‹ Les deux fusions, 1800-1873Chapitre 2 sur 27 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

Comme ceux qui lavaient poursuivi avec tant d'animosité pendant sa vie étaient devenus ses héritiers politiques, sa mémoire leur a été livrée sans défense.

Un travail de falsification historique s'est accompli sous nos yeux. Les auteurs des plus déloyales intrigues ont écrit des Mémoires qu'une presse complaisante a reproduits à l'infini avec des commentaires aggravants. Jusque dans les notices nécrologiques qui ont suivi la mort du comte de Paris, un écrivain sacré a trouvé l'occasion de perfides attaques, se servant, pour rééditer de vieilles calomnies, de documents tronqués et falsifiés. Il n'y a eu qu'un coupable, c'est la noble victime qu'ils ont fait vivre et mourir en exil.

Elle ne parlera plus. Qui oserait leur répondre ? Défendre le mort serait nuire à l'intérêt des survivants. Les plus indépendants n'ont essayé de le faire qu'avec des réserves trahissant leur embarras. Les témoins autorisés se sont tus : les possesseurs de documents écrasants les ont conservés pour un avenir qui ne viendra jamais. Les royalistes de France sont condamnés à la glorification officielle de Louis-Philippe, « le roi honnête homme ». Le monstre qu'était Philippe-Egalité est aujourd'hui qualifié de « héros d'Ouessant » !

Il faut avoir abdiqué toute préoccupation de parti pour rétablir la vérité. Pour cela il est nécessaire de remonter de plus de cent ans en arrière, et de relever, à travers les vicissitudes de la politique contemporaine, les faits oubliés ou ignorés que l'ambition, l'amour-propre, la flatterie intéressée s'efforcent de dénaturer.

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