‹ Les deux écoles; comédie en quatre actesChapitre 36 sur 165 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Qu'est-ce que ça me ferait de vous dire que j'ai eu deux amants ou trois?... Si je vous dis que je n'en ai eu qu'un, c'est que c'est la vérité.

EDOUARD

Je n'en doute pas... Vous avez l'air d'être très franche... d'avoir une bonne nature.

ESTELLE

Moi ? Si je n'étais pas tombée sur un voyou, j'aurais été une femme très honnête... Je ne demandais que ça, moi. Monsieur... A la pension il y en a qui rêvaient d'avoir un hôtel, deschevaux, des voitures... Moi, mon rêve, c'était de mener une vie régulière etd'être honnête, pas a utre chose. . . 11 paraît qu'il n'y a pas moyen... Eh bien ! puisqu'il n'y a pas moyen, n'en parlons plus... On ne veut pas que je sois honnête,

r>. LES DEUX ECOLES

oh ! mon Dieu, je ne le serai pas. c'est bien simple. Je suis devenue... Comment appelle-t-on ça... Ah! oui, fataliste. ,Ie suis devenue lataliste. Il m'a privera ce qui voudra maintenant ; tout ça, ça m'est égal. Et vous comprenez <pie je ne me fais guère d'illusions, n'est-ce pas ? Il va m'en arriver des aventures, et des drôles...? Tant pis, que voulez-vous!... Je trouve qu'à notre époque, avec les hommes qu'il y a, les femmes seraieni hien hètes de se faire de la l)ile !

Voyons, voyons, ne vous frappez pas...

Dés que vous serez divorcée, jolie comme vous l'êtes, car vous êtes délicieusement jolie, vous avez des yeux merveilleux qui changent tout le tenq)s... je n'avais pas i-emarqué...

ESTELLE

N'oiis ("'les l)i<Mi aimable.

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