‹ Les deux frèresChapitre 6 sur 23 · LES DBSCOING» ET LES ROUGET · texte numérisé non relu

LES DBSCOING» ET LES ROUGET

mari lui eut parié d envoyer Agathe à Paris ^ fut : — Je ne reverrai plus ma fille. Et elle a eu triste^ ment raison , disait alors la respectable madame Hochon.

La pauvre mère devint alors jaune comme un coing y et son état ne démentit point les dires de ceux qui prétendaient que Rouget la tuait à petit feu. Les façons de son grand niais de fils devaient contribuer à rendre sa vie malheureuse. Peu retenu, peut-être encouragé par son père , ce garçon, stupide en tout point, n'avait ni les attentions ni le respect qu'un fils doit à sa mère. Jean-Jacques Rouget ressemblait à son père , mais en mal,^ et le docteur n'était pas déjà très-bien , ni au moral ni au physique.

L'arrivée de la belle Agathe Rouget ne porta point bonbeur à son oncte Descoings. Dsins la semaine ou plulôt dans la dédace, la république était proclamée , il fut incarcéré sur un mot de Robespierre à Fouquier-Tinville. Descoings, qui eut l'imprudence de croire la famine factice, eut la sottise de communiquer son opinion ( il pensait que les opinions étaient libres) à plusieurs de ses

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clients et clientes» tout en les servant. La femme de ménage de Robespierre, qui, par malheur pour Descoings, Tbonorait de sa pratique, regarda cette croyance comme insultante pour Maximilien 1*^. Celte estimable citoyenne, qm n'avait pas d'ailleurs à se louer desmanières du citoyen Descoings, et qui regardait la beauté de la citoyenne Descoings comme une sorte d'aristocratie , envenima les propos de Descoings en les répétant à son bon et doux maître , qui fit arrêter Tépicier, sous la vulgaire accusation d'accaparement.

Descoings en prison, sa femme s'agita pour le faire mettre en liberté ; mais ses démarches furent si maladroites qu un observateur qui l'eût écoutée parlant aux arbitres de sa destinée aurait pu croire qu'elle voulait s'en défaire honnêtement. Madame Descoings connaissait Bridau, l'un des secrétaires de Roland , ministre de l'intérieur le bras droit de tous ceux qui se succédèrent à ce ministère c Elle mit en campagne Bridau pour sauver l'épi* cier. Le très-incorruptible chef de bureau , l'une de ces vertueuses dupes , toujours si admirables de désiiltéressement , se garda bien de corrompre

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