‹ Les deux héritages, suivis de L'inspecteur général et les Débuts d'un aventurierChapitre 34 sur 173 · S A QUE VILLE · texte numérisé non relu

S A QUE VILLE

Ce VL Sévin est fort pieux ?

JULIE

La vertu est sa partie.

SAQUEVILLE.

Votre mère... l'estime beaucoup?

JULIE

Elle en est entichée. Vous l'avez bien jugé ; c'est un

petit Tartufe... Il m'est odieux. — Les iemnies, comment sont-elles habillées ? (us tassent.]

M. SE VIN, rentrant a7ec miss Jackson.

A ce compte-là, la marquise ferait bien d'y regarder à. deux fois... car enfin l'oncle peut se marier... avecune fortune comme celle que vous dites, il peut trouver tous les partis qu'il voudra, et alors, notre ami...

MISS JACKSOX.

C'est ce que je me suis dit tout d'abord. D'ailleurs ce monsieur est fort romanesque, comme il semble; et il peut très-bien vouloir faire le bonheur d'une jeune personne sans fortune. Lord Touchstone a bien épousé une paysanne du Lancashire.

M. SE VIN

Ou bien, il peut manger sa fortune au lansquenet, ou la gaspiller dans la plus mauvaise compagnie. L n monsieur de Morlaix, que j'ai vu aujourd'hui, m'a dit qu'il s'était accointé d'une danseuse ou de quelque chose de semblable.

MISS JACKSON

Est-il pOSSible ! (ils passent.;

SAQUEVILLE, rentrant avec Juli».

«Prends tous mes chameaux, mes chevaux, mes esclaves, et rends-moi Fatimah ! » me disait-il en versant de grosses larmes. 11 vous aurait fait pitié. — Je lui dis : « Carde tes biens, mais quitte A.bd-el-Kader et sers le sultan des Français. » Le lendemain, il vint à mon camp avec soixante des plus braves cavaliers que j'aie vus, ot depuis lors il cous a toujours fidèlement servis.

Et Fatimah? était-elle jolie V

SAQUEVILLE.

Je ne l'ai jamais vue que voilée.

JOLIE

Allons donc!

SAQUEVILLE.

C'est la chose du monde la plus simple. Je ne suis pas curieux.

JOLIE

Laissons-les passer. (ns s'arrêtent.)

MISS JACKSON, rentrant avec M. sévin.

Quelle charmante nuit, colonel? Avez-vous été en Angleterre ?

SAQUEVILLE.

Autrefois, mademoiselle.

JULIE

Miss Jackson , emmenez M. Sévin. J'ai des secrets à dire à M. le colonel. Je ne veux pas qu'on les entende.

Sauvons-nous ! miss Jackson ; que de méchancetés on va dire ! (nas.) Miss Jackson, vous devriez peut-être bien faire remarquer à madame la marquise...

, (ils passent.)

LA MARQUISE, rentrant aveo Louis. A Saquovillc.

Vous ne vous promenez plus ?

JULIE

flous contemplons la lune. C'est vraiment un assez bel œil.

SAQUEVILLE, bis à Louis.

Prends le bras de Julie. — Je suis au bout de mes histoires algériennes.

LA MARQUISE, a part.

11 faut lui parler... Cela semblerait une affectation. (Haut.) Je suis déjà lasse; asseyons-nous, colonel.

(i.lle s'assied.) SAQUEVILLE, a part.

Enfin 1... Du courage ! lu •'««tea.)

OU DOX QUICHOTTE. U

LA MARQUISE

Monsieur Sévin , monsieur Sévin

SAQDEVILLE, à part

Toujours M. Sévin.

M. SEVIN, rentrant avec miss Jackson.

Madame ?

LA MARQUISE

Emmenez Julie et M. Louis voir les cygnes , là-bas. Aliss Jackson, allez avec eux. Dites à Julie de bien se couvrir les épaules. Il fait un peu frais au bord de la pièce d'eau... Et qu'elle n'y tombe plus, miss Jackson.

LOUIS, à Julie.

Je voudrais bien savoir, mademoiselle, le pourquoi de tous ces oh ! et de tous ces ah ! que vous faisiez en causant avec mon oncle.

Il me contait de très-belles choses, (m. se™ lui parie bas.) Oh ! que c'est ennuyeux ! Cela sera-t-il long ? Venez , miss Jackson, laissons ces messieurs parler politique.

(Ello sort avec miss Jackson, suivie par Louis et M. Serin.

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