FRONTIN, DUHAMEL
DUHAMEL^ il entre furieux parla gauche .
J’ai sonné quatre fois!
FRONTIN, sans se déranger.
Mais j'ai l’oreille bonne,
Je l'ai bien entendu.
DUHAMEL
Maroufle! quand je sonne
Tu t’endors!
FRONTIN, toujours assis.
Je lisais un journal amusant;
Je commence toujours mon travail en lisant.
DUHAMEL
Nous sommes à Paris, Frontin, et je t’engage A changer avec moi de ton et de langage.
L’habitude est trop vieille, et je. suis condamné A mourir domestique et tel que je suis né.
DUHAMEL
Maraud!
FRONTIN, sc levant.
C’est mon prénom.
DUHAMEL
Outré de ta conduite.
Je te chasse.
FRONTIN
C’est bien!., payez-moi.
DUHAMEL
Tout de suite.
Tu m’as servi vingt ans?
FRONTIN; il sc 1ère.
Et vous m’en devez dix.
DUHAMEL
Et je paye.
FRONTIN, recevant les tillets. *
Aujourd’hui vaut bien moins que jadis
Jadis, toute la vie, on gardait en otage Son maître...
DUHAMEL, l'interrompint et lui moatr&nt la porte.
Assez! faquin!
FRONTIN; faune sortie, à part.
Je crois à l’héritage.
DUHAMEL, légèrement ému.
Et tu pars... sans me... dire... un adieu?
FRONTIN
Le vôtre... Commencez.
Mais j’attends
Est un ami!
DUHAMEL, attendri.
Serviteur de vingt ans
FRONT IN, attendri.
Je sors... mais le cœur est sensible ; Il saigne à ce départ...
DUHAMEL, d'une voix faible.
Reste donc.
FRONTIN
Impossible !
C’est Paris qui me chasse et ne me retient pas...
DUHAMEL
Tu le vois, je suis bon, j’ai fait le premier pas. Fais le second...
FRONTIN
Ma foi ! j’en aurais bien envie,
Mais je suis un poltron, et je tiens à la vie.
Paris m’étouffera dans l’hôtel du Helder:
Mes poumons sont à sec; voyez, j’ai besoin d’air.
Je ne respire plus; veuillez bien me permettre I)e rentrer au Berri, pour vivre, mon cher maître; Quand vous aurez besoin d’air pur et d’arbres verts. Je vous y recevrai toujours les bras ouverts.
DUHAMEL
Mais il me faut quelqu'un pour me servir...
FRONTIN
Voyous.
Est facile à trouver...
La chose