ACTE TROISIÈME
LE CAPITAINE s’assied. Après une pause.
Eh bien? où donc est- elle?
Elle est encore près de la porte.
LE CAPITAINE, vivçment.
Veut- elle par hasard que je me traîne à sa rencontre ?
B U L L E R 7 avec amitié, à demi-voix.
Approchez , n’ayez pas peur.
( Charlotte hésite et reste d’un air timide àla même place.)
LE CAPITAINE écouté jsi elle approche.
Eh bien ? je n’entends rien.
Elle tremble.
LE CAPITAINE, brusquement.
Que diable ! pourquoi tremble-t-elle ?
CHARLOTTE, s’avançant un peu.
Je. . . . je. . . .
LE CAPITAINE, à Buller qui est à côté de lui. Eh bien ? ne sait-elle pas parler ?
BULLER
Elle pleure.
LE CAPITAINE
Que diable ! pourquoi pleure-t-elle ?
( Buller la fait approcher et reste appuyé sur le fauteuil du Capitaine. )
CHARLOTTE, faisant un effort.
Je viens , mon cher oncle, vous féliciter.
LE CAPITAINE, sans la regarder jusqu'à la fin de la scène.
Sur quoi ?
CHARLOT TE
Sur votre jour de naissance.
LE CAPITAINE
Je vous remercie ; — mais vous n’avez sûrement appris à marcher que depuis un an , puisque vous venez aujourd’hui pour la première fois.
CHARLOTTE
Depuis le moment où j’ai pu sentir et penser, chaque jour m’attirait vers vous.
LE CAPITAINE
Ah 1 ah ! — votre âge ?
CHARLOTTE
Dix-sept ans.
LE CAPITAINE
Oui, — c’est cela. — Lorsque je revins de mon grand voyage, il y a seize ans, vous n’étiez pas plus haute que cela.
CHARLOTTE
Alors, mon bon oncle m’a portée dans ses bras, et m’a prodigué ses caresses. — Anne me le répète souvent, et j’ai toujours du plaisir à l’entendre.
LE CAPITAINE
Quoi ! la vieille Anne vit encore ?
Oui , mon oncle • . . . et j’ai perdu bien jeune une excellente mère!