‹ Les deux frèresChapitre 35 sur 77 · ACTE SECOND · texte numérisé non relu

ACTE SECOND

LE DOCTEUR

Mais alors cette bonne action ne serait faite qu à moitié.

LE CAPITAINE

Il me hait.

mad. WOLF, appuyant.

rA la mort !

Je le lui rends bien; — nous sommes quittes.

LE DOCTEUR

Lui, vous haïr! quelle erreur I ce matin encore, si vous aviez vu avec quel attendrissement il a reçu les félicitations de sa fille, sur l’anniversaire de sa naissance, avec quelle joie inexprimable il s’est rappelé que vous êtes frères jumeaux, et que sa fête était aussi la vôtre ! . . • .

LE CAPITAINE, avec intérêt.

Vraiment ; il y a pensé ?

mad. wolf.

Votre fête! et personne ne m’en a fait souvenir!

LE CAPITAINE

C’est égal.

Votre frère s’en est souvenu, lui. Il a parlé avec émotion de l’heureux temps , où, dans l’union la plus fraternelle , vous célébriez ce beau jour au sein de votre famille.

LE CAPITAINE

Oh ! oui : c’était un bon temps ! — et il en a parlé ?

LE DOC T EU n.

Ce jour-la, disait-il , notre mère était si satisfaite , si heureuse !

le capitaine.

C est vrai : elle jouissait alors*

mad. WOLF, à part*

Peste soit de l’hommeî

le docteur.

A pareil jour , elle nous exhortait à l’union: à pareil jour elle nous serrait l’un et l’autre dans ses bras maternels.

* le capitaine.

C’est vrai, elle le faisait.

LE DOCTEUR

Encore , la dernière année de sa vie , elle nous a dit : « Mes enfans , lorsque je ne serai plus, et » qu’il renaîtra, ce jour fortuné où je vous presse » contre mon coeur, — - souvenez-vous de moi, et » que je revive dans votre amour mutuel »!

LE CAPITAINE

Ah ! oui : elle Fa dit.

LE DOCTEUR

Alors , continuait votre frère , nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre, nous mouillâmes de nos pleurs le sein de notre tendre mère ; nous confondîmes nos larmes, et nous nous jurâmes une éternelle amitié. — Votre frère n’a pu achever 5 les sanglots ont étouffé sa voix.

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