‹ Les deux GaspardChapitre 8 sur 16 · SCÈNE V I I · texte numérisé non relu

SCÈNE V I I

GASPARD L'AVISÉ seul.

(1/ entre traînant sa charrette chargée de fagots,)

AIR : Vaudeville des Auvergnats, En tous lieux trainant ma charrette , Toujours gaillard, frais et dispos, Je répétons la chansonnette, Et j' buvons queuqu' coups à propos.

Si , parfois ,

On n'veut pas qu' j'exerce

Mon petit commerce

De gibier et d' bois , Des méchans j'sais biaver la foule , Et confondr' mtm' plus d'un témoin.

Si toujours va qui roule ,

J'somm's bé sûr d'aller loin.

{Pendant la ritournelle, il fait le tour du théâtre, puis il crie en passant devant la rampe : ) Coll'rets, cott'rets.

Même air.

Dans mon négoce il faut dTandace, Si j' voulons fair' not' petit ch'aiiii j Certain jour j" paraissons bouace , Nlalicieux le lendemain.

Des malins

J'crains peu la rubrique ,

J'sais comm' c^a s'pratiquc ;

S'ils font les câlins ,

Avec eux j'nns l'air d'une buse ; Mais i'snmm's lin pins qu'eus au besoin.

Si toujours va qui ruse,

J'somm's bé sûr d'aller loin.

( Il va placer sa charrette au fond d gauche , sous le hangar. ) Les ceux Gaspard. 3

Enfin me v'ià arrrivél... Quoique ça , je suis un peu fati?;ué' c'est un métier d' cheval que )' fais-ià depuis deux jours que j'ons vendu 1' nôtre à c't'lionncle particulier. J' n'y avons point perdu tout d'mème-, il n'ira pus loin avec ! ma fine, quand j' sommes revenu en France , j'avions bé besoin de taire de l'argent. Je me serais ruiné en Vv estphalie.... Hein ! me voilà maintenant au-dessus de mes p'tites afFaires. J'ons là dans la boîte de ma chcirrette un boursicoî qui commence à peser ; aussi je n'en prends qu'à mon aise.

AIR : Dans la paix et l'innocence.

L'travail jadis était rude , J' iravjons point l'moindre repos :

Maintenant c'n'eit qu' par habitude Si j'débitous queuqu' fagots.

Faut bé qa' l'honnête homm' s'occupe; *

Et , dans mes instans d'ioisirs, '

Si j'fais encor quelques dupes, C' n'est vraiment qu' pour mon plaisir.

J'avons déjà acheté une petite maison. On est à son aise dans c' pdys-ci -, on ce paie point beaucoup d'amende . c'est ce qu'il me Faut •, on est entouré de bonnes ^iens , de |;ibier et d' bois.... Aussi, j'allons m'y marier.... J'avions pourtant bé )uré de rester garçon , mais point de femme, point de dot , et c'est à considérer.... Allons, soyons gai- que diable, il en arrivera ce qui pourra.

AIR : On nous dit qus V premier homme (du Diable couleur de rose. ) Si j'en croyons 1' vieil adage, C'e^t un bal que l 'mariage.

Où chacun , suivant rusa:;e , F.n diinsant se croit heuieux.

D'abdid on s' montre bon drille.

On invite un' jeune f;!!e Qui tout bas de danser giille :

On s'présente en avant deux, (^'-S-)

(1/ danse sur la ritournelle.) Même air.

C'est là que le bal commence ; On fait bonne contenance ;

En croyaiU suivr' la cadence, \

On se r'garde , on fait d' grands sauts , ■ ;

On chasse, on forme la chaîne, f

Ou s' balance, on se démène, On s' prend . on s' quiite sans peine , Puis on s'trouve dos à dos. {his.)

( Il danse. ) y crois qu* je n' frons point mal maintenant de me préseuler chez, celui-ià dont j' m'eu vais bentôt être 1' neveu.

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