ACTE DEUXIÈME
MAX
Mon affaire...
PERRICHON
Elle te tiendra compagnie, fera ton piquet ou ton bezigue et te soignera quand tu seras malade.
MAX, vivement.
Pourquoi veux- tu que je sois malade?
. PERRICnON.
Je ne le veux pas, mon bon... seulement, nous ne sommes plus jeunes. '
MAX
Parle pour loi.
PERRICnON.
Pour moi, pour toi...
MAX, avec impatience.
Que diantre!... mon cher, il me semble que l'on n’est pas vieux à notre âge. La seconde jeunesse commence à peine.
' PERRICllON.
Ohl oui... je connais... la seconde jeunesse, la troisième... la quatrième et cœiera et cœlera... système Flourens... nous n’avons pas encore besoin de songer à notre salut, je te l’accorde, je l’accorde même que nous sommes très-bien conservés...
MAX, A part.
Nous... c’est flatteur!...
PER n IC BON.
Mais enfin, quand on a notre âge...
MAX
Notre âge... notre âge...
Tu dois avoir...
MAX
Crie-le bien fort, monte sur les toits, apprends-le à tout l’univers, urbi etorbi /... car, vraiment, je ne te comprends pas!... quelle rage as'lu de parler de ton âge à tout propos, et quel plaisir peux-tu trouver à te Taire vieux avant le temps?
PERRICHON
Moi ?
MAX
Sans doute... Vois un peu comme te voilà mis!
PERRICHON
Un habit neuf.
MAX
Il est jolil
PERRICHON
D’excellent drap... tout laine.
MAX
Oui... oui... tout laine... tes cheveux aussi... ils sont tout blancs I
PERRIG IlON.
Ce n’est pas ma faute.
Ce n’est pas ta faute... C’est très-désagréable pour moi, parce qu’enfm tu dis à tout le monde que nous sommes camarades d’enfance, et qui dit camarades dit contemporains.
PERRICHON
C’est la vérité.
* Max, Pcrrichou.