‹ Les deux héritages, suivis de L'inspecteur général et les Débuts d'un aventurierChapitre 42 sur 173 · LOI IS · texte numérisé non relu

LOI IS

Non, mon oncle... Mais je suis si irrité... on m'a tellement mystifié, voyez-vous, qu'il faut que je me venge. Je veux leur montrer que 1rs petits marquis ont pour se consoler des cœurs d'un p/ us haut prix. J'épouserais, je crois, la fille du diable..

SAQUEVILLE.

Si elle avait une lionne, dot... je le crois. loi is.

ht, à propos de dot, la petite Montricbard anra-t-elle seulemenl ce qu'on nous annonce? sa mère est une belle dame qui fait des livres, qui tient bureau d'es-

prit, qui donne des raouts, et qui bâtit des écoles et des hospices pour les filles repentantes, avec cent autres bêtises.

LODIS.

Quoi, mon oncle ?

SAQUEVILLE.

Non ! c'est impossible ! tu sors d'un trop bon sang pour être un lâche gredin.

LOUIS

Comment, mon oncle ?...

SAQUEVILLE.

Que le diable t'emporte ! Tu dis tout sur le même ton. Je ne sais jamais si tu plaisantes ou si tu parles sérieusement.. Mais, morbleu! si tu t'avisais!... Oh! cela est impossible!... Tiens, je vois bien ce qui est arrivé... Querelles d'amants '.Cela se raccommode vite... à ton âge. Je vais à Montrichard, je fais ta paix, et tu ne me parleras plus de ton Kermouton ni de son infernale fille qui parle un peu français... ou bien... que le tonnerre m'écrase si jamais !... Oh ! mais, je suis fou ! — Je vais à Montrichard...

LOUIS

Mon oncle, je suis désespéré de vous avoir mis en colère... mais daignez considérer... Voyez la demoiselle vous-même... Je ne sais ce qu'elle vous dira... mais observez-la... étudiez-la. Elle ne peut me souffrir... Demandez à Sévin !

SAQUEVILLE.

Morbleu 1 qu'ai-je affaire de Sévin !

LOUIS

11 est de bon conseil, et la marquise, vous le savez, n'a pas de secrets pour lui. Il trouve la petite...

SAQUEVILLE.

Laisse-moi !

LOUIS

Au moins, mon oncle, n'allez pas...

SAQUEVILLE.

Laisse-moi, te dis-je. Je n'écoute rien que ie n'aie vu Julie.

LOUIS

Gardez-vous de leur dire à brûle-pourpoint... Il faudrait que la rupture... puisqu'elle est inévitable, vînt de leur côté...

SAQUEVILLE.

Mais, malheureux ! te tairas-tu ! (n sort.)

LOUIS, seul.

je ne le as si ■• iolent Peut-être ai-je été un

peu trop prompt. Bah ! je n'ai pas peur qu'elle dise du bien de moi.

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