‹ Les deux héritages, suivis de L'inspecteur général et les Débuts d'un aventurierChapitre 172 sur 173 · LA PRINCESSE · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE

Que Votre Altesse daigne nous excuser... Si nous avions eu le temps de nous préparer à l'honneur que nous recevons...

YOURII.

Je ne demande à la Providence qu'ufl jour pour reconnaître votre généreuse hospitalité.

LE PRl NCE A!) \ If.

J'aurais voulu pouvoir vous offrir un costume plus digne de vous, Monseigneur... (Lui présentant un sabre.) Nous autres Polonais, nous portons le sabre en tout temps, et, puisque vous avez bien voulu revêtir aujourd'hui le dolman de hussard, permettez-moi de vous offrir un sabre. Je le tiens de mon père, à qui le roi Etienne le donna sur le champ de bataille de... (n s'arrête interdit.)

YOURII.

C 'ttearme, dans les mains d'Etienne Batthori, a été fatale à mon père et à mon pays, prince ; mais c'est le sabre d'un héros, et je suis fier de le porter. Fasse le eiei que je ne le tire jamais que contre les ennemis du nom chrétien !

CONSTANTIN

Monseigneur, permettez-moi de vous présenter ma femme.

THÉRÈSE

Monseigneur...

YOURII.

Nous sommes parents, princesse. Le sang des Jagellons s'est mêlé à celui de Rurik.

S 0 I' II I E ET MARIN E , bas a Mniszek.

Mon père, présentez-nous au tsarévitch.

M M S 2 E K , bas.

Est-ce bien un tsarévitch?

LA PRINCESSE, prétentant Sophie.

La Btarostine Sophie Mniszek, la belle-fille du palatin de Sendomir.

rouan.

Il faut que le roi ait donné quelque mission à votre mari, Madame, pour qu'il se soit séparé de vous, mémo pour quelques jours.

SOPHIE

Il est à Cracovie, Monseigneur, mais nous l'attendons.

LA PRINCESSE, présentant Marine.

La pana Marine, la fille cadette du palatin de Sen-

domir.

yourii.

La pana n'a pas besoin d'être présentée. Nous sommes de vieilles connaissances, et j'ai déjà reçu des cadeaux de sa main. Je les conserve précieusement.

(En ouvrant sa pelisse pour montrer la rose sèche que lui a donnée Marine il laisse voir sa croix en diamants.) MARINE.

Oh! la belle croix, Monseigneur!

YOURII.

C'est ma croix de baptême. Voulez-vous la voir?

MARINE

Oh ! que Monseigneur est bon !

YOURII

Plus d'un de mes compatriotes craindrait de voir toucher cette croix par un Latin ; mais de si belles mains font des reliques de ce qu'elles touchent.

M NI S Z E K , bas à la princesse Wiszniowiecka.

Sont-ce des diamants véritables?

LA PRINCESSE, bas.

' Admirables. (Haut.) Je ne lis pas vos caractères russes, Monseigneur. Qu'y a-t-il écrit sur cette croix?

YOURII.

Mon nom, Démétrius, et celui de mon parrain, le prince Ivan Mstislavski.

M Vl'.INE.

Quel joli nom que Démétrius!

M N I S Z E K , bas au prince Adam.

PiotFOWski sait le nom de sa nourrice. Tâchez donc de le faire dire à votre tsarévitch ?

366 DISBUTS D'UN AVENTURIER.

LE prince adam, de même.

Allons donc! Pouvez-vous douter encore?

MNISZEK, de même.

Non ; mais une preuve de plus... (Haut) Vous eussiez été attendries, Mesdames, si vous eussiez entendu raconter à Son Altesse comment elle échappa aux poignards des meurtriers apostés par Boris... La présence d'esprit de votre médecin... le dévouement de votre nourrice... Ce sont des noms qu'il faudrait écrire en lettres d'or. Siméon, c'était le nom de votre médecin, je cris

Il était Valaque ; et de plus vertueux et de plus savant, il n'en exista jamais. Et ma pauvre nourrice!... que sera-t-elle devenue? quand pourrai-je?...

MNISZEK.

J'ai le pressentiment, Monseigneur, que Votre Altesse pourra lui témoigner un jour sa reconnaissance. Elle s'appelle... j'ai oublié son nom...

YOURII, souriant.

Orina Jdanova... Voulez-vous m'éprouver, palatin Mniszek?

MNISZEK.

Monseigneur, gardez-vous de croire...

LE PRINCE ADAM, bas.

Eh bien?

MNISZEK, bas.

Je ne me risque plus.

PIOTROWSKI, nu prince Adam.

Monseigneur, le voiévode russe deTchernigof est en bas, qui demande à vous parler en secret pour une affaire pressante.

YOURII.

N'est-ce pas un certain Tretiakof, une créature du patriarche Job? Pourquoi passe-t-il la frontière?

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