LE P R I R C E ADAM
Qu'importe? je ne puis le recevoir en ce moment.
TOURII.
Allez le voir, prince.
LE PRINCE ADAM
Avec la permission de Votre Altesse.
YOURII.
Pane Mniszek, le prince Kourbski est-il toujours en Pologne?
M NISZEK.
Monseigneur, il est mort il y a trois ans.
rouan.
Ce fut un ennemi acharné de mon père... Mais je le regrette, et si j'étais sur le trône, je n'aurais pas laissé dans l'exil le guerrier qui a donné Kazan à la Russie.
MNISZEK, bas.
Il sait l'histoire de son pays.
TOURII.
Prince Constantin, combien de hussards levez-vous sur vos terres?
CONSTANTIN
Cent cinquante, Monseigneur. Dans la dernière confédération ', j'en avais jusqu'à deux cent vingt.
YOURII.
Et le roi a signé les conditions que la confédération lui a imposées?
CONSTANTIN
La confédération. Monseigneur, ne demandait rien que de juste.
I. Rokost, insurrection, autorisée par la constitution , de la noblesse contre le roi.
YOURII.
Demander justice, les armes à la main, à son roi!...
Vous savez, Monseigneur, nos coutumes républicaines...
YOURII.
Parmi vos coutumes, il y en a que j'admire et que je voudrais introduire en Russie... mais vos confédérations...
CONSTANTIN
Si Votre Altesse remonte sur le trône de ses pères, ses peuples, je pense, ne nous envieront jamais le droit do confédération.
YOURII.
Et ils ne l'auront jamais!
LE PRINCE ADAM, rentrant, haut à la princesse.
Marie, servez le prince. (Basa son frère. ) Constantin, fais armer nos heiduques, lever le pont-levis; deux ou trois hommes sur le donjon et quelques Cosaques pour battre les bois d'alentour. La retraite du prince est découverte.— (La princesse Wiszniowiecka offre de l'eau-dc-vie à Yourii.) CONSTANTIN, bas.
Ah! grand Dieu!
YOURII.
Qu'avez-vous, prince, vous somblez ému?
LE PRINCE ADAM
Rien, Monseigneur.
YOURII.
Ce voiévode vous a porté quelque message étrange?
LE PRINCE ADAM
Un message surprenant, en effet.
YOURII.
Peut-on l'apprendre?
LE PRINCE ADAM
Le voiévode de Tchernigof m'avertit de la part du
t-ar... de Boris, veux-je dire, qu'un étranger dangereux est dans ce château, et que si je veux le livrer...
YOURII
Boris est bien servi par ses espions Je croyais les avoir complètement déjoués, (.ua princesse.) Voilà del'eaude-vie excellente, Madame.
MNISZEK.
Quelle infamie!
YOURII.
Offre-t-il une forte somme pour ma tète?
LE PRINCE ADAM
Ah! Monseigneur, m'offrît-on tous les trésors de l'univers...
YOURII, à la princesse.
Veuillez prendre ma main, (n fait un pas pour sortir.)
MNISZEK.
Monseigneur, nous sommes ici à quelques milles de la frontière, et ces misérables pourraient trop facilement tenter un crime... Si vous daigniez vous rendre avec moi dans ma ville de Sambor en attendant que Sa Majesté prenne des mesures pour que vous soyez reconnu dans ce pays...
LE PRINCE ADAM
Mniszek a raison, Monseigneur, nous irons tous à Sambor.