‹ Les deux héritages;Chapitre 123 sur 138 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, MNISZEK, les princes ADAM ET CONSTANTIN WISZNIOWIECKI.

MNISZEK.

A votre place, prince Adam, je lui ferais tirer une arquebusade ; vous n'en ferez jamais rien.

MARINE

Père, le pane Maluski veut monter le cheval*

MNISZEK.

Quelle folie 1

LE PRINCE ADAM

Demandez à Constantin s'il est facile.

MALUSKI.

Enfin je voudrais ressayer. Il y a un an, M. de Dosny me fit l'honneur de me permettre de monter un grand cheval de ses écuries que personne n'avait pu réduire, et j'en vins à bout très-facilement.

CONSTANTIN

Vos chevaux français, je les monterai tous ; mais ce tartare-là, je vous en défie.

LE PRINCE ADAM

Parbleu ! pane Maluski, je vous le donne, si vous le montez.

MNISZEK.

Maluski , n'essayez pas ; hier, il a failli tuer un homme.

MALUSKL

Laissez-moi faire.

MARINE

Pane Maluski, songez-y : vos dentelles françaises... à quel risque vous les exposez !

J'ai eu l'honneur do prendre des leçons de manège à Paris dans la grande écurie, et je me flatte de ne pas les avoir oubliées.

CONSTANTIN

Prétendez-vous qu'on monte mieux à cheval à Paris qu'en Pologne? Gageons vingt ducats que vous ne fercy: pas le tour de la cour sur son dos.

MALUSKI.

Tope !

(entre Yourii qui les observe sans qu'on fasse attention k lui.) MNISZEK.

Vous allez le faire tuer.

LE PRINCE ADAM

C'est son affaire. — Qu'on amène le tartare au bas de la terrasse.

MALUSKI.

Et si je le monte, la pana me donnera la rose qui est à son corset et dansera ce soir un menuet avec moi.

Et si vous vous cassez la jambe, qui me fera danser ? Tenez, je vous donne cette rose, si vous renoncez à votre pari.

MALUSKI.

Cette fleur me sera encore plus précieuse quand je l'aurai gagnée.

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