‹ Les deux Frontins comedie en un acte, en versChapitre 35 sur 37 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

DUHAMEL, FRONTIN, chargé de paquets et en paletot, entrant par la droite.

DUHAMEL, qui s’est retourné au bruit des pas de Frontin.

C’est toi ! vieux serviteur?

FRONTIN

Que Monsieur me pardonne !

Mais je suis son égal; ce paletot me donne L’égalité du rang; j’ai vendu ce matin Ma livrée, et je suis alors monsieur Frontin.

DUHAMEL

Soit; je ne suis pas fier...

(A part.)

C’était bien le modèle

Des valets du bon temps !.. Viens, mon ami fidèle.

Viens, mon égal...

Vous partez ?

FRONT! N, attendri.

Monsieur...

DUHAMEL

Donnez-moi votre main.,

FRONTIN

Il le faut.

DUHAMEL

Sans attendre demain ?

FRONT!!!

Demain je serai loin.

DUHAMEL

Eh bien ! je vous regrette, Mon pauvre vétéran...

FRONTIN

Admis à la retraite.

DUHAMEL

Vous aviez des défauts!

FRONTIN

Qui n’en a pas?

DUHAMEL

Souvent

Vous alliez visiter la cave en vous levant.

FRONTIN

En été.

DUHAMEL

Vous aviez l’habitude obstinée De dormir l’œil ouvert toute la matinée.

FRONTIN

En hiver.

Quelquefois, je trouvais, en laissant Mon secrétaire ouvert, un louis d’or absent.

FRONTIN

Ce louis avait tort!

- DUHAMEL

Vous me parliez en maître, Si haut, qu’un étranger n’aurait pu reconnaître Lequel de nous, chez moi, commandait.

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