‹ Les deux héritages;Chapitre 41 sur 138 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE GOUVERNEUR, BOBTCHINSKI, DOBTCHINSKI, SVISTINOF.

LE GOUVERNEUR

Le drochki est-il là ?

SVISTINOF.

Oui, monsieur le gouverneur.

LE GOUVERNEUR

Va-t*en dans la rue... non, attends... Va prendre... Où sont donc les autres ? Est-ce que tu es tout seul ? J'avais commandé que Prokhorof fût ici. Où est Prokhorof ?

SVISTINOF.

Prokhorof est au corps de garde. Seulement, 11 ne peut rien faire.

LE GOUVERNEUR

Comment cela ?

SVISTINOF.

C*est qu'on l'a rapporté ce matin ivre mort. Voilà deux seaux d'eau qu'on lui jette sur la tête, il ne revient pas.

LE GOUVERNEUR

Ah ! mon Dieu, mon Dieu ! Cours vite dans la rue... Non, reste... va-t'en d'abord dans ma chambre, entends-tu ? Tu m'apporteras mon épée et mon chapeau neuf. Allons, Pëtr Ivanovitch, partons.

BOBTCHINSKI.

. Et moi, et moi... Permettez-moi d'y venir aussi, Anton Antonovitch.

LE GOUVERNEUR

îïon, Pëtr Ivanovitch. Cela ne se peut pas. Je n'ai qu'un drochki, et il n'y a pas de place.

BOBTCHINSKI.

Ne faites pas attention ; j'irai à pied, je courrai derrière le drochki... pourvu que je puisse regarder par une fente au travers de la porte , et savoir ce qu'il fait

LE GOUVERNEUR, prenant son cpée que Svistinof lui apporte.

Va-t'en bien vite, prendre les dizainiers, et que chacun d'eux m'empoigne... — Ah ! comme cette épée est abîmée ! Ce maudit marchand Avdouline ! il voit que le gouverneur a une vieille épée, et il ne lui en envoie pas une neuve ! Quel tas de coquins ! Ah ! mes drôles I et je suis bien sûr qu'ils ont déjà leurs pétitions toutes prêtes, et qu'il en va sortir de dessous les pavés... — Il faut que chacun m'empoigne la rue... Le diable emporte la rue... ! qu'il m'empoigne un balai, veux-je dire, et qu'on me nettoie la rue devant l'hôtel, et qu'elle soit propre... Écoute. Fais attention I Je te connais, toi ! Tu fais le bon apôtre, oui, et tu fourres des cuillers d'argent dans tes bottes. Prends-y garde. Ne m'échauffe pas les oreilles. Quel tripotage as-tu fait chez le marchand Tchernaïcf ? Hein ? Il t'a donné deux archines de drap pour te faire un uniforme , et tu as chipé toute la pièce. Prens-y garde. Tu n'es pas d'un rang à voler comme cela (1) ! File I

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