‹ Les deux fusions, 1800-1873Chapitre 15 sur 27 · L.-J. Égalité. — Non · texte numérisé non relu

L.-J. Égalité. — Non

[Moniteur Universel, 1798, pp. 80, 84, 100, 118 et 119.)

III. — Mémoire adressé par Louis-Philippe, duc d'Orléans, au conseil de régence d'Espagne, et lu à la séance du 28 juillet 1810.

« Après plus d'un mois d'une vaine attente, je viens déposer dans le sein de Votre Majesté mes justes plaintes. J'arrivai à Tarragone, après la défaite de l'armée de Catalogne, et j'y fus reçu avec enthousiasme... On n'avait donné aucun ordre pour qu'on me remît un commandement quelconque et je fus obligé de venir à Cadix. Depuis que j'y suis, j'ai fait mille démarches ; j'ai passé en revue les deux armées espagnole et anglaise; j'ai fait plusieurs mémoires militaires ; rien n'a été obtenu par moi, pas même des paroles. On en vient à dire que je suis venu en Espagne sans être appelé. Le public sera éclairé là-dessus; j'en donne ma parole. On dit que j'étais venu commander

un corps de déserteurs français: non, ce sont des Espagnols que je suis venu pour avoir l'honneur de commander et de mener à la victoire. Pour attirer ces grandes désertions, pour compter avec quelque raison sur ces transfuges, il faut que les Espagnols et moi nous ayons battu les Français, et que nous les ayons bien battus. On a dit que j'avais sollicité une légion parmi les prisonniers français faits sur l'ennemi. Je rougis de citer cette absurdité; je ne suis pas seulement soldat et général, je suis prince.

« Je réclame la publicité pour tout ce qui a été fait en ces circonstances ; je n'ai pas de plus sûre sauvegarde. »

(Papiers d'un émigré, 1789-1829, par le baron de Guilhermy, p. 272). Librairie Pion, 1886.

IV. — Lettre de Talleyrand au baron d'Edelsheim, Ministre de l'Electeur de Bade.

Monsieur le baron, je venais de vous adresser une noie dont l'objet était de demander l'arrestation du comité d'émigrés français résidant à Oiï'enbourg, lorsque le Premier Consul parl'arrestation successive des brigands que le gouvernement anglais a vomis en France, ainsi que par la marche et les résultats des procédures qui s'instruisent ici, a connu toute la part que les agents anglais d'Offenbourg avaient aux horribles complots tramés contre Sa Personne et contre la sûreté de la France. Il a appris également que le duc d'Enghienet le général Dumouriez étaient à Ettenheim, et comme il est impossible qu'ils se trouvent dans cette ville sans la permission de S. A. Electorale, le Premier Consul n'a pu voir sans la plus profonde douleur qu'un prince auquel il s'était plu à faire ressentir les effets les plus spéciaux de l'amitié de la France ait pu donner refuge à ses plus cruels ennemis, et les ait laissé tramer paisiblement des conspirations aussi inouïes.

Dans cette circonstance extraordinaire, le Premier Con-

sul a cru devoir ordonner à deux petits détachements de se porter à Offenbourg et à Ettenheim pour y saisir les instigateurs d'un crime qui par sa nature met hors du Droit des gens tous ceux qui sont convaincus y avoir pris part.

C'est )e général Caulaincourt qui est chargé à cet égard des ordres du Premier Consul ; vous ne pouvez pas douter qu'il ne mette dans leur exécution tous les égards que peut désirer S. A. Electorale. Ce sera lui qui aura l'honneur de faire parvenir à Votre Excellence la lettre que j'ai été chargé de lui écrire.

Recevez, monsieur le baron, l'assurance de ma haute

considération.

Ch.-Marc Talleyrand.

Paris, 20 ventôse an XII.

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