ACTE SECOND
LE DOCTEUR
Mais alors cette bonne action ne serait faite qu à moitié.
LE CAPITAINE
Il me hait.
mad. WOLF, appuyant.
rA la mort !
Je le lui rends bien; — nous sommes quittes.
LE DOCTEUR
Lui, vous haïr! quelle erreur I ce matin encore, si vous aviez vu avec quel attendrissement il a reçu les félicitations de sa fille, sur l’anniversaire de sa naissance, avec quelle joie inexprimable il s’est rappelé que vous êtes frères jumeaux, et que sa fête était aussi la vôtre ! . . • .
LE CAPITAINE, avec intérêt.
Vraiment ; il y a pensé ?
mad. wolf.
Votre fête! et personne ne m’en a fait souvenir!
LE CAPITAINE
C’est égal.
Votre frère s’en est souvenu, lui. Il a parlé avec émotion de l’heureux temps , où, dans l’union la plus fraternelle , vous célébriez ce beau jour au sein de votre famille.
LE CAPITAINE
Oh ! oui : c’était un bon temps ! — et il en a parlé ?
LE DOC T EU n.
Ce jour-la, disait-il , notre mère était si satisfaite , si heureuse !
le capitaine.
C est vrai : elle jouissait alors*
mad. WOLF, à part*
Peste soit de l’hommeî
le docteur.
A pareil jour , elle nous exhortait à l’union: à pareil jour elle nous serrait l’un et l’autre dans ses bras maternels.
* le capitaine.
C’est vrai, elle le faisait.
LE DOCTEUR
Encore , la dernière année de sa vie , elle nous a dit : « Mes enfans , lorsque je ne serai plus, et » qu’il renaîtra, ce jour fortuné où je vous presse » contre mon coeur, — - souvenez-vous de moi, et » que je revive dans votre amour mutuel »!
LE CAPITAINE
Ah ! oui : elle Fa dit.
LE DOCTEUR
Alors , continuait votre frère , nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre, nous mouillâmes de nos pleurs le sein de notre tendre mère ; nous confondîmes nos larmes, et nous nous jurâmes une éternelle amitié. — Votre frère n’a pu achever 5 les sanglots ont étouffé sa voix.