‹ Les deux coupables comedievaudeville en un acteChapitre 12 sur 20 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

DE BRIÉRE, LÉONCE.

LÉONCE , en habit de aille , retroisoant ses pistolets sur le fauteuil où il les avait posés en entrant. Ah ! les voilà... Vous etc* encore là ! ça se trouve à merveille !..

DE briére. Oui... est-il heureux d’étre en redingote ! il pourra soutenir qu’il s’est couché, lui !..

LÉONCE. Mon ami... faites-moi le plaisir de me garder et de cacher dans votre cabinet ces pistolets; si ma mère les voyait dans ma chambre !..

DE RR1ËRE. Je comprends !..

LÉONCE. Vous consentez?

DE briére. De grand coeur !

LÉONCE. Ali ! merci, mon ami!., mon excellent ami !

DE Briére, à part. Commençons!...

( Haut.) Tenez! ne me parlez pas comme vous venez de le faire! cela me fait mal!..

LÉONCE. Que voulez-vous dire ?

DE briére. Je vousai trompé !.. trompé indignement ! car vous êtes un bon petit jeune homme, et vous méritez bien ...

LÉONCE. Quoi donc ?. '

DE bmère. Le bonheur qui vous arrive... et tenez! vrai !.. je ne vous en veux plus de la mystification dont j’ai été cette nuit le principal objet !

LÉONCE. Vous?..

Dfe nniÈRE. Moi-mcine!.. c’est la première fois que pareille chose... enfin, je vous ai dit tout-à-l’hcure qu’au bal j’avais retrouvé...

Léonce. Une de vos anciennes passions, tendre, aimante comme autrefois ! et vous avez oublié près d’elle l’heure et votre femme...

de brière. Eli bien ! mon ami , je mentais effrontément... pas un mot de tout cela n’était vrai... M“' Sirvanes...

Léonce. M— Sirvanes !

DB brière. Oui, M" e Sirvanes...

Léonce. Comment ! c’est elle... qui vous a emmené dans sa voiture?,.

DE brière. Pour me parler d’un autre !

Léonce. D’un autre!..

de BniÈRfi. De M. Léonce de Valembert !

Léonce. Deinoi!..

DE BRiÈnE. Qu’elle avait déjà plusieurs fois rencontré dans le monde, qu’elle trouvait très-bien, et qu’elle serait heureuse de recommander à son beau-frère, chef de divison au ministère de la marine.

LÉONCE. Elle a dit cela ?...

de brière. Les convenances ne lui permettaient pas d’en dire davantage !.. si en la quittant je vous avais rencontré , mon cher ami , je vous aurais tué sur la place!

( V oyant Léonce froid et immobile .) Eh bien ! vous ne sautez pas de joie ?

LÉONCE. Si fait... si fait... je suis heureux.. . bien heureux de ce que vous m’apprenez. . . mais d’après vos conseils de toutà-l’heure...

DE brière. Eh bien?..

LÉONCE. Eh bien ! j’avais reporté toutes mes idées sur l’autre !

de brière. Comment?

LÉONCE. C’est qu’ainsi que vous me le disiez vous-même, une femme mariée...

c’est plus drôle, et plus honorable !

DB brière , à part. Le petit scélérat !

LÉONCE , à part. Pourtant ce serait affreux... ce pauvre Brière !..

de brière. Mais, mon cher ami, pensez-y ! cette dame ne vous aime pas peutêtre !

LÉONCE. Je le crains !

DE brière, à part. Et moi, je Pespère...

( haut) au lieu que M" Sirvanes rafTolle de vous... et puis, une veuve, mon ami, une veuve, c’est charmant !

Léonce, Mais tout-à-l’heure vous me disiez...

DE brière. Pardieu ! tout-à-l’heure j’étais furieux, je vous détestais... je vous trompais... mais à présent je vous dis la vérité...

LÉONCE. Ah ! si j’en étais bien sur!..

de brière. Vous lanceriez la déclaration? c’est ce qu’il fallait faire hier, au bal!..

LÉONCE. J’en avais bien envie, mais....

je vais vous dire... c’est que je balançais

encore entre elle et...

de brière. Oh ! mais vous ne balances

plus, n’est-ce pas ?

Léonce. Puis, dans une salle de bal , sous le feu croisé de tous ces regards, qui épient chaque pensée, devinent chaque parole , je suis timide comme une jeune fille... enfin je suis... un peu...

de brière. Un peu... niais !.. cela rend parfaitement votre idée...

Léonce. Tandis que si j’obtiens un têteà-tête, oh ! alors je ne suis plus le meme; les regards de la femme que j’aime m’électrisent, ma tête se monte ; mon cœur bondit dans ma poitrine!., alors, je suis éloquent, persuasif... Tenez, si M“* de Sirvanes consentait seulement à ine recevoir dans sa voiture, comme vous y étiez cette nuit... oh ! alors...

de BntÈRE. Oh ! en voiture vous seriez entreprenant ?

LÉONCE. D’une témérité qui m'effraie d’avance moi-mème !

DE brière, U part. C’est pour ça que le petit serpent avait demandé à ma femme...

{A Léonce) Eh bien! mon aini, écrivez à M"" Sirvanes... c’est aujourd’hui la fête d’Auteuil , je sais qu’elle a l’intention d’y paraître... demandez-tui la permission de l'accompagner... sous le prétexte de lui parler de votre avancement... vous comprenez?..

Léonce. Parfaitement !

DE ruière. Eh bien ! vous avez compris et vous êtes encore là ?.. à votre âge, j’aurais été déjà à la porte de son hôtel.

LÉONCE, allant n la table à droite. Je vais écrire, j’aime mieux ça !.. (U écrit.) Je ferai porter la lettre par Michel.

de brière. Portez-la vous-même: c’est moins aristocrate, mais plus amoureux.

Al* de Chut! (Marion Carmélite.)

Ponr dompter le cœur rie la belle ,

Jurez d'adorer rrt appas !

Jurez une ardeur éternelle ,

Un amour comme on n’en voit par.

le magasin

LtOftCB.

Je pni« m'en vanter, il me scmlilc ,

En fait d'amour, sans hésiter :

Poar elle j’en mets deux ensemble ,

Ça n'en fuit qu'un qui doit compter.

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