‹ Les deux frèresChapitre 46 sur 77 · Acte troisième · texte numérisé non relu

Acte troisième

CHARLOTTE

Oui , tout-à-fait.

mad. WOLF, désolée.

Ils en sont donc venus à bout ! mon pauvre1 maître s’est laissé surprendre*

Vous avez l’air d’en être fâchée?

mad. WOLF, avec humeur.

J’ai tort 5 c’est très-divertissant.

CHARLOTTE

Si vous saviez combien nous nous réjouissons de cet heureux événement !

mad. WOLF, avec dépit.

Je le crois sans peine ; vous avez pour cela de bonnes raisons.

CHARLOTTE

Oh , oui ! car nous regardons comme un beau jour celui où deux frères long-temps désunis, recommencent à s’aimer.

mad. WOLF, avec amertume.

Je gage que le cher papa vous a fait apprendre cette phrase par cœur, et que vous venez ici tout exprès pour débiter votre leçon $ mais , croyezmoi , c’est du temps perdu. Allez, Mademoiselle, retournez chez vous : vous ne verrez pas le Capi~ taine.

CHARLOTTE

Pourquoi ?

LES DEUX PR11RES, mad. WOLF*

Il dort; il m’a défendu de laisser entrer personne;— d’ailleurs il ne vous écouterait pas Vous

verriez un homme farouche , qui ne parle que pour gronder.

'• CHARLOTTE

Mais. ....

mad. wolf.

Son abord vous ferait trembler; la sévérité et la mauvaise humeur sont peintes sur son visage. CHARLOTTE.

Nhmporte. ... je reviendrai.

mad. wolf.

Gardez-vous-en bien ! Si je lui disais seulement que vous êtes venue, il entrerait en fureur; son accès de goutte lui reprendrait aussi-tôt , et il ne vous le pardonnerait jamais.

CHARLOTTE, tristement.

Je vais donc porter l’affliction dans le cœur de mon père ! - Il m’a pourtant assuré que mon oncle a le cœur si bon....

mad. wolf*

Oui , il a le cœur bon ; — mais il est si violent! Allez, allez, ma chère Demoiselle, qu’il ne vous trouVe pas ici; car, dans le premier mouvement, je ne répondrais pas Adieu. — Saluez

votre père de ma part; dites-lui que depuis quinze ans je n’ai pas cessé de travailler de toutes mes forces à changer le coeur de votre oncle; je conli-

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