SCENE III
Les Mêmes, UN COSAQUE DU DON, suivi do plusieurs
Cosaques qui prennent place dans le cercle. LE COSAQUE DU DON.
Les atamans, les anciens et l'armée du Don saluent les atamans, les anciens et l'armée du Dnieper. Ils vous disent ceci, braves atamans : Boris a juré de détruire tous les privilèges des Cosaques ; il veut nous donner pour atamans des Juifs de Moscou ; il nous oéfend de distiller de l'eau-de-vie ; ses officiers ont brisé les alambics de notre frère Vachka Lykof. Dans un moment de colère, Lykof a tiré son arquebuse et couché par terre un de ces coquins; mais les autres, étant les plus forts, l'ont garrotté et mené au secrétaire di' tsar, Massalski. On lui a fait son procès, et il a été pendu
le lendemain. Quand rataman Korela a su la chose, il a juré de ne pas boire d'eau-de-vie avant d'avoir vengé notre frère. Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous partons soixante, et nous surprenons une troupe de ces coquins dans leur distillerie. — Voyons si leur eau-de-vie brûle, a dit Korela. Nous jetons alors du feu sur le toit, et tout a brûlé, eau-de-vie et distillateurs impériaux. L'armée du Don, instruite de l'aventure, a dit que Korela avait agi en brave ; elle m'envoie vous conter ces nouvelles et vous demander assistance au cas que les Moscovites attentent à nos franchises. Les Cosaques du Don comptent sur vous comme vous compteriez sur eux si vous étiez en semblable conjoncture.
l'ataman.
Diable ! cela change l'affaire. Les franchises des Cosaques sont choses sacrées, et si l'on s'en prend à l'armée du Don, Dieu sait ce qu'on médite contre celle du Dnieper.