‹ Les deux écoles; comédie en quatre actesChapitre 14 sur 165 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

M™^ JOULIN

Ton mari t'est devenu indifférent ?

HENRIETTE

Tout à fait. Je ne le prends plus au sérieux, et quand on se met à ne plus prendre un hommeau sérieux, c'esteffrayant. .. D'abord, c'est bien simple, je commence à croire qu'il n'existe pas, mon mari... Je t'assure, ce n'est pas un homme, c'est un fantôme... 11 va, il vient, il remue, il parle, mais tout ça au hasard, sans réfléchir, sans penser... Il n'aura jamais de remords, quoi qu'il fasse... Je suis même convaincue qu'il n'a jamais eu une émotion de sa vie... Pourquoi m'at-il épousée ? je me le demande. 11 est allé au mariage comme à un rendez-vous. . . pimpant, joyeux, tranquille. Le domicile conjugal a été pour lui une garçonnière,

JOULIN

Tais-toi donc ! 11 est charmant, ton mari !

HENRIETTE

Toi, tu le trouves charmant, parce que vous faites des armes et que vous soupez enseml^le. . . Mais, d'ailleurs, il est charmant, je ne dis pas le contraire... Il est gai, il se porte bien... Il boit du Champagne tant qu'on veut... C/est très agréable de souper avec lui ; mais il ny a pas besoin d'être mariés pourça. Aussi, j'en ai assez. Il épousera qui il voudra, mais moi, c'est fini... Tu comprends que je ne me suis pas décidée en un clin d'œil... J'ai réiléchi... j'ai hésité... Je suis allée jusqu'à la dernière limite des concessions. . . Pour avoir bien ma conscience pour moi, j'ai résolu d'attendre une certitude, une certitude absolue, cette foisci, qu'il me tronquait... un fait qu'il ne pourrait pas nier. Maintenant, je l'ai, et nous divoi'cerons coûte tpie coûte 11 a (]é|)assé les boi'iies, à la (in des fins 1

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