‹ Les deux frèresChapitre 55 sur 77 · C H A RL O T TE · texte numérisé non relu

C H A RL O T TE

Cette personne qui demeure ici. . . .

LE CAPITAINE

Qui?

Qui ! c’est encore un tour de votre vieille hypocrite.

LE CAPITAINE

Buller, vous lui en voulez.

C’est vrai, — et j’ai raison. — J’entre. Cette aimable et bonne demoiselle s’en allait en versant des larmes; je l’arrête, je l’interroge. — «Hélas! me )> dit-elle, on veut m’empêcher de voir mon oncle » . — «Pourquoi cela? tout le monde peut le voir ; il » ne refuse personne , sur-tout ceux qui ont les » larmes aux yeux »; là-dessus ne voilà- t-il pas que madameWolflui harre la porte, et veut m’empêcher moi-même d’entrer. ( avec emportement ) Moi ! Jean Buller ! m’empêcher d’entrer chez mon Capitaine ! Alors j’ai pris le parti de l’écarter, Un peu

rudement à la vérité , comme j’ai faiL quelquefois à des passagers qui pendant la tempête embrassaient le tillac du vaisseau.

LE DOCTEUR, au Capitaine.

Qu’en dites-vous ?

LE CAPITAINE, embarrassé.

Elle a pu croire que je dormais. — Elle n’a sans doute agi qu’avec dp bonnes intentions.

Votre nièce pourrait nous apprendre comment elle a été reçue..

CHARLOTTE

Ah ! je suis si contente , que mon cœur a tout oublié.

LE CAPITAINE, vivement.

Comment oublié? Il s’est donc passé des choses....

LE DOCTEUR

Laissons cela ; ces petits nuages ne doivent plus obscurcir un si beau jour ! Deux frères qui se réconcilient

LE CAPITAINE

Alte-là, Docteur; — Cette jeune personne ne m’a jamais offensé. Je retrouve en elle les traits et la douceur de sa mère; d’ailleurs, elle est ma filleule. — Ce sont des titres. — Mais pour Monsieur son père qu’il continue son chemin. — Je ne desire qu’une chose , c’est de ne pas le rencontrer.

LE DOCTEUR, avec douceur et le prenant par la main.

Mon cher Capitaine, au bout du grand voyage.

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