‹ Les deux héritages;Chapitre 48 sur 138 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

KHLESTAKOF seul.

Ce serait un peu fort s'il s'obstinait à ne pas me donner à manger. J'ai un appétit comme jamais je n'en ai eu. Peut-être qu'en vendant mes habits je pourrais me procurer assez d'argent pour gagner la maison... Vendre ses culottes? Hein? —Non, mieux vaut mourir de faim et revenir à la maison avec un costume de Pétersbourg... Je suis fâché que Joachim n'ait pas voulu me prêter une calèche. Le diable m'emporte ! je ne serais pas embarrassé avec une calèche ; je serais allé grand train, les lanternes allumées et Osip en livrée derrière, sous le balcon de quelque château. Alors tout le monde est en l'air. — Qu'est-ce qui vient ? Qu'est-ce

^INSPECTEUR GENERAL. Ifil

que cela peut être? — Mon valet se présente : (n contrefait un valet qui annonce.) Ivaii Alexandrovïtch Khlestakof de Pétersbourg. Ordonnez-vous qu'il entre? Mais ces lourdauds savent-ils seulement ce que cela veut dire : « Ordonnez-vous qu'il entre ? » Pour ces gens-là, qu'il arrive n'importe quelle oie, un campagnard... Tours qu'il est, vous entre droit dans le salon. On trouve là une jolie demoiselle, on s'approche : Mademoiselle, je... (u se

frotte les mains et fait craquer ses l)ottes.) tlCUll ! (il crache.) J'ai mal

à l'estomac C'est drôle, comme j'ai faim.

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