‹ Les deux cochers de Québec ...: Souvenirs historiquesChapitre 12 sur 13 · LES GAZETTES · texte numérisé non relu

LES GAZETTES

Je vais, ici, vous dire, encore, une grande, mais, une bien triste vérité.

Les gazettes, défiez- vous en ! Dans notre état politique, le corps le plus malade, le plus corrompu, le plus dégradé, peut-être, c'est bien la presse, en général. Elle porte la contagion, la mort, dans ses flancs.

Le journalisme, n'est plus une haute .profession, c'est, plutôt, le plus bas des métiers.

Le journalier-rédacteur, porte sa planche sous le bras, pour allumer son feu, qui doit faire bouillir sa marmite, et c'est tout ce qu'il veut.

Les lecteurs, n'en ont que la fumée, qui leur fait pleurer les yeux, ou les tait tousser, en les asphyxiant, le plu» souvent.

Le journal, n'est plus le pain, la vie, des bons enfants de la Patrie, qui croient encore à la probité et à l'honneur dea ^W

instruits, des plus grands. Il n'est plus qu'une pâte molle, dans le pétrin du gouvernement, qui fournit le levain, la fait lever sous toutes les formes, et qui distribue et fournit se.s croquignoles et ses beignets, et soigne tous ses compagnons pâtissiers, qui boulangent pour lui, sans penser à servir ou à nourrir les : pauvres et les bonnes pratiques de l'Etat.

Oui, les gazettes du gouvernement et des " pëndrioches, " ou des " pignoches, " défiez- vous en ; elles sont bien sujettes aux changements, aux renversements.

Leurs cochers aiment trop à courir après toutes les impressions, dans leurs voyages d'agrément. Leurs maîtres, ne sont, souvent, que des instruments, des machines, des moulins à vent, ou des girouettes, qui tournent, de tous les côtés.

Les meuniers, gardent la meilleure farine, pour eux, et ne rendent que du son.

Les gazettes sont, aussi, quelquefois, d'étroites passerelles, que l'on jète sur le

chemin du trône, pour le roi des menteurs, le dauphin des blagueurs, ou pour le plus fantasque des vantards.

Les collaborateurs, les plus audacieux, mais les plus faibles, souvent, s'y moussent et s'y trémoussent, le plus fort, et, deviennent, ainsi, on ne sait comment, ingénieurs de toutes les légions d'honneur, académiciens, stratégistes, armoristes, archivistes, droguistes, praxidermistes, panégyristes et grands copistes ; mais, plus .difficilement, publicistes.

Artistes florentins et musiciens italiens, soufflant dans tous les instruments à vent, joueurs de trombone ou de flûte, ils deviennent, plus facilement, batteurs de caisse et râdeurs sur un violon canadien, faisant toujours sonner la même et la grosse corde d'argent.

Quelques fois, le multiple opérateur, le plus sonore, et si savant, n'est, après tout, qu'un " briseur de notes," un voleur de parchemins, un rateleur, un écumeur de mer ou un écrémeur de lait caillé.

Quelques fois, aussi, un chantre baryton, un ba88o~profundo, mais, le plus bas de la bande.

Qu'elle est belle notre musique politique, dans la presse, en temps de paix ou en temps de guerre.

Mathématiciens et maîtres de haut gé- * nie-militaire et dignes descendants de Vaubands français, ils font des plans de fortifications, de forteresses ou de nouveaux châteaux anglais ou italiens, (New-castle ou Costéllo) et deviennent, dans les gazettes,, les petits ou les gros" fortins " de tous les gouvernements.

Ils " bombardent,'' du haut de leur meurtrière, tout comme notre grosse tour " Martéllo " et frappent aussi fort que le • f Martel "ou le gros marteau, du ministère, dans notre parlement.

Autrefois, les gazettes ne mentaient pas autant, et ne se donnaient pas sur la rue, ni se vendaient sur tous les marchés.

Les abonnés, payant, et craignant plu&

la contagion, faisaient faire la diète aux plus malades, et ne conservaient que les bonnes et les plus saines.

Ils renvoyaient les pestiférées, à la quarantaine, et ne les reprenaient, que bien rarement, après guérison.

C'est comme cela que doit, encore, agir l'opinion publique, pour se faire respecter, des vendeurs d'orviétan, et dompter les mauvais gouvernements, qui les font mentir, et tromper les gens. ' Sachons n'encou- 1 rager que les bons papiers.

Nul, n'est absolument tenu de se mêler de politique, activement. Que celui, donc, qui ne se sent-pas assez fort, ni assez indépendant, pour ne pouvoir, quand il le faut, sacrifier son intérêt personnel à celui du public, qu'il reste à la maison, ou qu'il s'en- retourne, vitement, dans la vie privée. Autrement, ce n'est pas un honnête homme. C'est un faux patriote, c'est un cocher dangereux, c'est un mauvais homme de métier, un charlatan, et, quelquefois, hélas ! un grand chenapan.

Les chevaux, qui ne veulent aller, ni à hue y ni à dia, mais toujours du côté du picotin, il faut s'en débarrasser.

Les journalistes, trop affamés, il leur faut aussi la diète, et les ramener, ainsi, à une meilleure santé. C'est là,pour le peuple, le remède souverain, à leur donner, le vaccin, capable de les guérir de la rage, et d'assécher la bave de tous les mordus, et de détruire aussi le venin de la trahison

Je suis un vieux pasteur, né le jour de Noël, (vous le savez bien, mes enfants), mais, (comme je vous le dis très souvent), " Je ne suis pas, pour çà, un jeune et bel " enfant Jésus, ni le docteur si célèbre " de France." Je ne suis que le plus vieux cocher de nuit, de Québec, qui n'a plus que son dernier œil, mais qui voit bien clair, malgré tout. Je vous le répète, encore : Les gazettes ! Les gazettes ! ! défiez-vous en ; surtout quand elles ne tiennent plus à leurs anciennes et premières promesses, au Bon Messie, à la bonne

religion, à leurs convictions, et surtout à l'honneur, oui, à l'honneur de leur propre nom. Le peuple, en les renvoyant, en les méprisant, et en ne payant que pour les bonnes, pourra rire de toutes leurs conspirations, ou de leurs sales combinaisons.

On était, autrefois, plus prudents, et moins indifférents.

Hélas, ce sont aussi trop souvent, des puits de putréfaction^' une eau sale et stagnante, et creusés, dans la boue des passions ou des coteries qui empoisonnent l'opinion publique, et dont tous les serviles charroyeurs des gouvernements enivrants, distribuent le poison aux pauvres enfants du peuple, trop confiants, ou aux bonasses électeurs. ... et lecteurs.

C'est là, la première source de la contagion générale.

Aussi, la picote, règne, et, il n'y a que les journalistes,déjà bien picotés, les vieux, les plus marqués, les moules à plomb des tories, qui, sont gais et contents, et se moquent du danger commun.

Les bureaux de santé manquent, et je crains, aussi, une inondation générale, au printemps.

Les gazettes, donc, je veux dire, les mauvaises gazettes, défiez vous en ; c'est la peste. .

Du temps des Bédard, Berthelot, Bourdages, Papineau, Le François, Parent, Duvernay, les journalistes bien patriotes, se faisaient emprisonner, bravement, pour défendre notre parti libéral et notre Pays.

Aujourd'hui, on cherche à vendre les abonnés, et à livrer les électeurs. Les rédacteurs chantent la gloire des pendards ; on a peur !

Aubin, avec son petit " Faritasque, " faisait rire ses lecteurs en faisant rager les Tories et se moquait bien de Lord- Durham ! Aujourd'hui, les journaux s'offrent et se soumettent à Sir John.

Quel changement !

Défiez vous donc, de nos gazettes, qui sont de tous les gouvernements, présents,

futurs, passés et qui se laissent emprisonner dans leurs filets d'or.

Un jour, le patriote Morin, dans un moment de découragement, s'écria, prèsqu'en pleurant :

Hélas! " Le Canadien, n'a plus de Cana- " dien, que le nom ! " Et Le Journal de " Québec & besoin de calomnier, toujours, " quelqu'un, ou quelque chose."

Que dirait-il donc, aujourd'hui ? Bah !

répondrait, son bon ami, Parent, mais, toujours souriant : (Test un vrai pJiénomène, que notre perfide enfant ! Il parle, déjà?

beaucoup trop, l'Anglais, mais pas assez, du tout, pas assez, le bon et le vrai français.

Je vous le dis, à mon tour, et sur le même ton : Le Canadien du jour : c'est la barque à Caron !

Ce caboteur, sur le Styx, et toujours avide d'impressions nouvelles, ce nautoniér à gages, engagé par Pluton, vire, et rëvire, puis, traverse, -enfin, dans les enfers

et sur l'Achéron, les bonnes âmes de tous ceux qui peuvent lui payer son obole.

Plutus, le roi de l'argent, lui donne, aussi, sa rançon, pour peinturer sa gondole, à chaque saison.

J)ans l'autre monde, mes enfants, c'est ce que nous apprend la fable, ou la mythologie, mais, en ce monde, ici, nous en voyons la réalité.

Défiez-vous donc, du navigateur enchanteur, et de ses chants, trop mélodieux. Ne « voyagez pas, non plus, sur cette terre* avec . .aucun mauvais cocher, qui fasse fausse route, vous cahote, en tous les sens, pour mieux vous étourdir, au" risque de vous renverser, pour gagner son argent.

Mieux vaut encore, voyager, dans la vieille, mais solide calèche québecquoise, plutôt, que dans la frêle barque à Caron, qui, toujours échappe l'eau, quoiqu'elle soit souvent et bien souvent, goudronnée.

Provençal eût eu trop peur, de se noyer.

Rappelez-vous, ce régime tory, et rêve-

nons ? encore un peu, à notre second cocher de l'Angleterre, au Canada.

Demandons-nous, de plus, quelles mesures libérales, ce politique si consommé, n'a pas opposées ? Il lui a bien fallu, quelquefois; en accepter. Oui, mais sans sans jamais oublier, de les défigurer complètement.

Les annales parlementaires, sont là, pour le prouver. On aura beau faire, l'histoire impartiale, . viendra tout nous rapporter.

Plantons encore quelques jalons, déjà rangés, sur les bords du chemin de l'histoire contemporaine.

Voulant tout concentrer, Cartier, s'opposa, fortement, à l'élection du Sénat, et à celle des conseillers législatifs. Il repoussa le scrutin secret, les lois « électorales, les plus modérées, l'indépendance des députés, la liberté et la réciprocité commerciales, mais il céda, volontiers, nos riches pecherios et paya, jusqu'aux carabines ^Qtté&%

par nos volontaires, pour défendre la si puissante, mais bien mesquine Angleterre.

Il fournit gratuitement nos armes, nos soldats, notre argent et céda nos droits, nos poissons, notre part du lion, pour régler les réclamations des américains, dans l'affaire de Y Alabama et des Féniens.

Notre chef, si catholique, souriait de satisfaction, à Ottawa, en attendant, son chef Johny, se targuer officiellement d'être l'un des plus fidèles dignitaires des orangistes, quelques heures avant, de signer pour nous, le perfide traité de Washington.

Voulant toujours donner, au plus petit nombre de ses amis, le soin de le laisser gouverner à sa guise, Cartier voulut toi> iours, nous imposer le double mandat parlementaire, le double emploi judiciaire, la double indemnité parlementaire, le cumul de conseiller législatif et sénateur, en même teînps.

Il enleva le siège du ^owN^m^meut au

Bas-Canada. Il a obstrué, toujours, notre voie nationale, le chemin de fer du nord, et bien d'autres, en nous livrant aux spéculateurs du Grand-Tronc, dont lui, premier ministre, s'était fait, l'avocat obligé et doublement payé.

Aujourd'hui, on délaisse Québec, et l'on s'en va tout droit vers les ports des Etats- Unis.

Il a de plus toujours ri de la prétendue émigration des nôtres et il ne s'est jamais occupé sérieusement de l'arrêter ou de la diminuer.

La nécessité absolue de la colonisation immédiate de notre Pays, fût, pour lui, bonne tout au plus, disait-il pour amuser les discoureurs et les amis crédules.

Il me l'a dit à moi, chemin faisant, sur une route de la colonisation^ et j'en ferais bien serment.

Et pourtant, plus de la moitié du chiffre de notre population est déjà fixée, là baa v

exilée par les trop grands bienfaits de la.

politique tory qui voudrait, aujourd'hui chasser le reste, hors du pays, tout comme autrefois les malheureux Acadiens et les Métis français.

Nous les embarrassons trop !

Nous sommes un peu trop benêts !

De plus, Cartier a fini par abandonner l'égalité de la représentation, entre le Haut et le Bas Canada, notre sauvegarde nationale dans la chambre des Communes.

Il laissa, lâchement et trop longtemps, sept de ses collègues ministres, voter librement contre cette trop juste garantie de i\ob droits politiques et religieux, sacrifiant, à l'avance, l'autonomie du Bas- Canada-français. Il ne voulut pas, de longtemps, accorder aux catholiques du Haut Canada leurs écoles séparées pour plaire aux Tories mais les donna volontiers aux protestants du Bas.

Son règne fut donc pour nous celui de )a démolition ; et comme Ta dit alors un

écrivain du " National " " il enlève petit " à petit, pierre à pierre, le mur de fon- " dation de notre constitution, comme il " fait enlever, en ce moment, les vieilles " et solides murailles de notre Parlement • " pour en faire un marché. Aux loups, il " ouvre les portes de la Bergerie. "

Son troupeau trop fidèle le suivit donc, en bêlant un peu, mais l'holocauste était déjà choisie et livrée, librement. Le sacrifice du Bas-Canada était décidé !

Cartier avait su convertir le Parlement en une moutonnerie moins peureuse et plus facile à conduire au bûcher. Sa discipline de berger qui rit et qui vit toujours content et rassuré, devint la doctrine parlementaire que nous enseigne son école tory, pour mieux attraper et saigner nos plus tendres brebis, avant de les faire croquer.

Aujourd'hui, son ami Johny les fait égorger plus aisément par Chapleau pour amuser Caron et faire intriguer Lange vin.

Cartier, refusant toutes idées d'indépendance que l'Angleterre ne nous refusait, absolument point, préféra rester toujours colon, trop asservi, toujours exploité dans son extrême loyauté jamais assez britannique.

Je suis, dit-il, eq Chambre, un petit Bull-dog anglais. Il lui fallait absolument un titre quelconque^ venu de l'Angleterre, et mourir ensuite à Londres, de satisfaction.

On lui donna donc un collier et un nom anglais, pour satisfaire son ambition. Ses leçons et son succès ont gâté ses amis et toute sa génération.

Il fut la négation personnelle et vivante, la répudiation directe de la politique libérale et conservatrice de nos ancêtres qui ont voulu rester français, malgré tout.

On était fier, autrefois, d'être, tous> du parti libéral. Aujourd'hui c'est un péché.

On maudissait les quelques Tories Cana-

diens-français, encore plus que les anglais, nos tyrans, qui brûlèrent nos églises, notre Parlement. A St. Denis, à St. Charles, à St. Eustache, les Chéniers, De Lorimier et leurs braves, eurent, il est vrai, leurs Poulet-Thompson, Gugy, Globenski et leur St. Germain, tout comme, au lac aux Canards, et à Batoche, Riel et les siens Crozier, eurent leur Nolin, Royal,Midleton et Caron.

Nous avons eu aussi nos célèbres magistrats stipendiaires et nos quelques lâches espions, parmi les nôtres ; mais, tous, ont été maudits dams notre mémoire, jusque dans leurs petits fils.

Il en sera de même de nos traîtres, de nos pendards, d'aujourd'hui.

Nos bourreaux ont raison, disent-ils, et Riel est un vil assassin !

Qu'ils jouissent un instant du prix de leur trahison ! Leur infamie et leurs noms seront assez flétris dans l'histoire de l'avenir, encore plus qu'aujourd'hui.

Dans sa bouillante jeun esse, Sir George

fut, pourtant, F un des nôtres, un libéral accompli, mais devenu un peu trop ramolli, il a, depuis, fait volte-face, il s'est vanté d'être, avant tout, un tory, toujours content, toujours soumis ; il a rougi d'être un libéral! Il mena ainsi ses agneaux à la boucherie. Il voulut être berger, tory et meneur à tout prix et jusqu'à la tyrannie, en vertu de sa houlette.

Ne lui avions nous pas donné assez de preuves de notre amour pour la liberté et de notre haine pour l'oppression.

Papineau, Lafontaine et tous les députés canadiens-français, amis de la liberté, n'ont-ils pas donné à tous les peuples chrétiens le premier exemple de l'émancipation des Juifs, de leur admission à nos droits politiques ; tandis que les tories voulaient partout exclure les catholiques et ne veulent d'autre liberté que le monopole exclusif de toutes leurs ambitions, de leurs comptoirs et de leurs seigneurs impitoyables.

• Qui le sait mieux que les Irlandais catholiques, leurs martyrs, qu'ils ont persécutés pendant des siècles et dépouillé de leur propriétés, comme les Métis.

Ils les ont traqués partout, jusqu'en Canada ; et, dans Québec, ils voulureut emprisonner, avec les nôtres, les quelques braves, libéraux irlandais, comme les Teed, lesConnolly et les M. A. Hearn. parce que, ceux-ci refusaient d'épauler la carabine, pour nous écraser à notre tour.

Aujourd'hui, que vont dire, ces derniers, de la pendaison de l'un des leurs, Riel, ce noble défenseur de son pays, de ses pénates et de ses frères.

Nous le saurons bientôt, mes enfants.

Vont-ils encore se ranger, du côté du tyran et des pendards ?

Les rêves de Lord Sydenham ou de Lord Durham se sont trop vite réalisés.

" Donnez des charges et des titres, aux " premiers chefs des canadiens-français et,

vous aurez, plus facilement, toute la :

" nationalité, ont-ils dit, 'officiellement/'

Cartier est tombé dans la bureaucratie, la plus absolue et, a emboité, fièrement, le pas dans le piège ouvert, et nous a fait prendre avec lui, par une dégradation constante et poussée, jusqu'à la dérogation de nos droits ; c'est pour cela qu'il a reçu toutes ses décorations.

Ses lieutenants ne pensent plus aujourd'hui qu'à mesurer leurs galons sur les siens. Ils ne sauraient jamais en trop prendre pour assouvir leur ignoble et fatale ambition.

La mort de Kiel, va faire naître Sir À.

P. Caron ! Sir A. Chapleau !

Pour nous sauver, de toute " anglification," Cartier nous a laissé des amis, bien réjouis, et son si bienfaisant traité de la confédération.

Depuis longtemps, Cartier avait tresser la mèche de la mine qui va nous faire sauter.

Siootté et tes omis réussirent, un jour,, à la couper, en faisant, patriotiquement, de l'égalité représentative, en Parlement, une question d'existence ministérielle.

Notre nationalité, parut, respirer un instant et reprendre courage, soutenue, en cela, pAï Sanfield McDonald, ce dernier et fidèle enfant dans le Haut-Canada, de Lafontaine et de Baldwin.

Cartier, perfidement, finit par rallumer la mèohe qu'il avait depuis longtemps tricotée avec ses amis, nos ennemis, devenus, depuis, plus habilement confédérés.

Il fit manquer le retour au principe national de l'égalité. Il tendit la main à Brown et donna le baiser de Judas.

Une fois, cependant, disons-le, à sa.

louange il eût lé patriotisme de vouloir nous Sauver, en repoussant, sagement,., avec nous tous, l'union législative. Sans son énergie personnelle, son collègue John À., l'eût remportée, en Angleterre.

Il nous a, cette fois, du moins, sauvé

bravement. C'est de Cartier le plus beau et son plus grand acte de patriotisme national

Cette fois, il resta, français-canadien, avant tout, ne voulut pas suivre la politique tory et voulut se montrer, de nouveau libéral et conservateur.

Cela le sauvera, devant notre histoire, du crime de haute trahison et de bien des péchés. Honneur à lui, d'avoir, si noblement repoussé, cette fois, la perfidie si honteuse de son maître Johny, dont il devait plus se défier.

Malheureusement, pour nous, il a fini par céder, plus tard, à ses manœuvres plus déguisées, et nous avons, en fait, l'union législative et le plein régime tory qui nous régit, et qui marche vers une dissolution générale. Déjà la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick, l'Ile du Prince- Edouard, le Manitoba et jusqu'à la Colombie, menacent de s'en aller aux Etats- Unis.

Le temps, est ainsi arrivé, de nou& égorger, sans merci, pour nous récompenser de notre plus grande fidélité.

Nous arrivons, tout doucement, à la confédération impériale.

Mieux vaudrait, pour nous, en ce cas, l'annexion aux Etats-Unis, que nous ne pourrons toujours, éviter, après tout ; et probablement, qu'après que nous aurons versé, de nouveau, de notre sang, le plus chaud, celui de nos meilleurs soldats, pour l'Angleterre, inutilement, et qui nous vendra peut-être, comme la Louisiane, par la France. En attendant, Ton nous pille, nous insulte, et Ton pend encore des nôtres.

L'Amérique, cette terre nouvelle du progrès industriel ne saurait devenir le dernier berceau des monarchies héréditaires, des monopoles et des privilèges nobilaires et des tyrans.

L'Amérique, ce pays, de la civilisation moderne, est ouverte auxï^\ft&\^^ % *sœ-

gouvernements fondés sur la volonté générale, le libre arbitre de la nation et sur le suffrage universel.

Les rois s'en vont, dit-on, mais ils ne sauraient jamais trouver de refuge sur ce continent, trop vigoureux, qui secoue partout, les langes monarchiques.

Les tories anglais, échoueront ici, comme les français au Mexique. Les rêves de Cartier, ne se réaliseront point, tout entiers, malgré notre extrême loyauté !

Telle est notre manifeste destinée.

L'Annexion fédérale de nos voisins, assurerait une plus juste représentation au congrès et une plus grande indépendance dans l'état, en vertu des droits accordés par la constitution des Etats- Unis.

En attendant, ce résultat inévitable,

Cartier a voulu, de suite, faire de Mani-

toba, une seconde Irlande opprimée, avec

6es embarras, sa tenure féodale, ses Lords

propriétaires, ses tribuuwx, «& y&sfe,**

politique tory, et il imposa son gouvernement tyrannique, malgré la volonté générale de son peuple opprimé.

11 n'a pas pendu Riel, mais il l'exila, laissant les siens expropriés et presque mourant de faim.

Cette fois, l'eût-il, aussi cruellement exécuté ? Non ! il eût été plus juste, plus humain et j'aime à le croire. Il n'était pas aussi sanguinaire, mais sa mauvaise politique n'a pas moins produit ses fruits amers, les exactions, le carnage et les pendaisons, de ces derniers jours.

Les tories, ses amis si chéris, ont déjà passé, en Chambre, une loi pour exclure la langue française, dans les débats, à Manitoba, en espérant qu'ils pourront bientôt en faire autant dans notre Parlement fédéral. Ils réussissent déjà plus qu'à demi.

Disons-le, ce fût bien Sir John A.

McDonald qui, sur la deuittCkà& ^x^^^^

d'un député, trop justement inquiet, fût celui qui voufût bien s'engager, devant la Chambre et devant le pays, de maintenir, officiellement obligatoire, la langue française, en vertu de notre constitution fédérale.

Cartier ne voulût donner que sa parole d'honneur ! Où, en serions-nous, aujourd'hui, si nous n'avions que cette garantie verbale, tant de fois donnée, mais tant de fois retirée.

Notre politique nationale, à donc cessé, depuis Lafon taine, et tend à s'effacer. Nous en voyons les résultats.

Heureusement qu'elle parait, vouloir, se relever aujourd'hui. Les dernières vibrations de la corde, qui a pendu, ce pauvre lliel, sont venues nous redonner, le ton, presque perdu, du diapason de notre nationalité.

Elle est venue vibrer au vent d'une

liberté que le monde entier, voulait bien nous donner, mais que, nos tyrans tories ne veulent pas nous accorder.

Sur ce ton funèbre, trois ministre français, ont voulu chanter un libéra joyeux, sur le corps du chef Métis et, briser ainsi le cœur de toute une nationalité.

Avant tout, voyez- vous, Chapleau veut être Siré, tout comme ses deux complices, déjà trop marqués. Mais, automates de cire, modelés à l'anglaise, vous allez pourtant fondre, tous trois, au soleil de la justice et au jour de la rétribution.

Statuettes politiques, fétiches, quelque temps adorées, vous allez être purifiées par le feu, dans la grande fournaise allumée par l'exécration de tout un peuple en courroux.

Attendez les élections !

Déjà, tous les trois, vous êtes conspués, vous et vos complices et jusque dans les pays étrangers.

Le Bas-Canada, aujourd'hui tant affligé,

pleure ses deux beaux Àdolphes, mai», bientôt pour nous consoler, ils seront marqués au front et faits, peut-être, tous deux, chevaliers ou barons anglais, pour porter leur honte de français pervertis et maudits.

Qui des deux, sera le mieux apprécié ?

Sera-ce le cadet ou bien plutôt Tainé ?

Déjà, la mort de Riel, les a fort également illustrés.

Ils attendent, tous trois, leur monument funèbre et leur récompense nationale.

Ils l'auront !

Siré que tard, (Sir Hector) des trois, le plus gros chefre, toujours assis, entre le zist et le zeste, guettant le vent et le courant, pour se soumettre, sans se démettre, entrainant ses parents, ses gendres ; ce froid mathématicien, prédestiné au chiffre 32, accompagné de tous ses coefficients, et calculant toujours entre la glace fondante et l'eau ; il a, celui là, mérité

depuis longtemps, sur son monument funéraire, ses insignes et ses décorations.

Son thermomètre et ses lorgnons, Tous ses grelots, tous ses pompons, Son ticket et son numéro !

Nihil ! pro bono publico !

Lange vin, s' étant fait élire maire de Québec, par les votes des quelques marmitons du Séminaire et de ses frères, pensa devoir, plus tard, se proclamer, lui-même, et tout le premier, légalement, député de Québec, élu unanimement ; et ce, malgré les protestations, venues publiquement, de toutes parts et par un écrit officiel.

Il n'eut pas besoin, de faire, •entendre la voix rauque, de son fidèle confrère, le commode officier rapporteur, Hébert, qui devint tout-à-coup, aveugle, sourd et muet, «n même temps.

Celui-ci, put gagner, par son silence et par son complaisant serment, sa place, son titre d'honneur, avec celui de son maitre,

et inscrire ainsi leurs noms, le même jour, à la même heure, dans la même page de notre histoire. Le peuple s'en souviendra et le dira longtemps, dans ses foyers.

Plus tard, repoussé, dans Québec, chassé de Dorchester, refusé de Rimouski et battu, par le brave et l'honnête Tremblay, à Charlevôix, enfin, répudié de tous les siens, Sir Hector, se réfugia, à Trois-Rivières, ramassé par Johny. Cette fois, Lange vin, la Force du parti, mais qui sait encore mieux, " faire le mort," que son chef Johny fait ses maladies, fut cette fois moins arrogant et plus pliant. Se souvenant de son gros casque, trouvé sur le chemin du Nord, 4onné et fait par Baby, aux fins de l'amener, en Angleterre, et de le ramener ici, pour amuser, avec lui, les électeurs de Québec, au profit des entrepreneurs insatiables du Grand Tronc et de Cartier, leur premier ministre et leur agent doublement payé, Langevin, ne voulut pas laiseer le député McDougall, s'en aller, la tête > nue.

U lui promit et lui donna, aussi, un casque, un bonnet de juge, qu'il acheta de ses électeur».

Ce petit chapelier politique est, aujourd'hui devenu le plus grand de nos coiffeurs, à la mode tory. Quel ministre populaire et chéri des électeurs, et quel libéral fournisseur ?

C'est bien là, le vrai chef des honnêtes gens, et des pendards, indépendants élèves de Cartier.

Il est aussi, le seul et le vrai représentant, nous dit-on, de Lafontaine et de Baldwin, si non de Pa pineau.

Il manufacture les gouvernements et les premiers ministres, avec les conseillers législatifs et a sauvé, de plus, le pays de l'inexorable Letellier, qui ne voulût pas sanctionner la fameuse loi-Angers, qui faisait main basse, sur les tribunaux régu- - liers, sur la loi fondamentale et la foi essentielle du contrat et sur le droit sacré de la proprlétée.

Le Marquis de Lorne, Johny^ lui-même, et en Angleterre, aussi, Ton voulut bien sauver les prérogatives de la Couronne, mais, Langevin et les siens préférèrent Robitaille, Mousseau, Ross, Sénécal et Chapleau et toute la maison .bleue, avec le cordon bleu, d'Ottawa.

Làfontaine, en eût fait autant, dit-on.

Sont-ils, sérieux, vraiment, ces homme* responsables à la façon des coupeurs dé gorges ?

Pour mieux, prouver, leur indépendance, ils ont depuis, pendu Riel, en riant au nez des électeurs.

Langevin, ministres des travaux publics, scût toujours accepter, avec beaucoup de bonheur et d'honneur, des plus rusés entrepreneurs, et, cela, publiquement, leurs épingles magnifiques, pour mieux piquet les contrats, et y attacher les extras !

À Paris, cependant, Teste, ministre, aussi, fut envoyé aux galères, pour avoir,

permis, à sa femme, d'accepter un tout petit rubis.

Quels drôles de pays et pourtant si maudit!

BélKnap, fut banni par Grant, pour le même délit, aux Etats-Unis. *

On voulait mettre, l'honneur à l'abri, et faire triompher la modestie, la pudeur, sauver le caractère des hommes publics, celui des ministres et celui des administrateurs honnêtes. On fit un exemple ;

Ici* on en rit ! Langçvin reçoit ses épingles et Johny aussi, en se frottant les mains, de contentement. Bien des honnêtes gens, sans compter notre Corporation, profitent de leurs leçons.

Oh ! nous avons un èacré pays !

©a a nos Whites, nos McCarthys, no»

Mfe&rteYys, nos Baby s, et le pire partito«y, du monde, peut-être.

Aux Et.ats-Unis, en Angleterre, quand

les coupables sont prison les punit; aussi, ils n'y retournent plus.

Ici, la majorité parlementaire, les licencie et leur donne des prix !

Si je mens, mes enfants, punissez moi, aussi.

Les sauvages et les métis», du Nord- Ouest, ces perspicaces infidèles et malheureux compagnons de Riel, avaient bien pressenti, mieux que nous, le patriotisme, la religion et la colonisation, à la Valin, de Langevin, chevalier anglais, compagnons de St. Grégoire et enfin, compère des orangistes, en même temps.

Les pauvres sauvages, mais, ce n'est pas leur faute, ont été chassés ou pendus, en retour de leurs prières et de leur neuvaine, faite à l'apôtre de Pembina, puis, Langevin, a été canonisé dans son nouveau canton avec les siens. Caron, a dansé de joie, autour de l'échafaud des suppliants. et, Chapleau, les a pendus.

Heureusement, qu'une voix tombée du ciel est venue nous consoler un peu et nous réveiller.

L'Archevêque Taché a voulu nous défendre et confesser publiquement la lâcheté de nos trois ministres si pleins de cruauté.

Là mort de Riel a jeté un grand cri de ralliement ; nous l'avons entendu, et nous saurons repousser encore toute politique barbare et sans justice, qui ne veut que dès titres ou des cordons dorés.

Hélas ! que le père Provençal eût beaucoup pleuré.

Tout le sacrifice n'est pas encore consommé, et l'école de Cartier, n'est pas fermée.

Au banquet de la confédération, ce festin de Balthasar, nous n'étions d'abord que deux convives d'invités. Nous sommes, aujourd'hui déjà sept, enatteii&m^À^WL-

tième ; et, déjà, les mauvais serviteurs ont enlevé ou dérobé tous les plats. On a voulut nous étouffer, nous fermer la bouche ; on nous a lié les bras, mais on a pu nous arracher encore, ni le cœur, ni la foi.

Pour nous servir et nous conserver le»

restes, Cartier, le chef de Ja cuisine anglaise, nous a laissé que soixante-cinq serviteurs, paralysés dans nos chambres législatives, sans jamais pouvoir augmenter le nombre de nos représentants, et les survenants augmentent, toujours.

Sur ce chiffre insuffisant, treize (nombre fatal) ont les menottes anglaises, dans les treize comtés anglais, formés par lui, dans le Bas-Canada, cet enfant, venu de la France, qu'il a trop serré dans ses langes et aujourd'hui livré aux caprices de parrains cruels, qui n'ont pas voulu même lui donner, au baptême, un nom français, et l'appellent, leur cher Dominion.

Ils voulurent l'étouffer dans son berceau.

Cartier, voyez- vous, avait déjà livré son cœur à Londres, où il désirait mourir, a-t-il dit. '

Ses vœux ont été accomplis. Il nous a laissé, cependant, son corps en partage pour le faire promenader avant de le faire

: enterrer. ; Sa famille éplorée, a préféré, néanmoins, rester à Paris pour toujours,

•et porter son long deuil, à l'étranger.

Paix à ses ossements, mais j ustice à ses œuvres ! que l'histoire et le peuple, ont droit de juger, maintenant, au nrofit de la postérité.

On a droit de lire, aujourd'hui, son testament politique.

Dans ce/testament, notre chef de famille, a trop livré les siens aux caprices d'une protectrice étrangère qui ne fut pas toujours pour nous, une marâtre impitoyable ; mais, le père Provençal, ce bon père canadien, ce bon cocher du peuple, eût préféré toujours la France à l'Angleterre, comme

gardienne de ses enfants.

Manitoba, ce second Bas-Canada français, ce bon frère, tant promis, il le livra, bien à plaisir, à un premier gouverneur anglais qui fut repoussé, de suite, par l'imdignation générale. Cartier en choisit toujours de cette nationalité. Il eût, probablement évité la révolution ; mais, il voulût, toujours, rester, tory et tyran.

Choix, bien étrange disons le, pour un successeur, tant vanté de Lafontaine, et de son gouvernement national et responsable. Ce fut McKenzie, le chef libéral, qui, le premier du moins, et le seul jusqu'ici, pensa choisir un Lt.-Gouverneur, canadien français, pour gouverner, à sa demande, ce peuple nouveau et si docile autrefois, et frère des canadiens-français.

On veut en faire une Irlande opprimée !

Hélas, notre royaume n'est pas encore assez divisé et le règne de nos adversaires,

assez assuré. Nos ennemis sont encore à l'œuvre, à l'œuvre de notre démolition.

Attendons la . fin du festin et la joie, la plus grande, de tous les convives surve , nus. Quand, les dîneurs, seront repus ou retirés^ le peuple, procédera, sans appel, à son jugement dernier. Déjà, on a changé les services et brisé bien des plats, en fesant volte face à la politique de nos pèrps. Attendons la main de Dieu, qui devra écrire, bientôt, sur la muraille de Balthasar : Manê, thecel, phares !

Je suis anglais, avant tout, a crié, constamment, Cartier, parlant un peu trop mal le français, et je serais fier de mourir; à Londres, en Anglais ! ■

Soyons d'abord français ! nous ont toujours et au contraire, répété, nos ancêtres.

S'il faut rester, loyalement anglais, mourons, en Canada, comme des français ; et moi, mes enfants, je vous dis, tout bonnement, comme le père Provençal et ses bons amis : soyons de borna cra^^

anglais, c'est assez ; mais, être, sujets plus loyaux que les anglais, ce n'est pas toujours très rassurant ; restons plutôt, français, quand même !

Ecoutez, moi bien, il faut tenir à la politique, de nos aieux. Notre histoire du passé, nous l'a déjà dit, et nous le dira, toujours ; notre histoire nationale et contemporaine, suspendue depuis la mort de notre patriotique et immortel historien, Garnéau, nous le dira, plus tard, aussi.

Le peuple canadien-français, attend avec anxiété, son digne successeur, un brave et intrépide historien, défenseur de sa nationalité, pour enregistrer son jugement impartial et sa loyauté, bien entendue.

Les petits chercheurs de place, les courtisans soudoyés, n'ont pu écrire encore que de fausses louanges, de basses flatteries, en faveur de quelques chefs qui les ont bien casés. Toutes ces intrigues passeront, et l'histoire décrira.

En attendant, son livre d'enregistré-

ment, le peuple conservera, dftns son souvenir, les récits du foyer qu'il, transmettra à ses descendants, en gardant, fidèlement dans sa mémoire traditionnelle, les grands faits historiques de notre époque.

Il attend, son rapporteur officiel, son historien, parlementaire, indépendant et non courtisan ou acheté. Ne fût-ce qu'un adversaire, aussi loyal, que Christie.

Qui va reprendre noire œuvre, purement nationale, et la continuer, sans fléchir ?

Il nous faudrait un Garrieau ou un Suite indépendant. Sir Georges, aura donc, son tour, devant le jugement, plus général, de sa nation, son monument' réel.

Pauvre cocher de nuit,, bien vieux et bien fatigué, j'ai eu bien de la peine, à raconter un peu, et aussi fidèlement, l'histoire de nos deux cochers et de Vous

parler, en passant, de certains oiseaux, choyés des grands.

J'ai voulu risquer mon dernier œil, aux

flèches empoisonnées de la critique ou de la malice, la mieux payée, aux fins de cacher la vérité, aux pauvres enfants du peuple.

J'ai pensé, vous raconter, en riant, quelques faits assez sérieux, du passé, en vous parlant de deux cochers. Aux historiens des nobles, aux ornithologistes, plus savants, le soin d'illustrer les plus gros oiseaux et la gloire t des châteaux, à " M.

Lemoine aux oiseaux." !

Que d'oisçaux de proie, partout, vivant joyeux du carnage, dans le vaste domaine du Canada, qui attendent des empailleurs complaisants ! Que de vautours et de cormorans affamés, sur ses grèves délaissées !

Que d'oiseaux grimpeurs ou rongeurs, (Pique-Bois ou Récollets) qui vivent de l'écorce et du bois, de ses forêts exploitées, jusqu'aux dernières limites ?

• Que d'oiseaux moqueurs et de merles, encagés, qui ouvrent le bec tout grand, en* dedans des bureaux, pour avaler les gros morceaux, et les graines de la cour, qu'on leur donne, pour les faire chanter fort, sur tous les bancs.

Que de perroquets, hûchés, que de singes enchainés, qui ne savent que répéter le nom, ou copier les gestes, de leur maître, au grand ennui des serviteurs, qui leur distribuent les restes de la cuisine ou des biscuits sucrés.

Que de geais revêtus des plumes du paon et qui se pavanent, dans les basses cours des ministres et de leurs courtisans* et crient, en regardant leurs vilaine»

pattes, et leurs plumes si cotonnées ?

Dans le champ, si charmant, de la politique, parmi les oiseaux bleus, parmi le& oiseaux blancs, et parmi, les oiseaux rouges, aussi que de tritris méchants, que dte goghi8, de sifflevx de pissous, gourmands, ou de mangeurs de maringouins ,(petits oiseaux

•canadiens) que les enfants du peuple, aperçoivent de loin, et distinguent, d'euxmêmes, à leurs chants criards, et les désignent, ainsi, dans leur language enfantin.

Laissons, néanmoins, tous ces derniers chanter, librement.

Ils ne sont pas, ceux-là, les plus carnassiers ; mais, défions nous des plus gros, et de nos Corbeaux canadiens, grands mangeurs de fromage, mais plus fins que ceux de la fable des anciens.

Le peuple bénira, toujours assez, sçs hirondelles fidèles, ses pures et blanches colombes et ses moineaux bienfaisants et si aimés.

Il s'en va minuit ! La soirée est finie,

notre journée de fête est passée et la

belle-catherine est décoiffée. J'ai voulu

jeter quelques bonnets, pardessus les

moulins.

Je termine donc, ici, mon fantasque récit, sur la vie des " deux cochers de Québec " dont, j'ai pensé vous tracer un petit peu, l'histoire, en relatant quelques uns de leurs principaux exploits.

Voulant, vous instruire un peu, il m'a fallu vous conter, tout dp même, de bien tristes vérités. Je crois avoir réussi, assez bien, (je l'espère du moins,) à vous donner une petite leçon politique, puis, vous faire, avaler, à la fin, une pilule, assez, amère en l'ayant recouverte, petit à petit, d'un vernis de fantaisie. Elle ne peut> cependant, que faire du bien à votre santé et à la constitution.

Ceux de vous qui avez, eu, le plus de peine, à l'avaler et qui, ferez encore quelques grimaces de plus, en y pensant, sont, précisément, ceux qui ont le plus besoin d*être purgés, à mon avis.

Mon dernier pâté aux petits oiseaux de neige, me parait-être, après tout, assez bien digéré.

Ce ne sont plus, que les plus gros •oiseaux, qui pourraient vous étouffer- La ressemblance, de mes deux cochers, est aussi vraie, l'une que l'autre ; maintenant, mes enfants, choisissez la meilleure ; la calèche canadienne, ou le carosse à sept roues ; le premier cocher du peuple et des petits, ou celui des grands et des tyrans ; l'humble et pauvre vieux canadien, Provençal, ou, le plus grand, mais, le plus anglais, Sir Georges.

Que chacun ait, maintenant, son monument national.

" Suum cuique " /

Il est minuit, sonné, il faut aller se toucher ! Je me tais donc, en vous bénissant.

Prions Dieu, tous ensemble, de nous sauver des dangers et de nous prêter

longue vie. Vaut mieux rester de ce* côté-ci de Y Achéron, plutôt que de descendre, dans les enfers, et de naviguer, dan»

la barque à Caron. Ne nous risquons pas trop, non plus, ici, sur la terre, dans le carosse à sept roues de la confédération, avec un imprudent postillon.

Pour vous, mes enfants, écoutez bien le dernier conseil, que le bon cocher, notre patron, nous a donné, en mourant ; il faudra le graver sur son motiument ; car c'est bien là, l'écho fidèle de la voix du peuple, qui nous le redit, encore, en ce jour de chasse impitoyable, et qui se répète dans nos foyers rustiques et dans toutes nos boutiques.

" Aimons, bien le* moineaux," " Des petit p, la nobles e ! " " Moi, je hais, la ba^esse, " " Des plut* grands, les corbeaux !

Chantons donc, avec entrain, en nos vers, jamais trop masculins, notre patriô-

tique et dernier refrain, en réponse à l'appel du bon cocher canadien, celui du grand-père Provençal.

(Air : Souvenir du jeune ôgt )

" Oui, c'est le cri du cœur," " De la mère à l'enfant ; " " C'est le chant de l'honneur,'* " D'un bon père, en mouraut.' :

MONTBE-CElL.

Cocher de nuit

Page 1