‹ Les deux héritages;Chapitre 88 sur 138 · SCENE YI · texte numérisé non relu

SCENE YI

Les Précédents, UN INSPECTEUR DE POLICE ET LES SERGENTS DE VILLE.

l'inspecteur.

J'ai l'honneur de vous offrir mes félicitations, monsieur le gouverneur, et de vous présenter mes souhaits pour de nombreuses années.

LE GOUVERNEUR

Merci, merci ! Asseyez-vous, Messieurs.

Mais, dites-nous donc, je vous en prie, Anton Antonovitch, de quelle manière cela s'est fait. Contez^nous la chose par le menu.

LE GOUVERNEUR

Le menu de la chose est extraordinaire. Il a fait la demande en personne.

ANNA

Et de la façon la plus respectueuse et la plus comme il faut. Il m'a dit avec des manières excellentes : Tenez, Anna Andreïevna, ce que j'en fais, c'est par pure admiration de votre mérite. On n'a jamais vu un homme mieux élevé , plus distingué , plus à la tête des gens comme il faut. Pour moi, a-t-il dit, Anna Andreïevna, je me soucie de la vie comme d'un kopek. Et c'est seulement parce que je suis pénétré d'estime pour vos rares qualités...

MARIA

Ah ! petite maman, c'est à moi qu'il a dit cela.

ANNA

Tais toi donc. Tu n'y entends rien, et tu te mêles toujours de ce qui ne te regarde pas. — Moi , dit-il , Anna Andreïevna, je suis transporté... A peine avait-il

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prononcé ces mots flatteurs, et comme j'allais lui répondre q'^ie nous n'avions jamais osé espérer un tel honneur, — tout à coup il tombe à genoux , et avec ces manières si distinguées... Anna Andreïevna, dit-il, ne faites pas mon malheur. Consentez à payer mes sentiments de retour, ou bien la mort va mettre fin à ma vie.

MARIA

Mais, petite maman, c'est pour moi qu'il a dit cela.

ANNA

Oui, certainement, c'était pour toi. Je ne dis pas le contraire.

LE GOUVERNEUR

C'est qu'il nous a fait peur. Il disait qu'il se brûlerait la cervelle. — Je me brûlerai la cervelle, je me brûlerai la cervelle, qu'il disait.

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