‹ Les deux héritages;Chapitre 89 sur 138 · PLUSIEURS PERSONNES DE LA COMPAGNIE · texte numérisé non relu

PLUSIEURS PERSONNES DE LA COMPAGNIE

Vraiment ! Est-il possible !

LE JUGE

Quel caractère !

LE RECTEUR

En vérité, c'est la destinée qui a fait cela. l'administrateur.

Ne dites donc pas la destinée, petit père. La destinée n'est qu'une dinde. C'est le mérite qui est récompensé. (a part.) Des perles qui tombent aux pourceaux !

LE JUGE

Dites donc, Anton Antonovitch, je vous vendrai cette petite chienne dont nous étions en marché.

Merci. J'ai autre chose à penser T/dà votre chienne.

LE JUGE

Eh bien, si vous n'en voulez pas, faisons aflaire pour un autre chien.

LA FEMME DE KOROBKINE

Ah ! comme je suis contente du bonheur qui vous arrive, Anna Andreïevna. Vous ne pouvez pas vous le figurer.

KOROBKINE.

Et maintenant, où est donc cet hôte illustre? On m'a dit qu'il était parti pour quelque affaire...

LE GOUVERNEUR

Oui , il est parti pour un jour, à cause d'une affaire fort importante.

ANNA

Jl est allé chez son oncle, lui demander sa bénédiction.

LE GOUVERNEUR

Oui , lui demander sa bénédiction ; mais demain

pour... (il éternue.)

TOUS, s'écrient à la fois :

A vos souhaits I

Bien des remerciements ! Mais demain pour sûr il.*, (a éternue.) Il reviendra.

TOUS, s'ëcrient de nouveau :

A vos souhaits !

l'inspecteur.

Bonne santé, monsieur le gouverneur l

BOBTCHINSKI.

Cent ans de vie et un muids de ducats l

DOBTCHINSKL

Dieu vous en donne quarante quarantaines!

l'administrateur, à part.

De fièvres quartaines !

la femme de KOROBKINE, à part.

Le diable te torde le cou I

LE GOUVERNEUR

Très-humbles remerciements. Je vous en souhaite autant à tous.

ANNA

INous nous sommes décidés à nous fixer à Petersbourg. Il y a ici un air!... C'est trop la campagne... J'ai, je l'avoue, une aversion extrême... Voici mon mari... qui va recevoir le grade de général.

LE GOUVERNEUR

C'est vrai, Messieurs, je l'avoue, le diable m'emporte, mais j'ai fort envie d'être général.

LE RECTEUR

Dieu fasse que vous le soyez.

ROSTAKOFSKL

L'homme ne peut rien : Dieu peut tout.

LE JUGE

P . T) Au grand vaisseau, la grande mer.

l'administrateur.

Le mérite est toujours récompensé.

le juge, à part.

Les poules auront des dents quand tu seras général. —■9 Cela lui irait comme des manchettes à un cochon. Tu fais le fanfaron trop tôt. Tu as ton affaire, mais tu n'es pas encore général.

l'a D M I N 1 s T R A T E U R , à part.

Le voilà général, le diable emporte ! Lui, général, et à quoi bon ! Ce n'est pas l'embarras, il a un aplomb que le diable ne l'emporterait pas volontiers. (Haut, au gouverneur.) Alors , Autou Antouovitch , vous ne nous oublierez pas.

le juge.

S'il arrivait quelque chose, par exemple, une mauvaise affaire, vous nous serviriez de protecteur.

KOROBKINE.

L'année prochaine, je dois envoyer mon fils dans la

capitale pour qu'il soit utile au gouvernement. Vous aurez la bonté , n'est-ce pas , de lui accorder votre protection? Vous servirez de père à ce pauvre orphelin.

LE GOUVERNEUR

Oui, je VOUS promets de m'employer pour lui.

ANNA

Mon Dieu, Antoncha, tu es toujours à faire des promesses. D'abord, tu n'auras pas le temps de penser à cela. Et comment est-ce possible, et à propos de quoi se charger de ces engagements-là ?

LE GOUVERNEUR

Mais, ma chère, quand c'est possible.

ANNA

Possible ! possible î Enfin pourquoi se faire le protecteur de tous les pauvres hères?...

LA FEMME DE KOROBKINE

Entendez-vous comme elle nous traite ?

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