‹ Les deux écoles; comédie en quatre actesChapitre 16 sur 165 · ACTE PREMIER 3i · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER 3i

HENRIETTE

Vis-à-vis le 5i bis, il y aiinfamily-hôtel, tenu par une vieille dame anglaise . Je me suis informée s'il restait des appartements à louer, donnant sur la rue. Il en restait un au premier. La vieille dame anglaise ne voulait pas louer d'alDord à une femme seule. Je lui ai démontré que j'étais veuve... Je lui ai juré que je ne recevrais jamais aucun monsieur... Bref, j'ai eu l'appartement. Je suis allée l'occuper cet aprèsmidi, tout de suite après déjeuner, un peu avant qu'Edouard ne sortît. Je me suis mise à la fenêtre en me dissimulant derrière les rideaux, et j'ai attendu. Ça n'a pas été long. Edouard est arrivé paisiblement à pied, en fumant un cigare, ne prenant aucune précaution, ne regardant même pas s'il était suivi, comme s'il allait au club. Elle est arrivée quelques instants après lui, en voiture. Je l'ai bien reconnue, il n'y a pas

d'erreur possible. Alors, je suis partie à mon tour, ma résolution prise et bien prise, et je vous ai laissé un petit mot, vous priant de passer ici. Voilà !

JOULIN, ù sa femme.

Quelle est ton opinion, chérie?

Oui?..,

HENRIETTE

m""^ .IOULIN

Ma chère enfant, je vais être franche. Je t'avoue donc tout bonnement que le divorce me parait une institution contre nature. Il me faitTefTet d'une opération chirurgicale. Or, je veux bien du bistouri, mais à condition qu'il me soit bien démontré que c'est une question de vie ou de mort. En attendant, j'aime mieux mon bobo. Non, non ! Pas ti'op de chirurgiens et pas trop d'avoués. Gardons le divorce pour des cas

Page 1