‹ Les deux cochers de Québec ...: Souvenirs historiquesChapitre 13 sur 13 · SIXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

SIXIEME PARTIE

Vous-avez dû,mes enfants, bien reposer, cette nuit, après la fatigue de notre fête d'hier. Aujourd'hui, plus de danse, plus de jeux, plus de ris, plus de chant !

Travaillons, sérieusement, tous ensemble, pour Dieu et pour la Patrie. .

Chacun à sa place, à sa besogne, à son métier. Aimons-nous, les uns, les autres.

Charité !

Que les filles aident à leur mère et les garçons à leur père, sans oublier tous no*

frères et tous nos boue vo\nn&.

Soyons tous du même celui du travail.

Le travail de l'homme est hommage, fait au Créateur, la prière offerte à Dieu.

Malgré nos hivers, il noua beau pays.

Il faut donc le conserver, le cultiver, l'enrichir et le d' rageusement.

Son avenir, appartient aux, aux bras les plus vigoureu; mes de cœur, aux bons 01 cultivateurs

Il faut plus de défricheurs, mes de profession et plus d

Emparons nous du sol, d' seule richesse, solide et stable

Qu'importe, absolument

enfants et les vieillards du

'rancunes, le nom, la gloire ou

passagers des partis po\ttu\w« t

Rouges ou bleus, nous; Voulons être unis, comme + autrefois, nos ancêtres, et rester de l'école libérale et progressive, et, demeurer, partout, des honnêtes gens.

Ce sont les actes et non les hommes que nous préférons, et nous aimons la justice, le devoir, avant tout. k

Nous ne voulons pas marcher à quatre pattes, ni de reculons. Nous voulons marcher droit, porter le front haut et sans tache, la main sur le cœur, dont un gros sol de cuivre ou une médaille de clinquant, ne sauraient en cacher le battement.

Nous devons choisir, librement, nos hommes et nos terres, et no îs soustraire aux usurpateurs, spéculateurs, ou dilapidateurs, aux trop grands seigneurs et tyrans.

Riel est mort, mais, non la nation. Nous saurons le prouver aux prochaines élections.

«Le peuple est souverain.

Le droit divin, en politique, est aux hommes qui savent librement et largement, bien choisir, leurs rois et leurs représentants, qui ne sont pas toute la nation, par héritage du sang.

Les tyrans héréditaires ou usurpateurs s'en vont, quoi qu'on en dise, au vent de la liberté des peuples plus modernes qui veulent choisir, leurs serviteurs, les récompenser, dignement, ou les rejeter par le suffrage universel.

L'aristocratie s'erç va, malgré la tyrannie, et les peuples marchent vers la justice, égale et la fraternité générale.

nobles du jour, consolez vous ; vous conserverez, néanmoins, vos titres dans l'histoire.

Ministres, pendards, vous vivrez tout comme Riel, dans la mémoire du peuple*!

Vous fûtes ses vilains bourreaux, Ri* 1 , fut le noble martyr de sa ^attie^ le défen-

seur de ses foyers, du droit des gens:

Suum cuique !

Il demandait, depuis longtemps, justice et protection, contre les envahisseurs, voulant vivre et mourir, sur le sol natal.

On a voulu l'en chasser : Il lui a fallu céder, devant les tyrans, pour éviter l'effusion du sang.

De Riel, suppliant en vain, depuis si longtemps, pour les siens, vous en avez fait un belligérant, malgré lui, en tirant les premiers, sur les opprimés.

McPherson, dormait toujours sur sa chaise, devant Royal, plaidant la juste cause des métis. Crozier et Middleton, tuaient ceux qui demandaient d'épargner les femmes et les enfants. Riel, ne pouvant obtenir justice, et ne voulant pas se sauver, lui-même, avec Dumont, se rendit, volontairement, pour aider sa nation et arrêter la dévastation générale.

Vous l'avez jeté dans les fers, impitoyablement. Vous Vavfe'L ^«tAn^ wsasfcft ^

plus vil des meurtrier», le plus grands des scélérats, après, l'avoir torturé jusqu'à le jeter dans une noble folie, que vous n'avez voulu guérir que par la corde.

Ils n'étaient qu'une poignée de Métis, armés de méchants fusils, sans mitrailleuse, sans cartouches, sans provisions, «t vous étiez une armée !

Leurs propres maisons, leurs églises, leur» propriétées ont été brûlées et sacoa- , gées et, vous avez tiré les premiers !

Sont-ils donc, les seuls auteurs de ce carnage, de la destruction générale et de 1» mort des leurs ?

A qui la faute, si de pauvres sauvages, crevant de faim et pourchassés par les blancs, ont versé le sang des leurs, et celui de leurs çnnemis, dans leur fureur barbare et surrexcitée par leurs tyrans ?

Vous n'avez, jamais voulu écouter leurs justes plaintes, ni leur rendre justice.

Hommes politiques et sans pitié, spoliateurs inassouvis, il voxxa îaX\»À^ ^ ^xs%;\&

saiig des métis, qui, jusque là, du moins, avaient pu eontenir la fureur des sauvages dont vous vous moquiez.

Vos ministres protestants, tout comme nos missionnaires catholiques, se sont plaints, publiquement, de la voracité de vos blancs, et de leur immoralité.

Vous avez pendus les métis, les pauvres, sauvages, aussi ; et vous avez épargné, sauvé et récompensé vos blancs, enivrés de leurs exactions. A qui sera la faute, encore, si les enfants vivants de ces sauvages massacrés, usent, plus tard, de représailles ? Vous avez tué les métis, ces amis de la civilisation, qui tenaient les bras vepgeurs de ces barbares ! suppliants !

Tout un peuple, demande, à genoux, clémence, potfr tous les opprimés.

Non, il vous faut encore des Vitftiittéè, pour plaire aux oppresseurs !

Vous voulez eonsefVefr le pdùvoit tfbtolu, le droit des tyrans !

Voué Voulez, blèfetoët au &ëur toute Wtifc

nation, en pleurs, et lui faire boire la coupe de son humiliation, et proclamer sa propre déchéance !

Allons donc ! trop cruels pendards, laissez nous, au moins, le droit de nous plaindre, dans nos maisons, dans notre Parlement !

Voyez, en ce jour, le cri universel de réprobation, de malédiction qui s'élève de toutes parts, contre vous !

Vous ne l'étoufferez pas, c'est le cri du cœur !

Ministres coupables et lâches canadiensfrançais, vous*n'êtiez que trois larrons, sur le calvaire de Régina !

Vous ne resterez que trois !

Vous n'aviez pas d'autres complices, parmi les nôtres !

En aurez vous plus tard ?

Jamais, je ne le croirai, mes enfants !

L'école tory n'a pu nous dégénérer, nous aplatir, nous abrutir, à ce point.

Nous serons unis contre notre asservissement national.

Nos ennemis, nous disent, en se moquant dé nous tous, et quelques traîtres parmi nous, peut-être — que notre indignation, aussi unanime, ne sera qu'un feu de paille. Telle est l'espérance des tories.

La chose est-elle possible encore ? Je ne le crois pas.(*) Est-ce que quelques autres

(*) Le 24 juin 1886, jour anniversaire, de notre fête nationale de la St. Jean-Baptiste, la grande etgénérale'convention canadienne-française,, tenue àRutland, dans l'Etat du Vermont, (E -U.)> vient dadopter UNANIMEMENT, et, comme l'expression officielle des huit-cent mille, canadiens-français, établis dans les Etats-Unis, une série de résolutions, proposées par son, si distingué, Président, le Major Mallette, de Washington, second 'es par le Révérend M. Chagnon, Curé de Champlain, N.-Y., et condamnant la conduite infâme de nos tories.

Tous ces nobles dé.égués, ayant à leur tête, quatorze, prêtres, curés catholiques, se donnèrent mutuellement, la main en signe de ralliement ; et, votèrent, unanimement et en silence, leurs résolutions patrio iques déclarant, l'exécution de Louis Riel un " déni de justice," " une cruauté révolta- ite," " un outrage, à notre nationalité,"

" UN MEUTRE JUDICIAIRE."

Honneur aux Canadiens-Français des Etats-Unis I

Que, dites-vous, lâches, députés et journalistes pendards, 4u Canada ?

Est-ce un feu de paille, que notre réprobation générale ?

Attentez, vos élections, et, vous verrez, si le peuple «aura se venger noblement des traîtres ! Voir les résolulions, dans les journaux.

*pie nos trois ohefs-pendards, ou quelque»

journalistes, toujours flottants^ sem^ai* assez lâches, assez rampants, pour renier leurs propres écrits, leurs gémissement^ premiers. N'importe, le peuple mifft revendiquer ses droits aux élections, sa*** verser le sang !

Nous avons notre constitution pour pouvoir chasser les traitres, de parmi nous, sans rémission.

Nous voterons donc contre les pendardft et les pillards, unanimement !

Attendons patiemment, le jour de la rétribution !

Maintenant, écoutez-moi bien, mes bona enfants, il faut travailler, pour nous !

Ce matin, mon Paul, il faut de suite, profiter de cette si grosse bordée de neige de la belle Ste-Cathejrine ! Allons ! Attelés tes chevaux, prends ta hache, mets ton capot et montez à Stoneham !

Il faut faire du bois, tout l'hiver, et de la terre, neuve au printemps ; puis, noufc ensemencerons, au mois de juin, avant les élections.

Nous voterons, alors, plus indépendamment contre les pendards.

La politique, ne saurait empêcher notre grain de pousser, lorsque le soleil luira pour tout le monde.

Allons donc, mes enfants, à l'ouvrage et Dieu vous bénira.

Moins de discussions, moins de causeries, aujourd'hui, et soyons plus pratiques et plus unis.

«Colonisons ! colonisons !

Restons, restons en notre pays !

Vengeons-nous ainsi, de tous ceux qui veulent nous chasser, en nous tyrannisant et en nous dépouillant.

Ils ne sauraient, nous ruiner entièrement, si nous veillons, bien mieux, nos représentants.

N'émigrons pas ; notre sol vaut autant que tout autre. : i

Emparons nous en, donc, sans retard/ pour le cultiver de suite !

L'agriculture, est la vie première de l'homme.

Le reste, est secondaire, après le devoir, après la religion.

Tout est sujet aux changements, au' renversement.

Notre petite maison, tout comme lés palais des rois, s'écroulent, devant le»

révolutions, mais le sol reste !

Dieu, l'a donné aux hommes, qui veulent le fertiliser. Il n'est point jaloux de ses dons.

Il ouvre, ses sillons, à tous ses enfants en peine d'ouvrage. Il ne veut que de la bonne volonté, du courage et donne la santé aux bons travailleurs, aux défricheurs et aux cochers, contents de leur sort; mais, aux jeunes paresseux, aux mécontents, l'ennui et les maladies.

La colonisation, c'est pour nous, dans le

moment, la politique la plus sage, la plus pressante, la plus nationale et, repoussons les tories ou les autres qui veulent encore nous chasser, comme les Acadiens, et nous remplacer, jusque dans le Nord-Ouest, par des émigrés étrangers, qui se font des spéculateurs et de nouveaux seigneurs, pires| que ceux des temps anciens.

Obligeons, les gouvernements à plus aider nos bons enfants, de préférence aux aventuriers, qui passent ici, souveht à nos frais, pour s'en aller, ensuite, aux Etats- Unis.

Disons le, encore ici, notre grand chef Cartier, et ses tories, comme bien d'autres, nous ont trop oublié, dans leur désir d'encourager, en premier lieu, les enfants de l'Angleterre et d'ailleurs.

Que de milliers, de nos meilleurs colons canadiens, de toutes les origines, ils eussent conservé, avec les millons donnés, si largement, aux étrangers.

Pesons mieux, prenons nos terres, cultivons, défrichons et mourons, en Canada !

Pour cela, nous n'avons pas besoin, absolument, d'avocats.

La chose est assez facile pour tout le monde ; surtout aux ouvriers vigoureux, aux laboureurs, qui n'ont pas le cœur ramolli par une folle vanité, et un amour désordonné d'un déclassement quelconque, qui n'est pas l'état de vivre de leurs parents.

Soyez cocher de nuit, plutôt que d'émigrer, si vous ne pouvez faire autrement, et ne comptez jamais, pour vivre honorablement, sur les dépouilles de ceux qui gouvernent. Ils n'en ont jamais assez pour eux et pour leurs enfants.

Restons-ici !

Nos pères ont assez voyagé, tout parcouru, tout découvert pour nous, depuis l'Atlantique au Pacifique, et jusqu'au Mississipi.

Laissons la Baied'Hudson aux Anglais,

Que leur avait enlevée, inutilement, le trop brave canadien d'Iber ville*

C'est à nous, maintenant de défricher^ et cultiver notre patrimoine, immense et riche héritage, nos vallées du Saguenay, du St-Maurice et de l'Ottawa, de tous les Townships.

Aux enfants, trop aventuriers, qui veulent, absolument, voyager et émigrer, je leur dirai, de ne jamais se séparer, mais de se fixer, au moins, par groupe, à l'étranger, et, de ne jamais perdre de vue le pays qu'ils ont laissé, en espérant pouvoir y revenir.

C'est une illusion ; une fois partis, ils meurent dans l'exil !

Que partout, donc, ils deviennent propriétaires. Les prolétaires, sont plus ou moins révolutionnaires et turbulents.

Que leurs filles, se marient toujours à de bons canadiens, qui n'ont point honte de leur nom.

Point de mariage mixte et laissons les orangistes aux tories, leurs amis.

Là-bas, comme ici, nous devons tous, nous tendre la main,. comme si nous étions, sous le même pavillon.

Qui sait, si plus tard, dans l'exil ou non, nous ne passerons pas sous un même gouvernement libéral, dont nous voudrons, tous.

En attendant, soyons unis, contre tous les oppresseurs, les dilapidateurs, de tous les noms, et surtout contre les traîtres et les apostats.

Nous aimons bien, à partager avec nos amis, notre héritage commun, mais nous ne voulons pas, que l'on nous chasse, les premiers et que Ton nous enlève, notre territoire, après l'avoir, arrosé du sang de nos martyrs.

Liberté commune, point de monopoles, point de pendaisons !

La colonisation, c'est le salut de la nation, mais, tous les gouveTUfcmsïrtfc \»r

raissent vouloir la négliger, un peu trop, pour nous.

Que de difficultés, les tories, les grands spéculateurs, à qui Ton a donné, tant de nos terres, tout comme aujourd'hui, dans le Nord.Ouest, ont empêché, nos enfants, de coloniser, plus facilement, les meilleures.

TNous avons, cependant scu briser bien des barrières. Que nos enfants à venir, en fassent autant et entrent,en vainqueurs, dans les forêts, pour les défricher, librement.

Si Riel et les siens, ont été, injustement chassés, bien loin, par des spoliateurs politiques, sans pitié, que des pioniers pacifiques, fassent, comme nous, et mettent à la raison, ces nouveaux seigneurs, grands propriétaires et déjà tyrans.

Opposons toute tenure trop féodale. Nous voulons être, tous, des francs tenanciers, surveillons mieux, nos représentants et votons contre les envahisseurs.

Les artisans de Québec, ont fait, autrefois, leur devoir. Ce sont deux ouviers, chasseurs et patriotes, Rcaïd et Halle, qui ont ouvert, le chemin du Lac SUean, aidés plus tard, du gouvernement libéral Sieotte, qui fit passer, en 1862, l'ordre en Gonseil, de son exploration officielle et, suggéra, de plus, la construction du chemin que Ton va ouvrir jusqu'à la Tuque et plus loin.

Sept braves ouvriers Qttébecquois, en 1848, allaient fonder aussi, lefc "pretmëtën colonies du Lac # Alymer, à l'appel de la première grande association, çhfeûtéë jpfcr Crémazie et qui fut fondée feèt son vénérable président, Mgr J. Turgeon, aidé qu'il fut de ses deux secrétaires trésoriers Ëvanturel et Chartier. PJus tard, Mgr Racine et ses dignes confrères et curés, Bédard, Trudel, Bélanger et beaucoup de leurs paroissiens, trop oubliés des grands émvaiins, se jetèrent dans les forêts de l'Est.

Mrs. Boucher et les siens, des Lorettes, de Charlesbourg, de Beauport et d« Québec, furent les premiers colons qui allèrent se fixer, permanemment, au plein milieu de la forêt, et près du Lac St. Jean.

Cet exemple fut suivi, de suite, par les braves colons du curé Hébert.

Enfin, le curé Tremblay, est arrivé le' dernier, avec les siens.

A nous maintenant de couronner 1-œuvre commencé, autour de nous.

Nous avons, nos chemins de fer, mais ayons, nos routes de colonisation, plutôt que des voies, de spéculations, pour les bâtisseurs, seulement.

Colons, canadiens-français, nous avons aujourd'hui, notre premier guide, notre dévoué conducteur, dans les bois !

Ecoutons bien sa voix patriotique, qui nous dit, de toutes parts :

Emparez- vous, de notre sol, défrichez et

cultivez le !

C'est la première politique nationale !

L'Angleterre ne fera pas, de celui-là, un Chevalier anglais !

Vous devinez pourquoi !

Que lui importe, à lui, tout comme à Provençal, un titre venu de l'étranger !

Il a celui du peuple : cela, lui suffit aussi !

Voyez ! quand il passe, dans la rue, dans les campagnes, comme les vieillards portent la main à leurs chapeaux et disent, avec amour, aux petits enfants : Voyez !

cet homme, ce prêtre, cet apôtre de la colonisation, c'est. . . . c'est notre bon GROS CURÉ LABELLE!

Voilà son noble titre, donné par le peuple canadien-français, catholique !

Au contraire,et de bien loin, les hommes de cœur, les braves ouvriers, les fils de

cultivateurs et les femmes aussi, comme tous les cochers de Québec, (excepté Bigaouette) froncent les sourcils et montrent du doigt, avec mépris, le grand ministre de la guerre, en criant : Voyez ! celuilà, qui s'échappe, là-bas ! pour cacher sa honte ! en attendant un titre anglais ; c'est le PETIT CARON ! qui a dansé sur la tombe de Riel ! C'est le compagnon de Langevin et de Chapleau, " c'est un gibier de potence " ! Et les tout-petites filles de répéter, en grimançant :

Caca ! . . . . Caron !

O peuple ! que tu es bon, envers lès tiens! mais, que tu es méchant, dans ta colère, contre les traîtres !

A chacun le sien ! (Suum cuique).

Hommes politiques, orangistes et tories, vous avez fait mourir Riel, dans la torture ; c'est un glorieux martyr de plus !

Songeons y ! toute la nation canadienne-

française^ la, France, le» EtaJts-Unia et rUaivers, ont demandé clémence pour lui et vous l'avez pendu, comme un vil scé* lérat !

Dormirez-vous, contents, pendards ?

Non ! Vous avez le remords !

Pour l'étouffer dans l'oubli, et le silence, vous, voulez la mort de tout un peuple !

Plus encore ! Son humiliation, son opprobe, sa propre condamnation et sa dégradation !

Pas assez, encore ! Il faut, avant, qu'il fasse un jeu de son honneur, un amusement pour ses assassin et devenir la risé du genre humain !

C'est un peu trop fort, plats valets !

Çâ serait une lâcheté nationale et politique, qui n'aurait pas de nom !

Vous vous moquez, de notre opinion, de nos assemblées, de nos résolutions, de no»

municipalités !

Arrêtez, brigands, renégats.

Cachez- vftuifc, cetire^vtaw, dfras vos» repaires et, vite, partagez, entre vous^ les dépouilles, tes rapines. £t, les prix de- vos trahisons, avant que le jour de votre mort arrive !

Le peuple, dans sa fureur, broyera vos os, jusqu'au dernier, et jetera vos lambeaux de chair, aux pourceaux !

Quelques gros oiseaux de proie, pourront, peut-être, voltiger et crier encore, quelque temps, autour du cadavre, tout chaud, de Riel, notre frère, mais leurs derniers croassements, seront inutiles et ne sauraient nous effrayer.

Orangistes, descendants de princes noirs, enfants nés de la révolution, de l'usurpation et des spoliations, de toutes sortes, et tories du jour, nous ne portons pas envie à votre loyauté bâtarde, ni à votre religion de haine et de persécution !

Laissez nous, la liberté commune et n'abusez pas du droit du plus fort !

Dieu, sait toujours protéger les pi faibles !

Faites des martyrs, nous ferons nation, en mourant, sur notre patri moin

Les pendards, vont s'en aller, aux jou des élections !

Point d'argent, pour nous acheter ! ] peuple va reprendre son tour !

Mes enfants, travaillons, en attendai et défendons, toujours, nos droits, not sol!

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