C L É AI E N C E
Vous riez , Monsieur, c'est fort mal. Voyez-vous, je suis une pauvre fille qui n'aspire qii'à sortir de la fausse position où des malheurs de famille m'ont jetée. Je me sens des dispositions pour le commerce, et je me dis comme cela que je pourrais faire peut-être ma fortune en Algérie.
SAQUEVILLE.
Vous avez plus d'une cordeàvotrearc,àcequejevois.
CLÉMENCE
Ce qu'il me faudrait, c'est un peu de protection. Si Monsieur le colonel de Saqucvillc daignait me recommander à ses amis, je suis sûre qu'on accueillerait avec faveur la protégée d'un des vainqueurs d'Isly.
Mademoiselle, je ne suis pas un vainqueur, mais je serais charmé de vous savoir en Afrique. S'il ne vc^>» faut que des recommandations et un peu d'argent jour vous y établir, disposez de moi.
CLÉMENCE
Oh ! Monsieur, que vous êtes bon ! Que je voudrais être un jour à même de vous témoigner ma vive recon-
' illCCl (Elle lui serro les mains.)
LOUIS, entrant.
Eh bien, ne vous gênez pas. Laissez donc vos femmes seules avec un spahi l
CLÉMENCE
Ah ! Louis, vous ne vous figurez pas comme votre oncle est bon.
LOUIS
\u contraire, je me le figure très-bien, et j'ensuis fort jaloux. Mademoiselle, vous allez me faire le plaisir d'aller & votre répétition voir si j'y suis.
CLÉMENCE
Allez, vous devriez bien apprendre de votre oncle à être aimable.
LOUIS
Mon oncle, je suis à vous, (a Félix qui entre.) Je n'y suis pour personne.
Monsieur, c'est ce monsieur que vous m'avez dit, M. Kermouton, qui est revenu.
LOUIS
Mon oncle, c'est un électeur influent... un homme erès-riche. Il est déjà venu ce matin. Permettez-moi de lui dire un seul mot, rien qu'un seul.
SAQUEVILLE.
J'attendrai... (b1s.) Mais ce bel objet? Les électeurs aiment la morale.