MICHKA, OSIP
OSIP
Par où est-ce ?
MICHKA
Par ici, mon oncle, par ici.
OSIP
Un instant, que je souffle. Ah ! gredin de sort ! On dit bien que pour ventre vide il n'y a pas de léger fardeau î
MICHKA
Dites donc, mon oncle, le général va venir bientôt?
OSIP
Quel général ?
MICHKA
Votre maître.
OSIP
Mon maître? Quel général est-ce quMl est?
MICHKA
Comment, est-ce qu'il n'est pas général ?
OSIP
Général, ah ! oui; mais d'une autre façon.
MICHKA
Est-ce plus ou moins fort qu'un général en service ?
OSIP
Plus.
MICHKA
Voyez-vous cela ! Voilà la chose pourquoi il y a ce remue-ménage chez nous.
OSIP
Écoute petit. A ce que je vois, tu es un gaillard fûté ? Est-ce qu'il n'y aurait pas un morceau à manger ?
MIGHKA.
Hélas ! mon oncle, c'est que pour vous il n'y a rien de prêt. Vous ne mangeriez pas quelque chose de tout simple. Je crois bien que quand votre maître se met à table, il vous envoie de ce qu'il mange lui-même.
OSIP
Riais qu'est-ce qu'il y a ici en fait de choses simples ?
MIGHKA.
Il n'y a que de la soupe aux choux, du gruau, et puis
des pâtés.
OSIP
Rien que de la soupe aux choux, du gruau et des pâtés? C'est bon, nous mangerons tout cela. Allons, portons cette malle. 11 y a une autre porte par ici ?
MIGHKA.
Oui* (tous deux portent la malle dans la chambre de cdté.)