ACTE PREMIER
autant, mais le chiffre n'y fait rien. Eh bien ! l'harmonie de son ménage n'en a pas été troublée une minute. Il a traversé toute la vie sans remords et sans accident, et aujourd'hui, arrivé à un âge relativement avancé, il peut se dire: '< J'ai fait des bêtises, c'est vrai; mais je n'ai pas détruit mon ménage, j'ai rendu ma femme heiu-euseet j'ai été moi-même très heureux. » Et pourquoi, d'ailleurs, ne pas vous le nommer?Get ami, c'est moi ! c'est moi !
EDOUARD
J'avais bien deviné. Et c'est fini?
JOULIN
Qu'est-ce qui est fini ?
Vos bêtises...
JOULIN
A peu près.
Ah! ah !
EDOUARD
JOULIN
A ce propos même, pendant que j'y pense, j'ai un petit service à vous demander. Je vous l'aurais demandé plus tôt si nous n'avions pas eu cette discussion. \ous êtes toujours avocat, quoique vous ne plaidiez jamais ?
EDOUARD
Oui... je suis avocat...
JOULLN
Ça va bien... Voici de quoi il s'agit: je connais une petite femme qui a été abandonnée par son mai'i...
EDOUARD
Bon ! bon !
Oh ! il n'a pas de mystère. C'est la femme de mon relieur... Je l'ai rencontrée l'autre jour, rue du Faubourg-Poissonnière... elle m'a raconté ses malheurs, elle veut divorcer... Je lui ai promis de la mettre en rapport avec quelqu\m qui lui indiquerait la marche à suivre.
EDOUARD
Je lui dirai ce qu'il faudra, soyez tranquille.
JOULIN
N'allez pas croire dçs choses... C'est une petite femme gentille comme tout, qui m'inspire une grande sympathie... Figurezvous que son mari l'a laissée sans le sou î . . .
EDOUARD
Oh! Oh!
.lOULIN
Je ne sais pas ce qu'elle serait devenue si... r/esl navranl. Avant de partir pour la campagne, je voudrais bien être rassuré sur son compte.
EDOUARD
Parfailement... Vous reviendrez de temps en temps à Paris ?
De temps en temps. . . Je peux compter sur vous ?
EDOUARD
Vous le pouvez.
JOULIN
Et moi, de mon côté, je vais tàcluM" d'airangcr voti'c affaire... Ma fille vous adore, après tout.