‹ Les deux écoles; comédie en quatre actesChapitre 152 sur 165 · ACTE OUATRIÉME 3i · texte numérisé non relu

ACTE OUATRIÉME 3i

ESTELLE

Nous allons nous séparer; c'est convenu depuis hier. Nous ne nous entendons pas, nous avons des caractères trop différents... Si Edouard m'aimait encore, je ne l'aurais peut-être pas quitté, pour ne pas lui faire de la peine: on est si bête!... Mais comme il ne m'aime plus et que moi je ne l'ai jamais aimé, vous comprenez, ça va tout seul. Edouard m'a offert de l'argent ; c'est une justice à lui rendre, il est très généreux. J'ai pris juste ce qu'il faut pour avoir le temps de réfléchir, de me décider. Et c'est justement à ce propos-là que je me suis permise de venir vous le demander, le conseil en question.

LE HAUTOIS

Votre situation m'intéresse beaucoup, chère Madame... oui... elle m'intéresse vivement; mais je vous assure que je suis

3i', LES DEUX ÉCOLES

assez embarrassé... Je n'ai pas riiabiliulc de ce genre de consullation... D'autant plus quejene suis pas au courant de votre existence.

ESTELLE

Oh ! mon existence... En deux mots je vous la dirai, si vous voulez. J'aiété mariée avec un relieur (|ui m'a quittée j)Our la caissière d'un petit café près de chez nous . . . Mon mari s'appelait Boivin, Jules Boivin ; moi, je m'appelle Estelle. Quelque temps après, j'aiv rencontré M. Maubrun, je me suis mise avec lui. J'oublie de vous dire que dans l'intervalle j'avais divorcé. J'ai donc eu en tout, un mari et un amant ; ce n'est pas énorme. Aujourd'hui, par exem[)le, je n(^ sais plus où je vais. Je crois bien, sans me vanter, qu'il ne tiendrait qu'à moid'èlre unefemmechic. de me lancer; j'ai sonyé aussi à picndre un «'"liiL honorable el à travailler. Je ne suis pas

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