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fut, pourtant, l’un des nôtres, un libéral accompli, mais devenu un peu trop ramolli, il a, depuis, fait volte-face, 1l s’est vanté d’être, avant tout, un tory, toujours content, toujours soumis ; il a rougi d’être un libéral! Il mena ainsi ses agneaux à la boucherie. Il voulut être berger, tory et meneur à tout prix et jusqu’à la tyrannie, en vertu de sa houlette.
Ne lui avions nous pas donné assez de preuves de notre amour pour la liberté et de notre haine pour l'oppression.
Papineau, Lafontaine et tous les députés canadiens-français, ainis de la liberté, n’ont-ils pas donné à tous les peuples chrétiens le premier exemple de l’émancipation des Juifs, de leur admission à nos droits politiques ; tandis que les tories voulaient partout exclure les catholiques et ne veulent d'autre liberté que le monopole exclusif de toutes leurs ambitions, .
de leurs comptoirs et de leurs seigneurs impitoyables.
Qui le sait mieux que les Irlandais catholiques, leurs martyrs, qu'ils ont persécutés pendant des siècles et dépouillé de leur propriétés, comme les Métis.
Ils les ont traqués partout, jusqu’en Canada ; et, dans Québec, ils voulureut emprisonner, avec les nôtres, les quelques braves, libéraux irlandais, comme les Teed, les Connolly et les M. A. Hearn. parce que, ceux-ci refusaient d’épauler la carabine, pour nous écraser à notre tour. ;
Aujourd'hui, que vont dire, ces derniers, de la pendaison de l’un des leurs, Riel, ce noble défenseur de son pays, de ses pénates et de ses frères.
Nous le saurons bientôt, mes enfants.
Vont-ils encore -se ranger, du côté du tyran et des pendards ?
Les rèves de Lord Sydenham ou de Lord Durham se sont trop vite réalisés.
# Donnez des charges et des titres, aux
“ premiers chefs des canadiens-français et, .
‘vous aurez, plus facilement, toute la ‘“ nationalité, ont-ils dit, ‘'officiellement.”
Cartier est tombé dans la bureaucratie, la plus absolue et, a emboité, fièrement, le pas dans le piège ouvert, et nous a fait prendre avec lui, par une dégradation constante et poussée, jusqu’à la dérogation de nos droits ; c’est pour cela qu’il a reçu
. toutes ses décorations.
Ses lieutenants ne pensent plus aujourd'hui qu'à mesurer leurs galons sur les siens. Ils ne sauraient jamais en trop prendre pour assouvir leur ignoble et fatale ambition.
La mort de Riel, va faire naître Sir A.
P. Caron ! Sir A. Chapleau !
Pour nous sauver, de toute ‘ anglifica« tion,” Cartier nous a laissé des amis, bien
réjouis, et son si bienfaisant traité de la confédération.
Depuis longtemps, Cartier avait tresser la mèche de la mine qui va nous faire
sauter.
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Sicotte et ses amis réussirent, un jour, à la couper, en faisant, patriotiquement, de l’égalité représentative, en Parlement, une question d'existence ministérielle.
Notre nationalité, parut, respirer un instant et reprendre courage, soutenue, en cela, par Sanfield McDonald, ce dernier et fidèle enfant dans le Haut-Canada, de
. Lafontaine et de Baldwin.
Cartier, perfidement, finit par rallumer la mèche qu’il avait depuis longtemps tricotée avec ses amis, nos ennemis, devenus, depuis, plus habilement confédérés.
Il fit manquer le retour au principe national de l’égalité. Il tendit la main à Brown et donna le baiser de Judas.
Une fois, cependant, disons-le, à sa louange il eût le patriotisme de vouloir nous sauver, en repoussant, sagement, avec nous tous, l’union législative. Sans son énergie personnelle, son collègue John À.., eût remportée, en Angleterre.
Il nous a, cette fois, du moins, sauvé
bravement. C’est de Cartier le plus beau et son plus grand acte de patriotisme national
Cette fois, il resta, français-canadien, avant tout, ne voulut pas suivre la politique tory et voulut se montrer, de nouveau libéral et conservateur.
Cela le sauvera, devant notre histoire, du crime de haute trahison et de bien des péchés. Honneur à lui, d’avoir, si noble-
ment repoussé, cette fois, la perfidie si
honteuse de son maitre Johny, su il devait plus se défier.
Malheureusement, pour nous, il a fini par céder, plus tard, à ses manœuvres plus déguisées, et nous avons, en fait, l'union législative et. le plein régime tory qui nous régit, et qui marche vers une dissolution générale. Déjà la Nouvelle-Ecosse,
le Nouveau-Brunswick, l’Ile du Prince-
Edouard, le Manitoba et jusqu’à la Colombie, menacent de s'en aller aux Etats- Unis.
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Le temps, est ainsi arrivé, de nous égorger, sans merci, pour nous récompenser de notre plus grande fidélité.
Nous arrivons, tout doucement, à la confédération impériale.
Mieux vaudrait, pour nous, en ce cas, l'annexion aux Etats-Unis, que nous ne pourrons toujours, éviter, après tout ; et
probablement, qu’àprès que nous aurons
versé, de nouveau, de notre sang, le plus chaud, celui de nos meilleurs soldats, pour l'Angleterre, inutilement, et qui nous vendra peut-être, comme la Louisiane, par la France. En attendant, l’on nous pille,
nous insulte, et l'on pend encore des
nôtres.
L'Amérique, cette terre nouvelle du progrès industriel ne saurait devenir le dernier berceau des monarchies héréditaires, des monopoles et des privilèges nobilaires et des tyrans. |
L'Amérique, ce pays, de la civilisation
moderne, estouverte aux républiques, aux
gouvernements fondéssur la volonté générale, le libre arbitre de la nation et sur le suffrage universel.
Les rois s’en vont, dit-on, mais ils ne sauraient jamais trouver de refuge sur ce
continent, trop vigoureux, qui secoue par-
tout, les langes monarchiques.
Les tories anglais, échoueront ici, comme les français au Mexique. Les rèves de Cartier, ne se réaliseront point, tout entiers, malgré notre extrême loyauté !
Telle est notre manifeste destinée.
L’Annexion fédérale de nos voisins, assurerait une plus juste représentation au congrès et une plus grande indépendance dans l’état, en vertu des droits accordés par la constitution des Etats- Unis.
En attendant, ce résultat inévitable, Cartier a voulu, de suite, faire de Mani-
toba, une seconde Irlande opprimée, avec
ses embarras, sa tenure féodale, ses Lords propriétaires, ses tribunaux, sa police, sa
politique tory, et il imposa son gouvernement tyrannique, malgré la volonté générale de son peuple opprimé.
11 n’a pas pendu Riel, mais il l’exila, laissant les siens expropriés et, presque
mourant de faim.
Cette fois, l’eût-il, aussi cruellement exécuté ? Non ! il eût été plus juste, plus humain et j'aime à le croire. Il n’était pas aussi sanguinaire, mais sa mauvaise politique n’a pas moins produit ses fruits amers, les exactions, le carnage et les pendaisons, de ces derniers jours.
Les tories, ses amis si chéris, ont déjà passé, en Cha:nbre, une loi pour exclure la langue françuse, dans les débats, à Manitoba, en espérant qu'ils pourront bientôt en faire autant dans not-* Parlement fédéral. Ils réussissent déjà plus qu’à demi.
Disons-le, ce fût bien Sir John A.
McDonald qui, sur la demande pressante,
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