‹ Les deux GaspardChapitre 9 sur 16 · GASPARD L'AVISÉ, BOURDON · texte numérisé non relu

GASPARD L'AVISÉ, BOURDON

BOURDON, il entre en chantant.

AIR '■ Allons , allons au bois.

Mes vins plais'nt aux buveurs , Ils n'en trouvent pas de meilleurs

Ailleurs.

On m'grond' d' c' qu'avec eux J'bois Maçon , Beaune et Condrienx,

Bien vieux ; Mais n'faut-il pas vraiment, Lorsque l'on trouve le chalant

Trop lent, Prêcher d'exemple enfin ,

Kein !

Quand ou est marchand de vin ?

l'avisé.

Eh ! le v'ià justement , ce père Bourdon , toujours chantonnant.

BOURDON

Bonjour, mon brave Gaspard , embrassons-nous donc. Eh qien I mon garçon, les affaires s'ront bientôt bâclées. J' viens d' faire faire ton contrat , et en revenant de chez 1' notaire j'ai passé chez Bancalard , le premier violon du village, pour retenir les crins crins de ta noce. Ah çà I mais comment ne t'aije pas rencontré ? Queu chemin as-tu donc pris pour venir ici? l'avisé.

Dam', le droit chemin, celui que j' prenons toujours.

BOURDON

Eh 1 tu as amené ta charrette î

l'avisé.

N' faut point perdre son temps, écoulez-doue , j'ons fait un peu d' commerce en sortant d' Moulins.

AIR du Vaudeville de Câlinât.

y ne r'culons jamais , voyez-vous ,

Sitôt que l'travail me réclame ;

Fant toujours qu'un homme , entrç nou5 ,

Apport' queuqu' p'tif chose à sa femme :

Je n'snis point un gros financier ;

La parusse j'rait sans e-xcnse ,

Puisque je vais me marier;

Désormais ti'faut poiiit que j'm'amuse,

D'autant plus que qu vous m'avez parlé d'une petite dot.

( 20 ) BOURDON

Ah cà I à propos, sais-tu que ton vin était excellent?

l'avisé.

Hein ! comment que vous dites ça ?

Parbleu I que j'ai reçu les trois feuillettes que tu m'as envoyées.

l'avisé.

Moi? je n' vous ons rien envoyé du tout.

BOURDON

Comment, tu me soutiendras?...

l'avisé.

Sur ma conscience.

BOURDON

AIR : Ça n' se peut pas.

Allons, pourquoi garder r silence? ., ^

l'avisé.

Non , je n'me snis point mis en frais ; Si je l'jur' vous m' croirez, je pense ?

BOURDON

A d'tels jermens je n'crois jarnais :

Un pareil entet'ment m'assomme.

l'avisé.

Ça n'vient point d'moi , j' vous l'dis tout bas, Aussi vrai que i'»uis honnête homme.

BOURDON

Je n' t' crois pas. (i*--)

l'avisé , à part.

Dites donc la vérité, après ça I J'aurons plutôt fait de convenir qu' c'est mé. (Haut. ) Eh bien ! puisque vous le voulez , c'est mé, quoi I

BOURDON

J'en étais sûr, et je t'en remercie.

l'.:.VISÉ.

Puisque c'est comme ça, faites-m'en donc goûter un tantinet de c'boD vin que j' vous ons envoyé.

BOURDON

C'est trop juste, mon neveu. (1/ entre chez lui.)

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