‹ Les deux fléaux du mondeChapitre 5 sur 8 · LES BOLCHEVIKS AGENTS DE L'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

LES BOLCHEVIKS AGENTS DE L'ALLEMAGNE

secrètement de l'alcool et à commettre toutes sortes d'actes illicite?.

« L'Echo », journal de Pétrogïad, racontait dernièrement que le moyen employé le plus souvent par le comité Dzrjinsky contre les complots consistait à mettre certains individus en état d'arrestation, puis à les engager à dire toute la vérité et à travailler pour le comité en qualité d'agents secrets. Ceux qui consentaient à fournir des renseignements susceptibles de faire découvrir d'autres conspirateurs devaient recevoir le tiers ou le quart de la fortune des personnes arrêtées d'après ces indications.

Mais le moyen le plus efficace pour faire tomber dans le piège les gens qu'on voulait dépouiller fut le décret des commissaires du peuple, en date du 16-29 janvier 1918, déclarant illégal tout commerce fait avec de l'or et des lingots d'or.

Le plus fameux des agents secrets du comité fut un nommé F. Vergilesof, dont les affaires touchant l'or et l'alcool compromirent un grand nombre de personnalités officielles et causèrent la chute de beaucoup d'autres. Il se servait de faux documents dans le commerce du sucre et avait recours à toutes sortes de procédés criminels. Le comité Dzrjinsky le fit arrêter, non

pour le juger el le condamner, mais pour le remettre en liberté et en faire un de ses agents.

Alors, Vergilesof, avec l'aide de son fils Vladimir, qui, à dix-huit ans et grâce à l'appui de <• j son père, parvint à monter au premier échelon de la société, organisa tout un réseau de commissaires qui s'introduisaient dans les cafés, restaurants, clubs, lupanars, pour y rechercher des victimes riches. Aucun d'eux ne manquait ni d'argent ni de faux papiers. Aucun moyen d'intimidation ne leur répugnait. A la table de jeu, quand quelqu'un se croyait l'heureux propriétaire de quelques milliers de roubles, gagnés à des partenaires corrects et charmants, grande était sa stupeur de voir soudain se dresser ces « agréables compagnons », la main armée d'un menaçant browning ou même de grenades. Il ne restait au malheureux joueur épouvanté qu'à obéir aux injonctions des bandits, c'est-à-dire d'écrire sous leur dictée un aveu de culpabilité et à le signer. Ce n'est qu'à cette condition que le pauvre dupé conservait la vie. Les agents secrets remettaient les confessions •*! ainsi obtenues au comité, mais on préférait garder le silence au sujet de l'argent ou des valeurs confisqués. *"

D'après des calculs approximatifs, il y aurait environ trois cents personnes à la prison de Viborg, incarcérées par le seul intermédiaire de

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