus

TR M mode

instruits, des plus grands. Il n’est plus qu’une pâte :nolle, dans le pétrin du gouvernement, qui fournit le levain, la fait lever sous touter ies formes, et qui distribue et fournit croquignoles et ses beignets, et soigne tous ses compagnons pâtissiers, qui boulangent pour lui, sans penser à servir ou à nourrir les pauvres et les bonnes pratiques de l'Etat.

Oui, les gazettes du gouvernement et

des “ pendrioches, ” ou des “ pignoches, ”

défiez-vous en ; elles sont bien sujettes aux changements, aux renversements.

Leurs cochers aiment trop à courir après toutes les impressions, dans leurs voyages d'agrément. Leurs maîtres, ne sont, souvent, que des instruments, des machines, des moulins à vent, ou des girouettes, qui tournent, de tous les côtés.

Les meuniers, gardent la meilleure farine, pour eux, et ne rendeñt que du son.

Les gazettes sont, aussi; quelquefois, d’étroites passerellés, que l’on jète sur le

chemin du trône, pour le roi des menteurs, le dauphin des blagueurs, ou pour le plus fantasque des vantards.

Les collaborateurs, les plus audacieux,

mais les plus faibles,,souvent, s'y moussent et s y trémoussent, le plus fort, et, deviennent, ainsi, on ne sait comment, ingénieurs de toutes les légions d'honneur, académiciens, stratégistes, armoristes, archivistes, droguistes, praxidermistes, panégyristes et grands copistes ; mais, plus difficilement, publicistes.

Artistes florentins et musiciens italiens, soufflant dans tous les instruments à vent, joueurs de trombone ou de flûte, ils devien-

nent, plus facilement, batteurs de caisse et:

râcleurs sur un violon canadien, faisant

toujours sonner la même et la grosse corde

soon o vs ss es ee AT TENT,

Quelques fois, le multiple opérateur, le plus sonore, et si “avant, n’est, après tout, qu’un ‘ briseur de notes,” un voleur dé parchemins, un rateleur, un écumeur de mer ou un écrémeur de lait caïllé.

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