‹ Les deux frèresChapitre 13 sur 77 · RAFFER, PHILIPPE, LE DOCTEUR · texte numérisé non relu

RAFFER, PHILIPPE, LE DOCTEUR

CHARLOTTE

PHILIPPE

Soyez le bien- venu , mon cher Docteur.

LE DOCTEUR, arrivant de la ville.

Je suis enchanté de vous trouver pour la première fois hors de la maison.

PHILIPPE, lui tendant la main avec amitié.

Donnez-moi la main.

CHARLOTTE, avec amitié.

Bonjour, M. Blum.

LE DOCTEUR

Bonjour, ma belle enfant.

PHILIPPE

Oh ! comme un médecin doit se sentir heureux, lorsqu’il a sauvé la vie à un père de famille , et qu’il reçoit les bénédictions de ses enfans I Qu’il est beau l’état dans lequel on s’occupe uniquement à faire du bien à ses semblables !

LE DOCTEUR, souriant.

Oui , si le succès répondait toujours à. la bonne volonté.

PHILIPPE, à RalFer, montrant le Docteur.

Vous voyez devant vous celui qui m’a retiré des portes du tombeau.^ Durant ma longue maladie, et

p4 Ij.E s deux frères, par les temps les plus rigoureux , il m’a constamment visité : s’il n’a pu me soulager toujours au gré de ses désirs, du moins son air affable m’a toujours inspiré de la confiance : je ne le connaissais pas, c’est l’amour de l’humanité qui l’a conduit chez moi $ c’est à sa seule bienfaisance. . .'.

LE DOCTEUR, l'interrompant avec douceur.

M. Bertrand, je ne vous ai pas permis de parler si long-temps.

PHILIPPE

Lorsque le cœur est trop plein, ne faut-il pas qu’il s’épanche ? Je célèbre aujourd’hui pour la cinquante-troisième fois l’anniversaire de ma naissance , et c’est à vous que je le dois.

CHARLOTTE

Je ne suis pas orpheline , et c’est à vous que je le dois.

PHILIPPE, à RafFer.

Si vous saviez. . . .

LE DOCTEUR, l’interrompant.

Il faut donc que j’use de mon autorité de médecin pour vous empêcher de poursuivre ?

CHARLOTTE

Il est si difficile d’imposer silence à son cœur !

LE DOCTEUR

Mon enfant , n’outrez pas la reconnaissance ; j'ai fait mon devoir : puissé-je en être toujours aussi bien récompensé !

RAFFER, à part.

Comme il se laisse cajoler!

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