‹ Les deux frèresChapitre 52 sur 77 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LE CAPITAINE

Excellente femme ! — oui , je dis excellente. Sa mort m’affligea beaucoup.

CHARLOTT E.

Si elle avait vécu , que de choses ne seraient pas arrivées !

LE CAPITAINE

Cela se peut. De son vivant , elle a ëmpêché votre père de faire bien des sottises !

CHARLOTTE

Mon père a pu se tromper ; des méchans ont pu l’égarer; mais rien n’a pu arracher de son cœur sa tendre amitié pour son frère.

LE CAPITAINE

Il m’en a donné de jolies preuves depuis quinze ans !

CHARLOTTE

Au moment où l’on est venu lui annoncer la fin de vos discussions, — il m’a serrée entre ses bras — et m’a dit, les larmes aux yeux : « Mon enfant, » va chez mon frère; va, sois le messager de » paix : tu es innocente, il est juste,* il ne te re- » poussera pas : il t’a aimée lorsque tu étais enfant, )> il a aimé ta mère; à cause d’elle , peut-être il te » présentera sa main. Alors tu la presseras contre » tes lèvres , avec un amour filial ; et tu recevras » sa bénédiction ». ,

LE CAPITAINE, souriant.

On vous a fait la leçon ! on vous a fait la leçon!

— Mais vous n’ètes pour rien dans celte affaire; — allez en paix : je n’ai aucune rancune. — Comment vous nomme-t-on ?

CHARLOTTE

Charlotte,

LE CAPITAINE

Charlotte , c’est juste ; — mais je suis votre parrain, je crois ?

CHARLOTTE

L’homme qui daigne s’en souvenir, ne me renverra pas aujourd’hui sans m’accorder un regard d’amitié.

LE CAPITAINE, tournant furtivement les yeux sur elle , mais sans la fixer.

Allez , Charlotte , . . . . je ne vous oublierai pas dans mon testament.

CHARLOTTE, les larmes aux yeux.

Ce mot est bien dur I

LE CAPITAINE

Pourquoi donc dur?

C H ARLOTTE, avec tendresse.

Mon cher, mon bon oncle! — C’est dans votre cœur que je desire une place et non dans votre testament. LE CAPITAINE, embarrassé et la regardant avec intérêt.

Eh bien ! — il faut..... ( il fouille dans sa poche. ) Car enfin, je suis votre oncle, je suis voire parrain, et vous ne devez pas rougir d’accepter ce petit don.

(Il lui présente des pièces d’or-. — Charlotte se saisit de la main qu’elle baise avec transport , et laisse tomber l’argent à terre.)

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