CHAPITRE XX
<t L'Angleterre l'a fait prisonnier, un Anglais « l'a délivré, et a tenu tout seul la parole de sa <c nation. »
>. J'essaye d'empêcher ma patrie, que j'aime, de commettre un déicide qui la rendra l'objet de l'exécration du monde, comme le meurtre de Jésus a fait les Juifs abominables sur toute la terre. A cette idée j'ai sacrifié ma vie, car quel but peut-on se proposer qui soit plus grand , plus saint, que la gloire de la famille bumainc dont on fait partie?
«i Demain, Prométbée , détaché de sa croix, voguera sur un vaisseau qui l'attend et va le mener vers un nouvel empire et des destinées plus vastes peut-être que celles qui ont étonné le monde, ou bien Dieu aura jugé si j'empiète sur les attributions de la Providence.
« Ce \ mai 1821, on vue de Sainte-Hélène. »
Le capitaine resta longtemps rêveur devant ce parebemin, regardant ces caractères dont l'encre avait jauni. Il relut plusieurs fois cette lettre, si longtemps ballottée dans la prison de verre, échouée ensuite sur un îlot désert , et probablement la seule trace qui restât d'une noble idée, d'une forte résolution et d'un grand courage; en cherchant dans ses souvenirs , il se rappela avoir
vu quelquefois sir Arthur Sidney soit à Londres, soit à Calcutta.
Quand le navire passa devant Sainte-Hélène, le capitaine salua de loin la tombe du grand homme et se dit :
— Dieu n'a pas donné raison à Sidney, puisque l'empereur dort sous le saule et que j'ai cette lettre dans mon portefeuille. Sir Arthur doit être noyé; c'est fâcheux, car je lui aurais donné une poignée de main franche et loyale, et, j'aurais aimé l'avoir assis en face de moi de l'autre côte d'une table dans la cabine de la Belle Jenny.
La Belle Jenny , car c'était elle, avait été vendue à un marchand de Calcutta par le capitaine Peppercul à qui Sidney avait dit, s'il ne reparaissait pas au bout de cinq jours, de disposer du navire à son gré, et, par un hasard singulier, c'était elle qui avait recueilli le testament de son ancien maître.
Maintenant, disons ce que nous avons pu apprendre de Dakcha. Après avoir trouvé le corps dePriyamvada près de celui de l'éléphant, il l'enterra en observant exactement tous les rites. Il reprit le cours de ses austérités : il a inventé une position effroyablement gênante et qui doit faire le plus grand plaisir aux trinités, aux quadrinités et aux quinquinités de l'Olympe indou. Il ne désespère pas encore du rétablissement de