‹ Les deux frèresChapitre 14 sur 77 · acte premier. x · texte numérisé non relu

acte premier. x

LE DOCTEUR

Ma visite d aujourd'hui est celle d’un ami; vous n’avez plus besoin de médecin. Hier au soir nous parlâmes de l’anniversaire de votre naissance , et j’espérais vous surprendre agréablement ce matin en vous annonçant la fin de votre procès. . . .

PHILIPPE

Cette nouvelle m’aurait causé bien de la joie.

Mais je ne renonce pas à l’espoir de le voir terminé encore aujourd’hui.

R A F F E R , vivement.

Aujourd’hui, dites-vous?

LE DOCTEUR

Je l’espère.

Peste! vous allez bien précipitamment.

le docteur.

Il me semble qu’en pareil cas on ne peut trop se hâter. r

R A F F E R , montrant Philippe.

Oui! vous lui rendez là un grand service.

le docteur.

Je le crois de même.

Un procès qu’il allait gagner avec restitution, frais et dépens.

LE DOCTEUR

Et comptez-vous aussi, parmi les frais et les dépens , le repos perdu depuis quinze années ?

R A F F E R , avec dérision.

Ah, le repos ! — Vous aimez le genre pastoral !

Est-ce un mal que d’aimer ce qui nous rapproche de la nature ?

CHARLOTTE

Plus on vous entend et plus on vous estime.

Hé, sans doute ! c’est un docteur qui sait tout faire : — guérir les malades , — conduire les procès! J’ai l’honneur de vous saluer. ( entre ses dents , en s’en allant ) Cela va mal, cela va mal.

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