SCÈNE IY
Les Mêmes, LA MARQUISE.
LA MARQUISE, entrant et parlant vite.
Je descends pour une minute... Je n'ai pas voulu m'habillcr avant d'avoir félicité M. de Saqueville de son heureux retour... Que je suis charmée de vous revoir!.. Vous nous avez donné de vives inquiétudes... Cette affreuse blessure!... Mais vous êtes parfaitement bien, j'espère?
\Ello lui donne la main. — SaqueriUs est tout tromblant ; il s'appuie sur le métier do Julie.) JULIE.
Colonel, vous allez casser mon métier l
S6 LES DEUX HÉRITAGES
LA MARQUISE
Au milieu de tous les malheurs que nous avons éprouvés, nous avons souvent pensé, ma. lilln et moi, aux dangers que vous avez courus... Tant de fatigues ne vous ont point trop changé... Vous avez vu ma grande fille?... vous ne l'auriez pas reconnue. \li! cela nous chasse... Permettez-moi de vous présenter M. Sévin; M. Sévin est parent de monseigneur d'Alger, votre pasteur... Mille pardons, Messieurs. Je suis honteuse de mon costume de campagnarde, mais je ne suis pas longue à ma toilette... n'est-ce pas, monsieur Sévin? Rassurez-vous, Messieurs , vous n'attendrez pas longtemps le dîner.
JULIE
Mère, pourquoi donc êtes- vous allée mettre cet affreux bonnet sur vos beaux cheveux?
LA MARQUISE
Ma chère ! que dis-tu là? des cheveux à mon âge!... Un enfant terrible, colonel, qui obligera sa mère à confesser devant le monde qu'elle a des cheveux blancs. Allons, /u/ia dear, montons nous habiller; ces messieurs veulent bien nous excuser.
JULIE
Mère, je suis habillée, et miss Jackson aussi.
En ce cas, montre le jardin à ces messieurs... Monsieur Sévin , je vous recommande de veiller sur ces deux étourdis. ( euc sort. )