SCENE IV
AKOULINA, GRÉGOIRE, YOURII, CHOUBINE.
AKOULINA
Quel grand maître et quel bon seigneur !
GRÉGOIRE
Ma foi, mon cher camarade, je vous fais mes compliments; vous serez l'atamàn des Zaporogues, si vous n'êtes pas tsar un jour à la place de Boris. En tout cas, je me recommande très-hum'Nement à Votre. Grandeur, si elle a besoin d'un aumônier. Vous me paraissez aimer les messes courtes, vous serez servi à souh. 't. Je bois à vos succès sur le Dnieper ou sur la Aie a. Tous ne me faites pas rai on, mon gracieux prince?.*.. L'horoscope de Gustave l'a rendu muet.... il ne voit ni n'entend.... .Morbleu! mon camarade, je bois à la saut'''... Mi bien! pourquoi me regardes tu fixement?
Suis-je un Tartare pour que tu prennes cette mine féroce?
YOURII.
Son oncle voulait l'assassiner... Il a toujours échappé.
GRÉGOIRE
Qui?
TODRII.
Le prince Gustave; comment a-t-il échappé?
GRÉGOIRE
Je n'en sais rien ; n'est-il pas philosophe, alchimiste, nécromancien? Tous ces gens-là ont le diable pour valet... Eh bien, vous ne buvez pas?... Comme vous voudrez, noble seigneur. A ta santé, Akoulina Pëtrova!
CHOUBINE, rentrant.
Remettez-vous à table , mes chers hôtes, et ne vous occupez pas de moi. Mon fourneau est allumé, et j'ai une fonte à faire. Le bon prince que le prince Gustave! il vient me voir souvent comme cela dans ma boutique.
( U choisit, en parlant, de vieux bijouz pour les fondre.) GRÉGOIRE.
Tous ces étrangers s'abattent sur notre Russie comme des corbeaux sur un cadavre. Gustave, le prince de Danemark... Tenez, sans aller si loin, Boris n'est-il pas un Tartare? Son grand-père s'était converti, dit-on. Pour moi, je crois qu'il est demeuré païen comme son petit-fils.
CHOUBINE.
Laisse donc là notre glorieux tsar, Grégoire. Tu ne feras pas ton chemin à Moscou, crois-moi, si tu ne mets un frein à ta langue maudite.
GRÉGOIRE
Voilà le frein que j'aime à sentir dans ma bouche.
(U boit.)
YOD R II.
Reste-t-il encore quelques-uns des serviteurs du tsarévitch ?
CHODBINE.
Non; la plupart ont été exilés avec ses oncles, les Nagoï, ces bons seigneurs, pour avoir massacré des officiers du tsar qu'ils accusaient d'avoir égorgé l'enfant. Dieu ait pitié d'eux ! C'est un terrible pays que la Sibérie, dit-on. Il n'y a plus ici que la nourrice du tsarévitch, une pauvre vieille femme qui vit de la charité des bons chrétiens.
Quel est son nom ?