ACTE TROISIÈME
— là , où tous les chemins se rejoignent, il faudra pourtant que vous vous rencontriez !
LE CAPITAINE
Eli bien, alors, celui qui se sentira condamné par sa conscience , baissera les yeux.
N’attendez pas ce terrible moment , mon cher oncle j’intercède pour mon père.
LE CAPITAINE
Mais voyez donc ! à peine lui ai-je accordé une petite place dans mon cœur qu’elle y veut régner en maîtresse.
L E (JD O C T E U R.
Vous ne savez pas.
LE CAPITAINE
Je ne veux rien savoir.
Mon Capitaine. . . .
LE CAPITAINE
Buller , laisse-moi en repos.
LE DOCTEUR
Je vois qu’il faut que nous appellions le temps à notre secours. — Charlotte , votre père vous attend. . . .
LE CAPITAINE
Qu’il attende ! j’ai attendu sa visite assez d’années , pour qu’il me soit permis de la desirer un peu plus longue.
CHARLOTTE* avec douceur.
Mon père est malade.
LE CAPITAINE, avec intérêt.
Encore ? — allons , va-t-en.
CHARLOTTE
Me permettez-vous de revenir ?
LE CAPITAINE
Quelle sotte demande! Sans doute je le permets, je le veux même; je l’exige. Entends-tu?
CHARLOTTE
Que cet ordre m’est doux à remplir!
LE CAPITAINE
Quand reviendras-tu?
CHARLOTTE
Tous les jours.
LE CAPITAINE
Bon , bon ; — mais souviens-toi , en entrant ici, de laisser la fierté à la porte. Me comprends-tu ?
CHARLOTTE
Oui, mon oncle.
LE CAPITAINE
Voilà encore les pièces d’or répandues dans la chambre. — Tu ne les ramasseras pas , je le sais bien.
Un amour désintéressé peut -il être pris pour de l’orgueil ?
le capitaine.
Eh ! non, non; tu ne les ramasseras pas, même quand tu saurais que cela me ferait plaisir. ( Charlotte se baisse pour les ramasser $ le Docteur et Buller l’aident. )