‹ Les deux frèresChapitre 27 sur 77 · ACTE SECOND · texte numérisé non relu

ACTE SECOND

mad. wolf.

Et nous nous fâchions. . . .

LE CAPITAINE, vivement.

De quoi ? de quoi ?

De la facilité que les méchans trouvent à duper les honnêtes gens.

LE CAPITAINE, souriant.

N’est-ce que cela ? — c’est du vieux.

On dit que vous avez donné un plein-pouvoir au docteur Blum.

LE CAPITAINE

On dit vrai.

On ajoute que vous voulez vous reconcilier avec votre frère.

LE CAPITAINE

C’est encore vrai.

Je m’étonne qu’après quinze ans. . . .

LE CAPITAINE, vivement.

Vous avez bien raison de vous en étonner.

R A F F E R , avec satisfaction.

Ah ! vous en convenez donc ?

LE CAPITAINE

Sans doute 5 — j’aurais dû le faire quinze ans plutôt.

R A F F E R , étonné.

Au moment où l’affaire était en si bon chemin l

LE CAPITAINE

Depuis long-temps elle est en chemin, sans avoir fait un pas pour arriver.

Si vous aviez voulu me croire, les choses auraient été plus vite; ce n’est pas ma faute. — Les chinanes de voire frère. . . .

LE CAPITAINE, en colère.

Il voulait me tuer à force de plaider. Mais je le tiens bloqué dans le tribunal de paix.

R A F F E R , avec un sourir amer.

Avec votre médiateur, il en sera quitte à bon compte.

LE CAPITAINE, vivement.

Qu’appelez -vous à bon compte? croyez -vous que mon jardin lui soit adjugé ?

R A F F E R , malignement.

Il y a tout lieu de le craindre.

LE CAPITAINE, après une courte réflexion.

Eh bien ? au pis-aller , il ne vaut pas trois cents écus , et il me coûte des frais, — ah!

mad. WOLF.

Ainsi , ce méchant homme finira par avoir raison. . . .

LE CAPITAINE, vivement.

Garder le jardin , ou avoir raison , sont deux choses.

mad. wolf.

Après vous avoir enlevé votre patrimoine, il se moquera de vous.

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