‹ Les deux écoles; comédie en quatre actesChapitre 17 sur 165 · ACTE PIIEMIER · texte numérisé non relu

ACTE PIIEMIER

un peu plus rares et un peu plus intéressants que le tien.

HENRIETTE

Ah! vraiment, tu trouves que mon cas n'est pas intéressant î

A peine. Ton mari te trompe; tu Tas guetté, tu as fini par le surprendre. Eh bien, d'abord permets-moi de te dire que tu as eu tort. Tu as eu tort. La femme, la vraie femme, telle du moins que je la comprends, ne doit jamais chercher à savoir si elle est trompée. Nous sommes trop supérieures en général à nos maris, pour nous préoccuper de ces détails. Et les hommes ne méritent même pas que nous attachions tant d'importance à leurs fautes. Qu'ils nous trompent, si ça leur fait plaisir! Quant à nous, nous devons rester non seulement dans le

doute, mais dans une dédaigneuse ignorance...

.TOULIN

Ta mère a raison...

HENRIETTE

Ah! par exemple... Mais il n'y a pas de femme comme toi, il n'y a que toi...

m"'" .ioulin

C'est fâcheux. Mais il faudra renoncer au mariage ou bien en arriver là. Et tant qu'un homme ne nous trahit pas d'une façon grossière et désobligeante, tant qu'il ne nous ruine pas avec des drôlesses et qu'il ne passe pas ses nuits dehors, nous n'avons rien à lui reprocher; c'est tout ce qu'on peut demander à un monsieur. En dehors de ce ])iincipc, on ne sait plus où l'on va. On est dans l'aventure, dans les ténèbres, dans le gâchis. Le divorce, c'est le gâchis.

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