‹ Les deux jockosChapitre 16 sur 18 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

BERNARD, GAUTARD, Mad. GAUTARD.

GAUTARD , arrivant avec sa femme.

Eh, le voilà, ce cher Bernard.

BERNARD

Oui, mon ami , c'est moi. (// va pour V embrasser.)

GAUTARD , lui prenant la main.

Allons donc. . embrasse ma femme.

BERNARD

J'aime mieux ça. {^A madame Gautard, en Pembrassant.) Madame, avec la permission de votre mari.. .

Mad. GAUTARD.

Monsieur, vous n'en avez pas besoin.

GAUTARD.

Ah ça , mon cher Bernard , tu as fait une longue course, j'espère que tu n'as pas déjeûné?

BERNARD, se tdlant le ventre.

Si.. . mais il n'y paraît plus.. . j'ai déjeûné chez le premier restaurateur de l'endroit à seize sous par tête, et je n'ai pas voulu prendre de supplément.

Air : Comme il m'aimait.

Un supplément (^'•^•)

Voilà partout ce qu'on répète.

Un supplément , {bis.)

Yous cri' r garçon d'un restaurant.

Mais autant 1' régime et la diète Qu'un repas a seiz' sous par tête

Sans supplément . ( bis . )

GAUTARD.

même air.

Sans supplément {bis. )

On reçoit bien des croqu' en jambes ,

Sans supplément {bis.)

Que serait maint corset charmant?

Que d'élégaus paraiss'nt ingambes....

Mais je voudrais hien voir leurs jambes

Sans supplément. {bis.)

BERNARD

La plaisanterie e&l bonne.

( 27 ) GAUTARD.

Tandis que ma nièce n'est pas là , pavions an peu de nos affaires.

Mad, GAUTARn.

Donnez-nous l'explication de la lellrc que vous nous avez écrite.

BERNARD

Ma lettre !

Mad. GAUTARD.

Oui , cette fortune que vous devez prendre sous votre bonnet.

BERNARD

C'est vrai , j'ai placé tout mou argent sur ma lêle.

GAUTARD.

Au moment de te marier!., il vailail mieux acheter une petite propriété, que tu aurais eu soin de faire assurer ainsi que toutes tes marchandises.

BERNARD

On assure donc les marchandises ?

GAUJARD.

On t'assurera toi-même, si tu le veux?

Air : Du ménage de garçon.

On n' voit qu' des bureaux d'assurance , ■Pour maisons, meubles, magasins j On assur' même l'existence , C qui n' fait pas rir' les médecins .' On assur' les moissons , les drames , Et dans Paris , en ce moment ; On parle d'assurer les femmes.

Ce qui n'est pas très-rassurant.

Mad. GAUTARD.

Vous apportez donc la dot que vous avez promis à ma nièce ?

BERNARD

Voulez-vous que je vous la montre? Oh! avec moi, c'est donnant donnant... [Il oui>re sa valise.) Ah! mon Dieu!

Mad. GAUTARD et G\UTARD.

Qu'est-ce donc ?

BERNARD, avecfeu.

Au secours! je suis volé! assassiné! mes bonnets! 12,000 francs ! toute ma fortune!... Au voleur! au voleur!

GAUTARD.

Que voulez-vous dire, apprenez que ma lunison est sûre.

Mad. GAUTARD.

Eh! ne voyez- vous pas qu'il est fou, avec ses douze mille fiancs de bonnets! il y aurait de quoi coifTer tout le département.

BERNARD

Non, non , vous avez beau dire, je ne suis point fou ! Je renoncerai volontiers à votre nièce-, mais qu'on me rende mes bonnels de banque et mes billels de coton. Air : C'est charmant.

m. ET r.""^ GAUTARD.

AI) quel Irail !

Est-on fait Pour de lellc. aventures ; Quelle horreur .' {bis.) Oser crier au voleur ?

J'ai des personnes bien sûres , Ah .' vous perdez Ja raison j Cessez, cessez, vos injures, ENSEMBLE. / Ou sortez de ma maison.

BEKNAHD.

Ah ! quel trait !

Je suis fait Pour de telles aventures!

Quel malheur, [bis.) Comment prendre un voleur?

Fif z-vous donc aux figures , J'avons perdu In raison ; Hors, plus de personnes sûres , • Pas une honni' îe maison.

Bernard s'éloigne très-courroucé.

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