‹ Les deux frèresChapitre 12 sur 23 · LA FAMILLE BRI^AU · texte numérisé non relu

LA FAMILLE BRI^AU

intrépide. Napoléon, à qui jamais Bridao n'aYait rien demandé , s'était enquis de ses mœurs et desa fortune. En apprenant que cet homme déyouè ne possédait rien que sa place', il reconnut un& de ces âmes incorruptibles qui rehaussaient, qui moralisaient son administration , il avait donc résolu de surprendre Bridau par d'éclatantes récompenses. Le désir de terminer son travail avant le départ de Tempereur pour TEspagne tua le chef de division , il eut une fièvre inflammatoire.

A son retour, Tempereur, qui vint préparer en quelques jours à Paris , sa campagne de 1809 , dit en apprenant cette perte : i II y a des hommes qu*on ne remplace jamais ! i Frappé d'un dévouement que n'attendait aucun de ces brillants témoignages réservés à ses soldais , Tempereur résolut de créer un ordre richement rétribué pour le civil comme il avait créé la Légion d'honneur pour le militaire. L'impression produite sur lui par la mort de Bridai lui fit imaginer l'ordre de la Réunion ; mais il n'eut'pas le temps d'achever cette création aristocratique dont le souvenir est si bien aboli qu'au nom de cet ordre épliémère ,

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la plupart des lecteurs se demanderont quel en était rinsigne : ii se portait avec un ruban bleu, L^empereur appela cet ordre la Réunion dans la pensée de confondre Tordre de la Toison d'or de la cour d'Espagne avec Tordre de la Toison d'or de la cour d'Autriche. La Providence , a dit un diplomate prussien » a su empêcher cette profanatioi^.

L'empereur se fit rendre compte de la situation de madame Ëridau. Les deux enfants eurent chacun une bourse entière au lycée impérial , et Tempereur mit tous les frais de leur éducation à La charge de sa cassette. Puis il fit inscrire madame Bridau pour une pension de 4,000 francs, en se réservant sans doute de veiller à la fortune des deux fils.

Depuis son mariage jusqu'à la mort de son mari ,' madame Bridau n'avait pas eu la moindre relation avec Issoudun. Elle était sur le point d'accoucher de son second fils au moment où elle perdit sa mère. Quand son père , de qui elle se savait peu aimée, mourut, il s'agissait do sacre de l'empereur. 'Le couronnement donna tant de

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travail à Bridau qu'elle ne voulut pas le quitter. Jean-Jacques Rouget , son frère ; ne lui avait pas écrit un mot depuis son départ d'Issoudun. Tout en s'affligeant de la tacite répudiation de sa famille , elle finit par penser très-rarement à ceux qui ne pensaient point à elle. Elle recevait tous les ans une lettre de sa marraine, madame Hor chon, à laquelle elle répondait des banalités, sans étudier les avis que cette vieille dame donnail à mots couverts.

Lors de la mort du docteur Rouget ^ madame Hochon écrivit à sa filleule qu'elle n'aurait rien de son père si elle n'envoyait sa procuration à M. Hochon. Agathe eut de la répugnance à tourmenter son frère. Soit que Bridau comprît que la spoliation était conforme au droit et à la coutume du Berry » soit que cet homme pur et juste partageât la grandeur d'âme et l'indifférence de sa femme en matière d'intérêt, il ne voulut point écouter Roguin , son notaire , qui lui conseillait de profiter de sa position pour contester les actes par lesquels le père avait réussi à priver sa fille de sa part légitime. Les époux approuvèrent ce qui se

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