‹ Les deux GaspardChapitre 16 sur 16 · scène · texte numérisé non relu

scène

l'avisé, à madame Julien.

Vous allez m'en dire des nouvelles.

(Au moment où l'Avisé va pour ouvrir la boite , Gervais , qui était caché dans les fagots, se lève, et ses jambes sortent de la voiture.

CHŒUR

AIR Jin al du Q.'^ acte d Honorine.

Quoi ! c'est Gervais ?

Un" charrette

Fst sa cachette! v i •

Quoi '. c'est Gervais ? '

Qu'il est bien ddns les Cott'iets.

l'avisé.

Comment diable avait-il donc arrargé ses flûtes?

C 55 ) Madame JULIEN, l'aria j que faisais-tii là?

BOURDON

Répondras-tu, peiit drôle?

GERVAIS , qui a sauté à terre. y n'ai pas oublié , père Bourdon , que vous m'aviez défendu de mettre les pieds chez vous, et je ne vous ai pas désobéi, j'espère.

l'avisé.

Je r crais ben , il était chez moi.

SIMPLET , à part.

Pourvu qu'il ne nous ait point vus.

GERVAIS, à Bourdon.

Mais comme j'avais une bonne nouvelle à vous apprendre...;

BOURDON

Je n'veux pas la savoir.

JEANNETTE

Ah ! mon petit oncle, écoutez-le, je vous en prie.

GERVAIS

Vous savez bien ces trois pièces de bon vin?

JEANNETTE

Eh bien î c'est Gervais qui vous les a envoyées.

BOURDON

Lui?

l'avisé , à Bourdon ' î

Vous m'aviez pourtant dit que c'était mé. ■* :

SIMPLET

V'ià comme on accuse les gens injustement.

Madame JULIEN.

Tout ça ne nous dit pas pourquoi...

Je n' peux pas l' croire I Comment I ces trois feuillettes?...

GERVAIS

Ne sont qu'un petit échantillon de la cave dont je suis maintenant propriétaire.

BOURDON

Propriétaire 1

GERVAIS

C'a!:t l'héritage que m'a laissé c't'oncle de Paris , qne voui connaissiez; et v'ià la lettre qui m'apprend qu'aujourd'hui jo Les deux Gaspard, 5

me trouve à la tête de plus de cinquante tonneaux, et ceux-là ne sont pas vides.

BOURDON

Cinquante tonneaux pleins! C'est un joli fonds!

Madame julien , vivement.

V'ià ben mon ivrogne; le vin va lui faire tourner la tête*, mais quant à ce qui est de moi...

GERVAIS, à madame Julien.

A\\ ! madame Julien , n'«i-je pas plus mérité la main de Jeannette que ces deux messieurs, qui n'ont pas rou^i de jou'^.r aux cartes à qui l'épouserait ?

Madame JULIEN.

Ça serait-il bien possible !

l'avisé el SIMPLET, ensemble.

■ Je r nie.

GERVAIS

Je les ai vus. CeUii-ci avait gagné la première partie , et c'est au sujet de la seconde que s'est élevée la dispute do&t vous avez été témoins.

J' vous dis qu'il ment.

SIMPLET

C'est un petit sournois qui m' le paiera.

l'avisé.

J' l'appellerons en témoignage. J' n'ons point touché une carte. On verra s'il ose lever la main comme moi.

{IL lève la main. Plusieurs as tombent de sa manche.)

GERVAIS, les ramassant.

Tenez, ils disent qu'ils ne jouaient pas, et v'ià seulerBent un petit paquet de six as.

JEANNETTE, sautant de joie.

Ah ! que je suis donc contente !

SIMPLET, vivement.

Tu vois donc bé que tu me friponuais. (^A part.) Ah î mon doux Jésus I Qu'est-ce que j'ons dit là ?

l'avisé. '

Par la bonne Sainte-Vierge I je n'sais point comment ça s' fait. (^ Bourdon.) .Mais sur ma conscience.... vous n' pouvez point croire...

SIMPLET , à madame Julien.

J'crais bé qu vous avez trop bonne opinion d'moi....

Madame julien , à Simplet.

AIR : Lir , Ion, fa, c' n'est rien qu ça (de Gaspard l'Avisé.)

Je vois qa'vous êtes honnête homme ; Qu'à bon droit chncun vous renomme :

Raser n'est pas votre défaut.

SIMPLET, se frottant les mains de joie.

Oh ! oh ! oh ! oh !

Madame JULIEN.

J'félicit' ceir qui vous aura.

SIMPLET, de même.

Ah ! ah 1 ah ! ah !

C'est bon !

Madame JULIEN.

Mais t'nez , j'vous l'dis tout ba» , Pour nol' neveu vous n'ie s'rez pas. (4 fois. )

SIMPLET, Stupéfait.

Qu'est-qu'c'est qu'ça ? (bis.)

l'avisé , se frottant les mains de i.on côté.

C'est bon ça, ( bis. )

C'I'eufaiit-là

INIe l'viendra.

BOURDON , à l'Avisé.

Je n'écont'pas la médisance, Kt je crois à ton innocence, Dans ton ménag' tu n's'ras pas sot.

l'avis K , se frottant les mains.

Oh ! oh ! oh ! oh !

BOURDON

Ben fin' s'ra cell' qui t'attrap'ra.

l'avisé , de même.

Ah ! ah ! ata ! ah !

C'est bon !

Mais tiens , j'te l'dis tout bas , Pour net' neveu tu n'ie s'ras pas. ( 4 /ois. )

l'.avisé , Stupéfait.

Qu'est-qu'c'est qu'ça ? ( his- )

SIMPLET , se frottant les mains.

C'est bon (ja. {bis. )

CERVAIS.

Ma Jeanaett' me r'viendra.

JE.^NNETTE , entre son oncle et sa tante.

V'Ià que Tméme esprit vous rassemble ; Mais pour être encor mieux enstmblc , Marie^-Qous donc au plutôt.

(56) BOURDON , ayant l'air d'hésiter.

Oh ! oh ! oh 1 oh >

JEANNETTE

J'vois qu'ma taute y consent déjà.

Madame julien , comme son frère.

Ah ! ab ! ah l ah '.

JEANNETTE , prenant la main à son oncle et à sa tante. Allons , allons,

BOURDON

J'fais l'premier pas.

Madame JULIEN , embrassant sa nièce.

La refuser, 9a n'se peut pas. ( i^fois. )

GERVAIS

M'y voilà. ( bis. )

l'avisé et simplet.

Sans toat 9a p J's'rais pourtant comm' c'gas-Ià.

L'AVISÉ

J'prendtons not' parti sans tristesse.

Si l'public à nous s'intéresse.

simplet.

J'dirons, s'il rit du bas en haut, ( riant. ) Oh lob! oh! oh!

l'avise.

Mais j'dirons, si l'nioude s'en va , Ah ! ah ! ah 1 ah !

l'avisé et simplet , levant la main.

J'jurons de lui plaire...,.

Madame julien.

Nenni dà.

Faut êtr* normand pour jurer 9a j Mais chacun d'nous s'eiforcera De mériter ce bonhcur-!à ; Et voilà qui nous prouvera Si j'avons c'secret-là.

l'avisé et simplet, en sautant.

Lir' , Ion, fâ ) c'n'est rien qu'9a.

Page 1